PROLOGUE
L'homme qui parle là parle en homme sincère ; Il n*est pas pour Marcel.
LE PASSEUR
Certes non!
Je le croi; Mais il n'est déjà plus pour nous, ni pour le roi.
LE PASSEUR
Je suis pour mon pays et contre tous les traîtres.
LE DAUPHIN
Ah ! fièvre du soupçon comme tu les pénètres ! ' Comme ils ont bientôt fait d'absorber ton poison, Et comme, avec leur cœur, tu troubles leur raison !
(Au passeur.)
Quel intérêt aurais-je à trahir, folle tête.^
Est-ce que le pilote appelle la tempête.^
Est-ce que les bergers vont attirer les loups?...
Ahl quand ils sont vaincus, que les peuples sont fous!
lo MESSinE DU GUESCLIN.
LE PASSEUR
Chassez l'Anglais alors et délivrez la France !
LE DAUPHIN
Alors, que cette barque aide à ma délivrance. Arrache à son tombeau la royauté qui meurt.
COMTE D*AUXERRE
Si tu veux nous sauver, à tes rames, rameur.
(Les rumeurs augmentent et se rapprochent peu à peu.) LE DAUPHIN.
Réfléchis, insensé, qui me traites de lâche ! Ne viens-je pas braver, pour accomplir ma tâche. Pour aller jusqu'au bout de mes devoirs sacrés. Ton refus qui me livre h la mort?
LE PASSEUR
Vous vivrez!
{M va chercher ses rames, les jette dans la barque, la détache et fait signe aux hommes de monter.)
Et si VOUS rassemblez une armée h Vincennc, J'en suis; mais il vous faut un bien bon capitaine.