PROLOGUE
COMTE d'aUXERKE.
Tais -toi.
JACQUES BUREAU
Cette barque est à vous, compagnon ?
LE PASSEUR, absorbé.
Oui. Pourquoi?
LE DAUPHIN
A S- tu quelque pitié du royaume de France .!>
LE PASSEUR, les yeux toujours fixés sur le Dauphin.
Aussi grande pitié que grande est sa souffrance.
LE DAUPHIN
Prends tes rames alors, sauveur inespéré I Tout ce que tu voudras je te Taccorderaî, Si tu peux... si tu veux, car tu le peux sans peine, Nous débarquer tous trois cotte nuit à Vincenne.
LE PASSEUR
Monseigneur, mes deux fils combattaient à Poitiers. A rbeure même où vous, le Dauphin, vous... partiez.
Tous deux faisaient au roi rempart de leur bravoure : Tous deux sont morts. Cherchez ailleurs qui vous secoure.
(Gomme il se dispose à rentrer le comte d'Aoxerre l'arrête par le bras.) COMTE d'aUXERRE..
Monseigneur est parti sur l'ordre du roi Jean Qui sauvait le Dauphin pour sauver le Régent.
LE PASSEUR
Allons donc ! il a fui comme un lâche.
COMTE d'aUXERRE.
Blasphème !
Cet ordre de départ, je l'ai porté moi-même.
JACQUES BUREAU
Qu'oses- tu dire là?
LE DAUPHIN
Ce que dit tout Paris.
C'est ainsi que Marcel égare les esprits, Qu'il tisse peu à peu la trame qui m'enserre.