‹ Messéniennes et poésies diverses: 13:e édChapitre 14 sur 27 · DANAÉ · texte numérisé non relu

DANAÉ

SmOHIDE-

Xj E s ministres fougueux du tyran d'Éolie , Troiiblùent au loin les airsde leurs lopgssifHements; Et des rochers émus jusqu'en leurs fondements Amphilrite insultait la cime ensevelie

Sous ses monts écumants.

Un ton-ent pluvieux s'échappait des nuages.

Et les piles clartés tpne vomissaient leurs flanci

^Coogle

SillonnaieDt les flots turbulents De cet océan sans rivages.

Le front déjà voilé des ombres du trépas.

Seule sur un esquif, Danaè gémissante Lavtût au ciel ses yeux éteints par l'épouvante , Ses yeus.... Son jeune fils reposait dans ses bras. Enfin, avec transport, sur son cœur elle presse Ce fils, l'unique objet de ses mornes douleurs, Puis de ses froides mains doucement le caresse , Et lui dit, le couvrant de baisers et de pleurs :

« Si jeune tu ne peux connaître' n Toute l'hoîTPur de notre sort, « Pauvre enfant, tu souris pqut-étre < Ah flot qui t'apporte h mort.

.Googk-

■ fbébé, que ton célaste frèr«

■ Abaisse ses regards sur moi }

• FiU de Latone , souviens-toi * « Des infortunes de ta mère-

' Hélas 1 rallnmani son Bambeau,

■ Que l'Aurore tarde k pardire;

« Bieti ! quelle nuit et quel berceau

• Pour un enTant qui vient de n^tre! .

• O mon fils! il n'est plus d'espoir!

• Déjà l'abyme nous dévore :

> Sur mon sein je te presse encore,-

• Hais je ne dois plus te revoir. ■

Cependant Jupiter a tressailli de crainte:

Pèle, il s'est élancéy le courroux dans les yeux

ira POESIES

C'est un père , un amant, c'est le maître des dieuA ; Il porte sur son front cette n»j*st<é sainte, Qui consterne ta terre et fait trembler les cietix. La foudre k son aspect se tait éponTanlée; A ses pieds les autans déposent leur fureur; De la voûte du ciel ipi'elle avait insultée,

La mer précipitée Dans ses gouffres sans fond retombe de tarreur. Il parle; Danaë tremble à sa voix chérie.

Se courbe sous sa gloire, et frissonne, et s'écrie:

« Grâce, dieu redouté ne nous consume pas i De l'éclat dévorant dont ta gloire est armée. " Et toi, lève, 6 mon fiis, ta tête inanimée ; ■ C'est ton père, tends-luî les bras!

1 II m'exauce, aucun bruit ne frappe mes oreilles; *

DIVERSES. ii3

« La nuit a rallumé ses astres radieux ; "Tusonris, les beaux yeux sefermeni, tu sommeilles; ' Dors, moa fils, sur la foi des dieux. i>

Elle dit, et l'esquif sous im ciel sans nuage, Poussé par les zépbirs , glisse jusqu'au rivage. Danaë, sur des fleurs, dépose son trésor.

Cet enfant qu'à regret les flots semblent lui rendre , L'écoute respirer, l'entend, l'écoute encor.

Ne peut se lasser de l'entendre , £t le cœur agité d'un doux frémissement.

Sentant son sein pressé par la'bouche vermeille

De l'enfant qui s'éveille Rend un pieux hommage à son céleste amant.

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