ACTE II. SCÈNE VII
Tombait sur moi, creusant son sillon dans- mon âme,
Et quand il eut fini, tout à lui, hors do moi.
C'en était fait, j'avais un chef au lieu d*un roi.
Je vous dis tout cela, seigneur, parce qu^cn somme,
C'est la confession d'un peuple par un homme.
Et vous comprendrez mieux bientôt comment Paris,
S'égarant avec moi, comme moi s'est repris.
Achève! quoi, Paris!*...
l'homme.
Bientôt, plus tard, messire; Je vous l'ai déjà dit, je veux, je dois tout dire. Je vis depuis six mois dans un cercle de feu. Et mon âme a besoin d'épancher son aveu.
Mab enfin, qu'êtes- vous."* et. que venez-vous faire.»*
l'homme.
Je suis un des meneurs du parti populaire.
Et non pas de ceux-là qui, douteux et tremblants. Sur des chemins tracés n'avancent qu'à pas lents;
100 MESSIRE DU GUESGLIN.
Ni de ceux-ci qui n'ont ni passion ni haine,
Qu'apporte uncoupde vent, qu*un coup de vent remmène
Soulevés aujourd'hui, rassérénés demain,
Flot mobile et changeant de l'océan humain ;
Encor moins de ces chiens comme on en voit par meute,
Léchcurs de sang versé, rabatteurs de l'émeuto.
Qui mêlant leurs projets hideux aux grands desseins.
Mettent un masque fîer à leurs fronts d'assassins.
DU GUESGLIN.
Mais vous, l'homme au front pur, à l'àme noble et belle. Vous n'en marchiez pas moins avec eux, pêle-mêle? Vous les suiviez, ces chiens, jusque dans leurs excès.**
l'homme.
Moi les suivre, seigneur, hélas ! je les poussais. C'est la fatalité d'une telle entreprise.
Mais, si par tous pays, mêlés à toute crise, La plèbe a ses bandits, le peuple a ses héros, Martyrs obscurs qui vont au-devant des bourreaux Et qui donnent leur sang, leur vie, et leur fortune Pour le triomphe seul de la cause commune.
DU GUESGLIN.
Mais quel était leur but, à tes héros fameux?