VÉRONIQUE, LA FOULE
VÉRONIQUE
Dieu a fait justice ! (Elle montre au fond la cascade, qui s’est brusquement tarie. La machine ne fonctionne plus, et la foule s’arrête.)
HÉLÈNE, dans les bras de Gaspard,
Père, j’ai peur!
GASPARD
Ah ! chère enfant, la roche s’est écroulée, et l’usine est morte!
J’ai vengé le crime, cet homme est pauvre comme nous !
GUILLAUME, à part.
Hélène pauvre, ô Dieu de bonté!
MATHIAS, irrité.
Faire des pauvres, belle besogne!
VÉRONIQUE, debout, grandie, au milieu de la foule.
Tais-toi, homme de haine, de massacre et de pii-
lage! Et vous tous, pauvres gens, mes frères, écoutez!
Dans la tempête, au milieu des gouffres, je l’ai trouvée enfin, la cathédrale d’or, où jamais vivant n’était entré.
Oh! quelle splendeur inouïe! L’Enfant divin, sur les genoux de sa Mère, laissait tomber dp ses petites mains un fleuve d’or, aux flots d’or continus et sans bornes.
Et, brusquement, quand on m’a vue, tout s’est abîmé, dans un coup de tonnerre- La nuit soudaine, la nuit noire et glacée! J’étais là, sous la neige, et il n’y avait plus d’or I
(Rideau.)