SCÈNE XI
Lms Mêmes, TIPHAINE, JULIENNE
I^U GUE9CLIN
Quo viens-tu faire ici? Qu^ello rentre, Tiphaine.
TIPHAINE
Obéis, mon enfant.
JULIENNE
Tout k l'heure. Je veux) Puisqu'ils sont tous deux là, leur parler h tous dcux^
TIPHAINE
Prends garde, Julienne.
iUtlË^ïNE.
A quoi prendrai-jc garde?
Esclave que je suis, qu'est-ce que je hasarde j
l48 MESS IRE DU GUESGLIN.
Sinon qu'à tenir tèlc à mon mattro irrite. Sa malédiction ne soit ma liberté?
DU GL'ESCLIN.
Tu ne te doutes pas jusqu'où va ton délire.
julie:«!<e.
Vous m'avez dit hier tout ce qu'on peut mo dire Pour rabaisser cet homme et changer mon aveu. Eh bien! moi, devant vous, devant lui, devant Dieu, Je l'aime, entendez-vous, oui, je l'aime, mon frère I Et maintenant voyez ce qui vous reste à faire.
T1PHA.INE.
Pardon pour elle, ami.
DU GUESCLI3Ï.
Qu'en dites- vous, GaoursP Qu'ai-jc k faire en cITot après un tel discours.^
DE CAO uns.
Par pitié?
JULIE:(XEt
Pai* pitié?...
•ACTE III. SCÈNE XI. i/ig
■JTiens, regarde, insensée!
Est-ce sous le bonheur que sa tète est baissée!^ Ah! lu prcnd€ tes amants sur la foi de tes yeuxl Gaours est beau, Caours est jeune et gracieux, . Et sa grâce t'enchante, et sa beauté t'enflamme... Eh bien, moi, je m'en vais te faire voir son âme.
JULIENNE, à de Caours.
Mais défendez- vous donc. Parlez-lui ! Parlez- moi l Vous voyez bien qu'il est horrible, mon émoi. Après l'aveu crié follement par ma bouche, Elle m'atteint aussi, la honte qui vous touche.
DE CAOURS
Nos destins sont, hélas ! a jamais déliés ; Reprenez votre anneau, madame, et m'oubliez.
JULIENNE
Aurais-je à tout jamais déshonoré ma vie.^ S'il ne se défend pas, qui donc me justifie.^ ,
l5o MESSIRE DU GUESGLIN.
DU GUESGLI!!.
Je t'avais dit hior co qu'hier je savais.
Et son inconscience et ses instincts mauvais. Et son impiété pour ton Dieu qu'il outrage.
C'était déjh beaucoup, en voici davantage.
JULIENNE
Dieu du ciol! Quel soupçon horrible m'envahît!
DE C\OURS, suppliant, à Du Gttcsclin.
Ah! non, ne dites pas, si vous n'avez pas dit.
Oui, je disparaîtrai dans la nuit étemelle,
Mais laissez-moi, du moins, partir pleuré par elle.
DU GUESGLIN.
Allez!
DE GAOUnS.
Merci, seigneur.
(Sort do Caours.)