ACTE I. SCENE I
PAYNEL.
Hélas I non.
Car s*il cherche à gagner un nouveau compagnon, Il ne peut oublier que dans son entourage, Un fils de bonne race, un preux de grand courage, Qu'il a formé lui-même et lui-même dressé, Olivier de Mauny, vous aime.
JULIENNE
Je le sai.
Mais en dépit de tout, en dépit do moi-même, Olivier do Mauny n*est pas celui que j'aime.
PATNEL.
C'est le seigneur Raoul de Gaours?
JULIENNE
Que veux -tu.»* Mon cœur et ma maison ont longtemps combattu.
Et la raison n'a pas remporté la victoire.
Ahl si vous m'en croyez...
33 MESStRE DU GUESGLIN.
JULIEIVNE.
Je no veux pas t'en croire.
PAYNEL.
Comment finira-l-il ce rêve décevant?
JULIENNE
Je fais comme l'oiseau des mers qui suit le vent. Je plane en attendant la tempête prochaine.
PAYNEL.
Pourquoi n'en pas parler à madame Tiphaine.** Femme de votre frère, elle est presque une sœur.
JULIENNE
Tiphainc est une sainte et les saints me font peur. La loi du sacrifice est trop lourde à mon âme ; C'est ma part de bonheur qu'ici-bas je réclame ; Dieu me la donnera, Dieu me la doit; et toi, Le secret que tu m'as surpris, garde-le-moi.
(Julienne sort par l'escalier de pierre donnant sur les jardins.)