ACTE III. SCÈNE VII
JEAN GOTON
Hier donc. Du Gucsclin aura fait son refus.
Tu no peux pas avoir de doute là-dessus.
Comment I dame Tiphaine a la bonne pensée Do t'amqner ici ta jeuile fiancée...
DB MAUNT.
Ma fiancée ! Hélas I Le voilà justement
Lo doutQ affreux qui fait mon plus affreux tourment.!
JEAN GOTON
Moi, je ne comprends pas ta folle inquiétude.
DE MAUNY. -
N'importer J'ai besoin de plus de certitude.
(A Orris.)
Orris, yn prévenir Paynel que je l'attend.
(Sort Orris.) JEAN GOTON.
Tu veux l'interroger ?...
DE MAUNT.
Hélas I je souffre tant I
l3o MESSIRE DU GUESGLIN.
De tant d'amors chagrins mon âme est abreuvée I As-tu vu ses regards hier a l'arrivée.
Que vers Gaours ses yeux se sont tournés d*abord. Et lui I qu'il eut de peine à cacher son transport.
JEAN GOTON
Folie I Ils ne se sont pas dit une parole.
DE MAUIfT.
Ah I lorsque vers un cœur un autre cœur s'envole. Lorsque deux volontés se cherchent à la fois. Est-ce que la pensée a besoin do la voix?
JEAN 60T0N
C'est possible, en effet. D'ailleurs, te l'avoArai-je?
Go que j'ai regarde le plus dans le cortège.
Ce n'était pas du tout Julienne et Gaours,
Mais ces fourgons bien pleins et ces coffres bien lourds
Dans un camp d'affamés ramenant l'abondance ;
C'était aussi Tiphaine et sa mâle assurance,
Et le bon écuyer Paynel tout triomphant,
Et le grand Du Guesclin ému comme un enfant.
Voilà, moi, ce qu'hier j'ai vu dans le cortège.