‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 53 sur 65 · DISCOURS DIIN A UGII RATION · texte numérisé non relu

DISCOURS DIIN A UGII RATION

Votre gloire est plus belle, et l'antique Neustrie

N'est pas moins chère aux arts que chère à l'industrie.

Là , Corneille naquit, et cet esprit puissant ,

Qui créait à lui seul le théâtre naissant,

A devancé Racine et Quinault et Molière,

Kt son laurier normand couvre la France entière;

Là, naquit Fontenelle, astronome mondain ,

Que les Grâces suivaient un compas à la main ;

Là, ce peintre éloquent. Poussin , dont le génie

D'un Raphaël français étonna l'Ftalie !

Sol fécond , dans tes champs le voyageur séduit Rencontre un souvenir en savourant un fruit : Arques , Falaise même eut ses jours de vaillance , Et Rouen , plus fameux, oii , morte pour la France , Jeanne, qui succombait sous le joug étranger. Léguait aux cœurs Normands son malheur à venger ; Et ce clocher d'Harfleur, debout pour vous apprendre Que l'Anglais l'a bâti , mais ne l'a pu défendre ; Enfin votre cité , cette reine des eaux , Par un commerce actif rivale de Bordeaux,

Dr THi'ATiu: 1)1 HAVin: :i>i

Rivale de 'Touloîi par |)lus (rmie vicloire, Oui s'illustra soi-même et suffit à sa «gloire

Oui , vous (leviez uu temple aux filles flApollou : Klles ont eu des soeurs dans (^e riant vallou. C'est toi que j'en atteste, aimable f^afavette. De Clève et de Nemours muse tendre et diserète, Qui dérobas ta vie à la célébrité En illustrant le nom que Segrais t'a prêté : Toi, doete Scudéri, muse plus téméraire, Lauréat féminin d'un concours littéraire.

Mais le Havre a vu naître un talent créateur, Celui qui transporta sur ce bord enchanteur Les fables et les dieux de l'Arcadie antique. * Tout prend sous ses pinceaux un charme poétique

* Bernardin rio Saiiil-i'ierre.

:\'22 DISCOllKS iriNAlGURA I rOjN

La Seine est une vierge et fuit nn jeune amant ;

A croire les récits de ce conteur charmant ,

La pomme de discorde, offerte à trois rivales ,

Se brisa dans vos champs en deux moitiés égales ,

Et si des noirs pépins le germe trop fécond

A semé les procès qu'on récolte à Domfront ,

La blancheur de la pomme, oii l'incarnat se joue,

Embellit la Canchoise et brille sur sa joue.

Eh ! qni de vous. Messieurs , qnand propice aux vaisseaux ,

T^a Hève, au sein des nuits, allume ses fanaux ,

"Quand la mer vient heurter de ses vagues plaintives

Les rivages de Leure et les pointes de Dives,

Quand le signal d'alarme annonce à vos nochers

Qu'une nef en débris se perd sur les rochers,

Qui de vous, plus sensible aux traits d'un beau génie,

Ne voit siu^ le tillac s'abîmer Virginie?

De cet amour si pur qui n'a plaint les malheurs ?

Gloire au talent divin consacré par vos pleurs !

Honneur à sa patrie ! Hélas ! plus d'un orage

Retraça sous vos yeux cet innnortel naufrage;

Plus d'une fois aussi le Havrais généreux ,

Élancé dans les flots et repoussé par eux ,

Poui* l'humanité seule affronta \i\ tourmente

1)1 TU i: A nu di h \ vin . 323

(^)m(* Piiul ail désespoir hravait poiu wwr aniaiilc ; Il altronta la iiK^i I , (|(iaiHi i Ohiis en passant (Creusait sous ses éclats le ^alet jaillissant , Kt ([iTaiix cris des \ain(jneni's, aux clanieins de la \ ille , Aux bravos ié|)étés des coteaux d'Ingouville, L'ainiial ennemi, foudioyé par nos Ibrts, * Voyait toinl)er ses nuits croulant sur ses sabords. Mais la paix vous désarme et vous rend ropuleuce; RecueilleA ses |)résens, ([ue sa douce influence Rè{^ne aussi sur les mers ({ue vous devez trancliii- ; Que le brick voyageur, armé pour s'enrichir Des parfums du Niger, de T Indus et du Phase, S'élance des chantiers (pfen glissant il embrase ; Que dn fruit cotonneux des chamj)s américains \jd [)Oulie en criant charge vos magasins ; Sortant à grains dorés du boucant qui se vide Que le Moka poin^ vons s'élève en pyramide, Kt que de vos trésors queUpies faibles ruisseaux , nétoiunés de leurs cours, tombent dans nos bureaux. Venez sur notiv scène , à vos frais end)ellie,

Sir Sidnev Siuilli.

:î-2 I I) 1 SCO u K s n I ^ A ii g ii r a r i o n

(]ourtisei' chaque soir MelpoDièiie et Thalie.. . Melponiène ! . . . à ce Jioiii ne vous alarmez pas ; Ija muse de (jrëtrv sui* elle aura le pas. De tragicpies douleurs pourraient mettre à la gêne Les Colins obligés de la troupe indigène ; Nous ferons succéder à leurs tendres accens , Non pas d'un dieu proscrit les bandits innocens, Mais riieuieux Vaudeville, enfant de la satire. Dont le luth Bas-Normand naquit au Val de Vire.

Knfin nous teuterons de plus nobles efforts , Quand Mars et quand Talma, passagers sur uos bords, Offriront aux bravos ce talent admirable Qui n'imita personne et reste inimital)le.

Heureux de uos autels les huml)les desservaus. Si le dieu tro[) couuu ([ui déchaîne les vents ,

1)1 TIII'ATKI 1)1 H w i:i

:ji:

ÎNoMS éjiaij^naiit au port ses sillItMiifiis ministres ,

A nos dépens jamnis ne vous piciid poin* minisfi'rs,

Kt plus heureux Taiiteui- (|ui coinposa (!es vers,

S'il n'a point profané des noms qui \(>ussout clieis,

Kt s'il fait partager à votre aine attendrie

Le plaisir* (pi'il epiouve en ehantant sa patrie.

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