‹ Messéniennes, et Chants populairesChapitre 58 sur 65 · A. >I. A. 1)1. LA.MAKI I.M · texte numérisé non relu

A. >I. A. 1)1. LA.MAKI I.M

Voulait voir cet esprit d'iiiipostiire et de raj^e

Oui , sur les haues dorés d'iui eoneile romain ,

Présida dans Constance, un brandon à la main ,

De Jean Hus, en priant, sif^na Tarrét harhare ,

Au iront d'un Alexandre égara la tiare;

Qui, le doigt sur la houclie, au fond du [.ouvre assis,

Attisait les complots (|ue soufflait Médicis,

Et poussait Charles-Neuf, (|uand ses mains f'rénéti(|ue

Frappaient d'un plomb dévot des sujets héréti([ues;

Qui, se signant le front, l'air contrit, l'œil fervent,

Pour immoler I lenri s'échappait d'un couvent ;

Dont partout aujourd'hui la tortueuse audace

Se mêle en habit court aux nouveaux fils d'Ignace,

Qui prêche sous le frac, rampe sous le surplis.

Cache son embonpoint sous sa robe à longs plis;

Malgré ses trois mentons, vante ses abstinences,

Se glisse incognito de la chaire aux finances,

Késigné, s'il le faut, à sauter du saint lieu

Dans le fauteuil royal où s assit Kichelieu?

Mais non, ce fanatisme est l'abus (|ue |c blàmc.

Toi] KIMTRE

Il n'a pas allumé ces traits de vive flamme Qui , par l'yXigle de Meaux à ta muse inspirés, Brillent comme un reflet de ses foudres sacrés II n'a pas modulé ces sons dont l'harmonie Semble un écho pieux des concerts d'Atlialie. Non , non, ce n'est pas lui que ta lyre a chanté: C'est la religion , sœur de la liberté. Un flambeau dans les mains, les ailes étendues, Des bras du roi des cieux toutes deux descendues, Chez les rois de la terre ont voulu s'exiler Pour affranchir l'esclave ou pour le consoler. Toutes deux ont ensemble erré parmi les tombes; Toutes deux , s'élancant du fond des catacombes, Sous un même drapeau marchaient d'un même pas, Hépandaient la lumière, et ne l'étouffaient pas.

fi'une, le front paré des pahnes du martyre, Présente l'espérance aux humains qu'elle attire; Clémente, elle pardonne avec Guise expirant. Embrase Fénelon d'un amour tolérant , Guide Vincent-de-Paule, ensevelit Voltaire;

A i\i. A i)i: LAMAini.M:. :<ô7

Hrule (Je cliîistes feux ces ailles de la terre

Qui sjuis faste et sans crainte à la mort \()nt s'offrir

Pour sauver un malade ou l'aider à mourir.

I /autre, le casque en tête et le pied sur des chaînes.

Sourit à Miltiade, inspire Déniosthènes,

Joue avec le laurier cueilli par Washington ,

Et l'offre aux dignes lils des Grecs de Marathon ,

Ijihres s'ils sont vain(|ueurs, et libres s'ils périssent.

Qu'un poète secourt, et que des rois trahissent.

Viens, et sans condamner nos cultes différens,

V^iens aux pieds des deux sœurs échanger nos sermens.

hclairés par leurs yeux, réchauffés sous leurs ailes,

Pour les mieux adorer unissons-nous comme elles,

Et dans un même tem|)le, à deux autels voisins,

Offrons nos dons divers sans désunir nos mains.

Que j'aime le tableau de ta barque incertaine Cédant en vers si doux au souffle qui l'entraîne ! Au gré des flots mouvans, par la brise effleurés. Sous nos deux pavillons nous voguons séparés. Mais (|uel (jue soit le bord où tende notre audace.

358 KPMHi: A M. A. Oi: LA M Air 11 M..

Pour nous montrer du doigt l'écueil (|ui nous menace, Nous saluer d'un signe et d'un regard ami , I.aissons tomber la rame élevée à demi. Demandons l'un pour l'autre une mer sans oiage, Un ciel d'azur, un port au terme du voyage, Un veut qui nous y mène, et propice à tous deu\, M'apportant tes souhaits, te reporte mes vœux.

(^ -^ is

Page 1