‹ Messire du Guesclin;Chapitre 5 sur 102 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Je dois aller vers elle, avant qu'elle aille à lui. Et puisque leur poursuite en rompant nos mesures N'ouvre plus sous mes pas de routes qui soient sûres, Que mon guide à présent soit le premier venu I Je frappe à tout hasard au seuil do l'Inconnu.

JACQUES BUREAU

Mais si c'est un ami du Prévôt.^

LE DAUPHIN

Ce peut être...

COMTE d'aUXERRE.

Ou du roi de Navarre.^

LE DAUPHIN

Il est possible.

Ohl maître, Vous allez vous livrer.

LE DAUPHIN

Aussi cola se peut :

Mon devoir vaut ma vie. A la grâce de Dieu I

(Il heurte â la porte de la cabane du passeur.)

Ouvrez, c'est le Régent de France.

u MESSIRK DU GUESCLIN.

LE PASSEUR, de l'intérieur.

Quelle histoire I Le Régent ne sort pas du Louvre à la nuit noire ; A peine s'il en sort en plein jour.

LE DAUPHIN

Tu dis vrai.

Il ne rentre, ne sort ni n*agit à son gré, Et dans sa propre ville et sur sa propre terre Plus prisonnier que le roi Jean en Angleterre, Le Régent à qui tout devrait être soumis Vient, le front tiède encor du sang de ses amis, Le cœur encor glacé d*angoisse et d'épouvante. Heurter ton humble toit de sa main suppliante.

(La porte de la cabane s'ouvre brusquement et le passeur parait sur le seuil, une lanterne â la main.)

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