‹ Messire du Guesclin;Chapitre 62 sur 102 · ACTE III. SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III. SCÈNE II

J'ai cru l'instant venu d'omouvoir Du Guesclin,

De lui dire quelle espérance était la mienne,

Depuis quand et combien j'adorais* Julienne,

Pensant que, sa détresse abattant sa fierté.

Il allait consentir au bonheur souhaité.

Mais lui... Ho! qu*a-t-il dit et que m'a-t-il fait faire.*

Pour la première fois cédant à ma colère,

J'ai, sans rien calculer, riposté coup pour coup.

Ma lettre à John Jool est un acte de fou !

D'autant qu'une heure après cette faute inutile.

De pesants chariots arrivaient à la file.

C'est ce qui le rendait si fier, le dogue noir ;

Il savait les convois en route, et que le soir

Julienne arrivait soumise à sa tutelle.

Par bonheur le hasard m'a placé devant elle,

Mon regard par bonheur a pénétré le sien.

Et j'ai lu dans son cœur que ce cœur m'appartient I

Le tout est d'obtenir promptement d'elle-même

Un acte décisif, d'imprudence suprême.

Qui m'impose à celui qui m'osa repousser.

Alors que qui voudra vienne me dénoncer;

Me blÂme qui voudra de ce que j'ai pu faire,

Mcssire Du Gucsclin défendra son bcau-frcro ! Seulement vicndra-t-elle?... Elle vient... Je la voi !

(Appelant à demi- voix.)

Julienne.

JULIENNE, qui est sortie du cou vont accompagnée d*unc suivante

C'est vous, seigneur Raoul?

DE CAOUnS.

Oui, moi.

Moi qui m'accuse encor de trop do hardiesse.

Mais mon appel était un appel de détresse.

Gomme c'est bien à vous de l'avoir écouté !

JULIENNE

C'est encor mieux à vous do mo l'avoir jeté.

Arrivée hier soir, trop tard pour vous rien dire, Quand je cherchais comment je pourrais vous inslruiro De mes luttes, de mes soucis, de mes douleurs, Trouvant votre message au milieu de vos fleurs Mon cœur s'est dilaté comme un oiseau s'éploie... Ma sœur de lait est là qui vous dira ma joie.

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