‹ Messire du Guesclin;Chapitre 57 sur 102 · ACTE II. — SCÈNE VII. lo · texte numérisé non relu

ACTE II. — SCÈNE VII. lo

Tout d*abord et longtemps, ma pensée hésitante

Ne voulait pas comprendre et n'osait pas juger.

Enfin je m'enhardis jusqu'à l'interroger.

<( Pourquoi ces gens? Pourquoi, mêlés à nos milices,

« Des Anglais pour soldats? des Anglais pour complices?

« N'appréhendait- il pas qu'un des leurs quelque jour

« N'ouvrît à l'étranger les portes d'un faubourg?

« Quel malheur ce serait et quelle fin de rcvc ! . . . »

Alors, lui, de sa "voix impérieuse et brève,

Fixant sur moi ses yeux qui me glaçaient d'effroi :

« Tout, me dit- il, plutôt que le retour du Roi. »

« — Quoi!... même abandonner la France à l'Angleterre?

« Car qui livre Paris livre la France entière,

« Ce serait lui porter au cœur un dernier coup ! »

Pour la seconde fois il me répondit : « Tout. »

Alors, moi, dont Marcel avait été l'idole;

Moi qui n'avais marché qu'au bruit de sa parole.

Qui ne soupçonnais pas même qu'il put trahir.

Je sentis une haine horrible m'cnvahir.

Je compris que cet homme allait perdre la France,

Que le pouvoir était son unique espérance.

Qu'il était sans honneur, qu'il serait sans pitié...

loC MRSSinE DU GUESCLIN.

Qu'avez- VOUS fait alors?

l'homme.

Alors! jo l'ai tué.

Page 1