SCÈNE IV
Votre coeur, voire bras, il nous faut tout cola. La France est en danger de périr, sauvez-la I
Seigneur — et je vous parle ici sans complaisance — J'ai dans le cœur, après la Bretagne, la France, Après mon duc, le roi; j'ai donc compassion Des malheurs du pays et de la nation.
Mais afin que chacun librement se prononce.
Je laisse leurs avis précéder ma réponse ; Certain d'être obéi, content d'être éclairé, Je consulte d'abord, après j'ordonnerai.
J.iCQUES BUREAU.
Mais leurs avis seront gcnés par ma présence.
DE CAOURS
En quoi donc? Nous traitons de puissance à puissance. C'est du seul Du GuescUn que tout dépend ici.
C'est à Du Gucsclin seul d'interroger aussi, Parle, toi, Jean Goyon.
38 MESSIHE DU GUESCLIN.
JEAN G0Y0 5
Parler? et pour quoi dire?
Tout ce que vous voudrez, je le voudrai, messire. Acceptez, refusez, marchez, no marchez pas, Vous êtes notre tête et nous sommes vos bras.
De rudes bras cncor, je leur rends cet hommage ; Je ne sais que ton cœur qui vaille davantage.
JEAN GOYON
Les soldats bien menés font les chefs bien suivis.
DU GUESCHN.
Et vous, seigneur Raoul de Gaours, votre avis?
DE CAOURS
Moi, pourvu qu'on se batte et qu'on fasse la guerre.
Pour qui? pourquoi? comment? Il ne m'importe guère!
La paix rouille ma lance et mon âme. En avant!
Mais croire aux yeux d'autrui, c'est se tromper souvent.
Ce seigneur nous a fait un tableau pathétique
De deux partis ayant chacun sa politique;
Plaignant Tun, blâmant l'autre et l'accusant encor.