‹ Messire du Guesclin;Chapitre 19 sur 102 · ACTE I. — SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCÈNE IV

JACQUES BUREAU

Seigneurs Bretons, je suis un envoyé de France. Triste envoyé sans doute et mal fait pour l'emploi ^ Mais le désordre est tel, et tel le désarroi, Que mon gentil seigneur le Dauphin, que Dieu garde. Ne songe plus au rang, c*est au cœur qu'il regarde. Non plus que lui, seigneur, ne soyez exigeant : Je suis Jacques Bureau, l'argentier du roi Jean. Certes, je l'avoûrai, l'envoi d'un homme d'armes Vous faisait plus d'honneur mais causait plus d'alarmes, Car ][*our tromper les yeux de ces routiers d'enfer, Robe de drap vaut mieux que justaucorps de fer. Veuillez donc par mon zèle excuser mon audace ; Oubliez qui je suis ; voyez qui je remplace ; Et, si vous en doutez, voici qui vous convainc : Mes lettres de créance et le sceau du Dauphin.

è\J GUESCLIN.

Est bienvenu qui vient au nom du Dauphin Gharlc, Et pour la France aussi bien écouté qui parle. Enfin quand hardiment il brave le danger.

Homme d'armes ou non, salut au messager.

3^ MESSIAE DU GUESCLIK.

JACQUES BUREAU

Messire, et vous, seigneurs. Dieu nous donne assistance!

Au nom de Charles, fils aîné du roi de France,

Son lieutenant, Régent du royaume, je viens

Vous expliquer ici les vœux qui sont les siens :

Il espère, il désire, il demande, il implore

Votre secours, héros que la Bretagne honore.

Et dont le fier renom est venu jusqu'à nous

Par quiconqiie a marché sous vous ou contre vous.

Nous avons grand besoin, dans Tangoîsse où nous sommes.

D'un homme qui s'entende h commander les hommes.

La guerre nous enlace et le malheur nous suit ;

Mais, prête à dissiper les ombres de la nuit,

La gloire surgira si Du Guesclin se lève.

Alors Edouard Trois aurait rompu la trôve.»^

JACQUES BUREAU

Edouard Trois se tient au texte du traité.

Et plût à Dieu qu'il l'eût hautement rejeté.

Que, drapeaux déployés, il nous fit guerre ouverte l La Nation saurait qui conjure sa perte ;

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