‹ Messire du Guesclin;Chapitre 52 sur 102 · DU GUESCLIN, L'HOMME · texte numérisé non relu

DU GUESCLIN, L'HOMME

DU GUESCLIN, lui faisant signe de parler.

J*écoule.

l'homme. ' Juste cicll Comment dire et par où commencer .»* Le mieux... oh! oui, le mieux est de tout retracer Qès le début. C'est du début que vient la suite. Et puisque je vous rends juge de ma conduite. Laissez- moi, par pitié, l'expliquer jusqu'au bout. Et pour mieux tout juger, seigneur, écoutez tout.

D'où viens-tu?

l'homme.

De Paris.

Eh bien! quelles nouvelles?

l'homme.

Telles que Du Guesclin peut les rêver; oui, telles.

90 MESSIRE DU GUESOLIN.

DU OUEBCLIir.

Expliqiic-toi.

l'homme.

Oh ! non ! non ! no me pressez pas.

Un calvaire pareil se gravit pas à pas.

Et quand je vous aurai tout dit, tout fait connaître» Vous me remorcirez et m'absoudrez peut-être.

Vous savez... mais, hélas I le monde entier le sait! La honte est lente à fuir dans la nuit du passé ; Des milliers de soleils éclaireront l'espace Sans que des yeux humains la vision s'cflace, Faite do déshonneurs, de deuils et de pitiés : L'horrible écrasement de la France à Poitiers I Moi, j'étais à Paris quand parvint la nouvelle. Quelle journée, hélas! longue, folle, cruelle! Où les récits toujours succédant aux récits, Tout était affirmé sans que rien fût précis.

On flottait tour à tour do la honte à la gloire ; Tantôt c'est la défaite et tantôt la victoire ; Enfin le fait éclate impossible à nier :

Dix mille Français morts, le roi Jean prisonnier. Et déjà pour rançon, voulue ou volontaire.

Page 1