DU GUESCLIN, L'HOMME
DU GUESCLIN, lui faisant signe de parler.
J*écoule.
l'homme. ' Juste cicll Comment dire et par où commencer .»* Le mieux... oh! oui, le mieux est de tout retracer Qès le début. C'est du début que vient la suite. Et puisque je vous rends juge de ma conduite. Laissez- moi, par pitié, l'expliquer jusqu'au bout. Et pour mieux tout juger, seigneur, écoutez tout.
D'où viens-tu?
l'homme.
De Paris.
Eh bien! quelles nouvelles?
l'homme.
Telles que Du Guesclin peut les rêver; oui, telles.
90 MESSIRE DU GUESOLIN.
DU OUEBCLIir.
Expliqiic-toi.
l'homme.
Oh ! non ! non ! no me pressez pas.
Un calvaire pareil se gravit pas à pas.
Et quand je vous aurai tout dit, tout fait connaître» Vous me remorcirez et m'absoudrez peut-être.
Vous savez... mais, hélas I le monde entier le sait! La honte est lente à fuir dans la nuit du passé ; Des milliers de soleils éclaireront l'espace Sans que des yeux humains la vision s'cflace, Faite do déshonneurs, de deuils et de pitiés : L'horrible écrasement de la France à Poitiers I Moi, j'étais à Paris quand parvint la nouvelle. Quelle journée, hélas! longue, folle, cruelle! Où les récits toujours succédant aux récits, Tout était affirmé sans que rien fût précis.
On flottait tour à tour do la honte à la gloire ; Tantôt c'est la défaite et tantôt la victoire ; Enfin le fait éclate impossible à nier :
Dix mille Français morts, le roi Jean prisonnier. Et déjà pour rançon, voulue ou volontaire.