S() AU VAL LOIN
Environnent ton sein d'une double ceinture.
Courbez-vous sur mon front, rameaux hospitaliers ;
Source fraîche, oii ma main recueille une onde pure,
Reviens par cent détours aux bords que tu chéris ;
Poursuis, que ton murmure, en charmant mes oreilles,
Se mêle au bruit léger de cet essaim d'abeilles
Qui vole en bourdonnant sur les buissons fleuris.
Des chênes ébranlés mutilant les racines.
Puissent les noirs torrens, dont le cours inégal
Dans un lit de gravier gronde au pied des collines ,
Ne jamais obscurcir ton paisible cristal !
Puissent le dieu des champs et ses nymphes divines
Ecarter loin de toi le chasseur inhumain ,
Quand , l'oreille aux aguets, sortant du bois voisin ,
La biche au pied léger, ou le cheveuil timide
Vient se désaltérer à ta source limpide !
Ah ! si jamais le ciel , soigneux de mes plaisirs ,
Fixe ma vie errante au milieu de ces plaines ,
Je veux que leur enceinte enferme mes désirs ,
Que mon travail soit libre ainsi que mes loisirs :
J'y veux couler en paix des jours exempts de peines.
Quand l'ardent Sirius blanchit l'azur des cieux ,
Quel bonheur de foider des herbes verdoyantes ;
1) AUGEMOL. :W7
0(i dans les nuits d'hiver, (jnancJ un Ncnt pliiv icMix
Vient hattre à c^onps pressés les vitres frémissantes ,
De rèvej- à ce biuil (|iii nous lérnie les }eii\ !
Si je niems entonré de riantes images ,
Je ne veux poui* tomheau ([ue ces gazons épais.
IjCS passans, fatigués de quelques longs voyages,
Pourront s'y reposer sous des j)eupliers frais ;
Mon ombre écartera de leur couche tranquille
L'insecte malfaisant, le reptile odieux :
Un regret , un soupir, en quittant ces beaux lieux ,
Me paieront au-delà mes soins et mon asile.
Voilà mes seuls désirs : puissent-ils plaire aux dieux !
O vallon fortuné, paisibles promenades,
Tout ce faste imposant que Paris va m'offrir,
Ces palais , ces jardins et leurs tristes Naïades ,
Du besoin de vous voir ne me sauraient guérir ;
Entre vos monts altiers, au bruit de vos cascades,
Que ne m'est-il donné de vivre et de mourir !
LMIÏATIO^
D'UI.'E SCENE Dh: L'HBlCUBE D'EURIMDE
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HJXUBi:, POLYXKNi:, lîLYSSi:. (iAHHK.S.
UI.YSSE.
Forcé df reinplii* un dcNoii' trop sévère,
Je viens porter le deuil dans l'aine d'une mère ; Mais Aeliille commande^ Aeliille est éeouté : A regret j'aeconiplis Tarrct ((u'il a diète.
3U0 IMITATlOiX
HECUBE.
Achille, ce boiirreau de toute ma famille, Vivant, tua mon fils, mort, égorge ma fille !... 0 trop heureux Hector! c'est moi qui te survis Pour mourir chaque jour dans chaciui de jnes fils , Pour rester seule au monde et périr la dernière , Sans trouver un ami qui ferme ma paupière !
(A Ulysse, t|ni fail un pas vers Polyxéne. )
J'ai droit à la pitié : robtiendrai-je de toi ? Cruel , arrête , écoute ! . . . Ulysse , écoutez-moi .
ULYSSE
Je sais quel saint respect tant de malheur réclame ; Parlez.
HECUBE.
Vous souvient-il du jour oii, dans Pergame, Caché sous un faux nom , déguisant vos projets, Vous veniez des Troyens surprendre les secrets?
i)i: LMKcriii I) I I iiii'iD). :rii
llciriic jxMK'tr.'i cet iiiipoiliint niNsfcic : Seule (le son seeret je fus (lépositjiire. Ulysse, ([uei 'i'roNcii ne ^()lls en! cDiKhiiiim- .' A mes pieds, sans espoir, \oiis cticA prosteirié, Kt, gliiee* p;u' In mort l\ \os regards pressente, Vers moi vous étendiez une main suppliante ; N'étais-je pas alors arbitre de vos join\s?
ULYSSE
D'un seul mot votre bouehe en eut tranehé le cours, Vous pouviez me pnnir...
HECUBE.
Je le devais peut-être , Ingrat , et ma pitié ne te fit point eomiaitre. Je t'épargne nn trépas honteux et mérité ; Tu me dois tout, l'honneur, le jour, la liberté, Et tu veux m'aecahler, et, pour reeonnaissanee, Tn prends un soin cruel d'irriter ma sonrt'rance. Sin^ l'esprit des soldats, cpie ton art a séduit , Tj'ouvrage de mes pleurs par toi seul est détruit ;