A MESSIEURS
L'autre, calme et riant, ressemble à la sagesse. Le sage qui la suit, prompt à se modérer.
Sait boire dans sa coupe et ne pas s'enivrer. Quel que soit de nos jours ou l'éclat ou le nombre, L'enstcnce de l'honune est le rêve d'une ombre ( i ) : VeuX'tu donc l'embellir ce rêve passager?
Pourquoi chercher au loin un bonheur mensonger ? Livre-toi tout entier i la douceur secrète D'ensevelir la vie au fond d'une rctnûte.
Sans fépuiser en soins, sans te perdre en projets, Laisse errer ton esprit sUr la flear des objets; Repoussant loin du mien l'aliment qui l'accable , Je cherche à le nourrir d'une sdence aimable. J'exerce ma raison avec timidité;
(l) Sxtit ïiap MflùlSK, (PlBDAÏl.)
DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE. 179 J'adore sans orçueil la sainte yérilé, Vii^Ie ou Cicéron m'enflamme à son génie; Ils me font tour-à-tour fidèle compajjnîe.
Que j'aime Cicéron lassé du consulat.
Préférant Tusculum aux pompes du sénat ; Entouré de faisceaux, je l'admirais dans Borne; Là, je voisllionune heureux qui vautbien te grandhomme.
Le sort m'a-t-il repris ses présents incertains. L'étude moins trompeuse adoucit mes chagrins; De mes sens agités calme l'inquiétude.
Dissipe mes ennuis, peuple ma solitude.
O Champs de la Neustrie , 6 (iertiies valions I Quand lafn^cheur du soirdesceaddu haut desmonts, Sous des pommiers en fleurs, à l'ombre des vieux chênes ,
i8a A HESSIECaS
LaisMz-moi m'^rer aux bords de vos Tontainf^.
. L'asp«ct de l'univers m'élève i son auirar; It me révèle un Dieu, maïs im Dieu bienfaiteur, l'apprends à mépriser cette horreur fantastique Qu'au chevet des mourants plaça la politique. Doit-on dans ses décrets prévenir l'Étemel P Morte) , songe à toi-même eo jugeant un mortel ; Et, faible comme lui, ne sois pas plus sévère. Que ce Dieu qni pardonne ou qui punit en père. Avons-nous à [^rer la perte d'un ami?
Notre esprit est plus fort par l'étude afTermi. Que c'est bien à mon sens la volupté suprême D'oublier les humains, de descendre en soi-même De fixer dans son cœur, trop long-t«nps cotnbatl». L'inaltérable paix que donne la vertu.
' Fais-toi'donc de te vaincre une douce habitude; Oui , consacre ta force à cette noble étude;
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BE L'ACADEBUE française. iSi
Elle est digae de rhMmne, elte mâse au bonheur : Apprends, pear être heurenx, à derebir meilleur.
Mais je vous vois sourire, auguste Aréopage; " Docteur , me dites-vous, c'est raisonner en sage : • Four vous l'étude obscure a seule des douceurs; ' Vous rimes cependant en blâmant les Neui^œars.41 J'entends, brâlet mes vers. Dans l'ardeurd'unl^eauzèle, Je condamnais [a gloire et l'étude avec elle. Ingrat, je blasphémais; leurs rêves séduisants D'un orgueilleux espoir caressaient mes vTeux ans, He promettaient déjà cette palme éclatante.
Digne prix qu'Apollon par vos mains nous préseule; Dans mon cceur épuisé réveillaient des désirs. Et réfutaient mes vers en charmant mes loisirs ; J'étais heureux enfin. Dans cette triste vie,
i8i A MESSIEURS DE L'ACADÉMIE.
* Où de revers si prompts la viciofre est suivie ; Où nos plus doux plaiûr^ denennent nos bourreaux, L'étnde, après l'amour, est le meilleur des maux.