A M. A DE LAMARTINE
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Captii' sous mes rideaux., dout la double barrière Enfermait avec moi la fièvre meurtrière , J'iiumeetais vainement mes poumons irrités Des siro|)s onctueux: par (Jharlard inveutés; IMon rhume s'obstiîiait , et ma bruyante haleine Par secousse, en sifflant, s'exhalait avec pciuc. Tes vers , (jui m'out sauvé, m'ont appris ini |)eu lard Qu'Apollon , i)onr L;nérii\ >ant son docte bâtard;
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Et je crois, plein du dieu qu'eu te lisant j adore, Que l'oracle du Pinde est celui d'Epidaure.
Oui , tu m'as bien compris; oui , cette liberté Oui séduit ma raison à sa mâle beauté, ( hie ma muse poursuit de son ardent honnnage. Et dont mes fleurs d'un jour ont couronné l'image , Propice à l'innocent, redoutable au pervers, Est celle que Socrate invoque dans tes vers. Messène l'adorait au pied du mont Ithome , Venise n'embrassa que son sanglant fantôme ; Son arc de l'Helvétie a chassé les Germains , Et la flèche de Tell étincelle en ses mains.
Créé pour commander, l'homme naquit sans maître, Et , chef-d'œuvre imparfait du Dieu qui le fit naître, Avec l'instinct du bien vers le mal emporté , Pour choisir la vertu reçut la liberté. La licence est en lui l'abus d'un droit sublime:
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La liherté t^ouverne, et la licence opprime.
Mlle seuK'. à nos \c:\\ , de son Iront sans jjndeur
Sons nn niascjne romain dé^nisa la laidt*:n' .
lit. de la liherté sinnilacre infidèle,
f aii ravit nos respects en se donnant ponr elle.
I /excès de la raison comme un antre est fatal ,
Et l'abus d un i^rand bien le chani^e en un grand mal.
Ponr détrôner l'abus, proscrirons-nous l'usa^je? Mais quel bienfait si i^rand. ou (pielle loi si sai^e,
Hors la tendre amitié, cjnel sentiment si beau, Dont I abus dangereux n'ait pas fait un fléau? Ou soupçon à 1 œil faux la prudence est suivie , Et l'émulation traîne après soi l'envie. Pour la pliiloso[)liie, un jour on ma conté Que soji front se gonfla ffavoir trop médité , Son cer\eau douloureux s ouvrit, et le so[)hisme En sortit tout armé d'un double syllogisme; Entre Euclide et Pascal, de l'excès du savoir Aaît le doute effaré qui regarde sans \ oii* ; La faiblesse pour mère a l'extrême indulgence , Et l'extrême justice est presque la vengeance. En punissant la faute, elle insulte au malheiu^ : La torture, à sa voix , fait mentir la douleur.
:\si Kirri Kl.
Théniis moins rigoureuse est aujourd'hui plus juste; Mais on la trompe encore, et sa balance auguste N'incline pas toujours du côté du bon droit ; Son glaive tombe à faux et frappe en maladroit.
T.a chicane au teint jaune, aux doigts longs et difformes ,
Entoure son palais du dédale des formes ;
Et , dans l'obscurité , les plaideurs aux abois
Sont par leurs défenseurs pillés au fond du bois.
J'ôte à ce parvenu la toge qui le pare ,
Et je découvre un sot caché sous la simarre.
Que faire? de Thémis briser les tribunaux ?
Mettre sa toque en cendre , et sa robe en lambeaux?
Mais je vois un bandit qui ne craint plus l'enquête ,
A ma bourse, en plein jour, adresser sa requête.
Et deux plaideurs manceaux , de colère animés.
En champ clos^ pour leurs droits plaider à pohigs fermés.
Noble chevalerie, autrefois ta ])annière
A M. A. I)i: LAMAKII.NK. ASA
De l'Orient pour nous ia|>[)orta la lumière.
J'aiine nvee l'Arioste à vanter tes exploits
Dont la justiee errante a devaneé les lois;
A voir tes jeux guerriers, ton amoureux servat;r
Adoucir de nos mœurs l'aspérité sauvage.
Mais dans leurs jeux parfois tes preux moins iiHioeer)s
Ont, la lance en arrêt, détroussé les passans,
Ont levé sur l'hymen des dîmes peu morales,
Kt possesseurs armés de leurs jeunes vassales.
Opposant aux maris ini rempart crénelé,
Ont fait plus d'orphelins (ju'ils n'en ont consolé.
Kh bien, de nos romans barniiions-nous tes fées?
frons-nous, de l'histoire arrachant tes trophées,
Des excès féodaux d'un fougueux châtelain
Flétrir Clisson, Koland , Hayard et Duguesclin?
IjC saint amoui* des rois dans sa ferveur anticpic,
Des plus beaux dévoùmens fut la source héroiquc.
Mais cet amour outré mène au mépris des lois,
Foule à pieds joints l'hoinicur, le bon sens et nos droits
Sous le joug du pouvoir se jette avec furie,
:wa i:i>iTin:
Compte un honiine pour tout et pour rien la patrie. J'en conclus qu'en tous lieux, surtout chez les Français 1 /incertaine raison marche entre deux excès, Et court;, dès qu'un faux pas Tëcarte de sa route, Du bonheur qu'on espère au malheur qu'on redoute ; Ainsi cjunn clair ruisseau captif entre ses bords , (^)ui , sans les inonder, leur verse ses trésors. Gonflé par un orage , en un torrent se change, Et roule sur les fleurs, les débris et la fange. Si les lois , si les arts , le bon droit , le bon goût , Si tout admet l'excès, si l'excès flétrit tout , Ami , la liberté n'en est pas plus complice (^)ue toute autre vertu dont l'abus est un vice. A son front virginal ma main n'a pas ôté Le bonnet phrygien qu'il n'a jamais porté. Pourquoi donc, trop séduit d'une fausse apparence, Nommer la liberté quand tu peins la licence?
Eh ! que repondrais-tu, si (|uelque noir censein , Trompé par tes accords et sourd à leur douceur , Dans la vierge inuiiortelle à qui tu rends honnnage