A MESSIEURS
Galilfe indigné change l'ordre àe\ cieux.
Sans pitié loin dn centre il rejette la terre , Du soleil par sa Tnarcfae il la rend tributaire... Wa-t-il pas expié par trois ans de prison L'inexcusable tort d'avoir trop tôt raison.
Répondez: queservit aux maître^ de litière De suivre les écarts d'un immortel délire ?
Faut41 d'un seul exemple attrister vos regards ? Le »ède de Louis, le siècle des beaux-arts.
N'accorda qu'à regret, vaincu par la prière.
Du pain au grand Comnlle, une tombe à Molière. Nourrissez donc le feu de vos nobles désirs; Immolez à l'étude, état, repos, plaisirs.
Veillez, jeunes auteurs, pour qu'un jour d'ii^ustice De dix ans de travail renverse l'édifice.
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DE L'ACiDEMIE FRANÇAISE. 178 Je veux qu'un beau succès couranne votre o^guinl; Un peuple d'ermemis vohs suit jitsqn'an certueil. Tqste sort des Ulenlst La noire calomtûe Flétrit ée sa> pDÎ!90iM le laurier du génie; Mille iftseetés ittapùt^ ta tongent les raméaiâx, Et, comme *e cyprès, c'est l'attire des tobdiëaux.
Vous qu' Apollon dioisii pour siégea dans son temple, Oser^-je en passant Votas citer votre ekteltijiteî Que de fsfis la criti^ a de son traît cruel ElBenré jusqu'au vif votre cœur paternel !
Que de fàb llndigence an fond de votre asyle, Sam fen, durant l^ver, fixa son domirile.
Quand TOnsn'osiezeiicpre,blimbtes dans votre orgueil, Aspirer aux: lionlieurs de Hmmôrtd fauteuil.
Mais sortes, direz-vous, du temple de
l^6 A MESSIEURS
Cessez d'unir l'étude à l'amour de la gloire....
Vous m'avez prévenu; c'est dans l'obscurité
Que l'étude est un pas vers la. félicité.
La vérité m'attire , et, soigneux de me taire ,
Je la cherche, la trouve, et la.cacbeiau vulgaire...
La cacherl à ce mot vous répondez soudain,
Comme l'eAt fait Caton dans le sénat romain.
»La cacherl il le faut, si sa clarté peut nuire;
" Mais au pied .du bâcher dût-elle te conduire,
« Si tu conçois l'espoir d'éHe utile aux humains,
" Parle, anxfersdes tyrans cottrs présenter tes mains..
n Parle, c'est ton devoir; philosophe à quel dire
• Du bonheur des morteb le rendrais-tu l'arbitre ?
• Tu pAlis.... de quel droit priver des nialfaeureux. ■ De ce dépdt sacré qui t'est commis pour eux 2
. > La gloire n'est, dis-tu, qu'une illustre fumée? " Il s'agit d'une dette, et non de renommée.
DE L'ACADÉHIË FRANÇAISE. 1:7 • Parle au prix de tes jours; le sacriGc« est grand, < Mab tu te l'imposais toi-même en t'écUirant. ■ Ton liomieur, ton pays, le monde le l'éclame, 1 Heurt donc infortuné pour ne pas vivre infime. >•
L'atieraative est grave, et, parmi vous, je crois Qu'tm eût vu Fontenelle hésiter sur le choix. Un auteur fut souvent brâlè pour un bon livre; Il est beau d'être. lu, mais il est doux de vivre. Je suis sexagénaire et crains de m'exposer; Que j'arrive à cent ans, et je veux tout oser. Voilà mon sentiment, Messieurs, ne vous déplaise. Je le redis encor, retranché dans ma thèse :
Comme ce roi Janus qu'adora Ttuivers, L'étude offre à mes yeux deux visages divers. L'un est bouffi d'orgueil , mais pâle da tristesse-,