ACTE III. SCÈNE II
Dites-la-moi vous-même, et laissez-moi la voir, Sur votre cher visage illumine d'espoir.
Cependant Theure est triste et la chance cruelle.
JULIEN^IE
Qui sait?
* DE CAOURS
Moi, je le sais. A la seule nouvelle Que, Paynel escortant un convoi jusqu'ici, Dame Tiphaine et vous l'accompagniez aussi.
J'ai compris sur-le-champ le but de ce voyage : C'est Mauny dont on veut hâter le mariage.
JULIENNE
Écoutez-moi, Raoul. Je n'ai jamais menti.
Lorsque ma sœur Tiphaine eut pris' le grand parti D'amener dans ce camp les subsides de guerre. J'ai bien reçu, c'est vrai, deux lettres de mon frère, M 'enjoignant, toutes deux, de venir sans surseoir; Mais il ne m'a parlé do Mauny qu'hier soir.
119 MESSIRE DU GUESGLIN.
DE CAOURS
Qu*avcz-vous dit?
JULIENNE
J*ai dit... tout co qu'il fallait dire.
DE GAOuns.
Mais votre frère, lui.»^
JULIENNE
Tout prêt à me maudire.
Il in*a, grâce à Tiphaine, accorde du répit; Mais ce soir, oui, co soir! il veut que tout soit dit. Ah! vous! si d'ici là, comme tout le présage. On se bat, redoublez d'audace et de courage.
Dessillez-lui les yeux, étonnez-le d'exploits!
DE CAOURS
Il sait bien que je vaux son de Mauny cent fois. Mais il ne voit que lui ! Car, hélas ! hier même Je suis venu lui révéler mon vœu suprême.
Lui rappeler comment j'ai servi ses drapeaux. Et pour toute réponse il m'a jeté ces mots,