ACTE II. SCÈNE I
Est un masque sauveur où s*abrite son àme.
Tel il est au milieu de nous ses serviteurs,
Tel je l'ai vu parmi ses pires insulteurs,
Immobile au milieu de l'émeute hurlante,
Pâle, mais essuyant d'une main calme et lente,
Sur son front de vingt ans que la mort menaçait,
Le sang de ses amis dont on l'éclaboussait.
Non qu'il fût sans pitié ni qu'il soit sans rancune ;
Mais il sait guetter l'heure et lasser la fortune,
Sa volonté chemine où tout autre eût bondi,
Et ce cœur renfermé n'en est pas moins hardi.
Car le motif secret de sa persévérance
C'est qu'il se sent utile au salut de la France,
Qu'il la veut grande, unie et forte. Ah! croyez-moi!
Soyez vraiment son homme, il est vraiment un roi.
Soit ! mais trois mois de siège et pas une bataille ! Un tel atermoiment ne me dit rien qui vaille. Que veut-il.^ Qu 'attend-il pour reprendre Paris. ^
JACQUES BUREAU
Qu'il puisse le garder après l'avoir repris..
C'est-à-dire?
JACQUES BUREAU
Eh ! mon Dieu I c'est-à-dire, je pense, Qu'il attend que Paris ait effrayé la France, Et qu'Etienne Marcel n'ait plus autour de lui Que les archers anglais dont il fait son appui.
Bien ! mais cet appui-là se chiffre par dix mille, Hier encor Robert KnoUs est entré dans la ville Avec un contingent de deux cents soudoyers.
JACQUES BUREAU
C'est à la fois tant pis et tant mieux.
Vous croyez.**
JACQUES BUREAU
Tant pis pour le combat et tant mieux pour la cause.
Paris n'est pas aussi séduit qu'on le suppose,
Et l'instinct populaire a déjà tressailli
Sous ce flot d'étrangers dont le Louvre est rempli.