‹ Messire du Guesclin;Chapitre 9 sur 102 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

JULIENNE, PAYNEL. .

JULIENNE

Que le temps passe vite et comme d'heure en heure Partout renaît la vie et plus belle et meilleure I

i4 MESSIRE DU GUESGLIN.

Les bois sont pleins de nids, les nids pleins de chansons ; Les pommiers argentés couronnent les moissons... Qui croirait, en voyant celle riante plaine, Que l'on s'égorgeait là voilà cinq mois à peine, Et qu'Anglais et Bretons, l'un l'autre se pressant. Arrosaient ce sol vert du plus pur de leur sangP

PAYSBL.

Qui le croirait? Pardieul J'en sais qui, pour le croire, N'auront pas à tenter grand effort de mémoire. Et dont le souvenir, aujourd'hui comme hier.

Pour mieux tenir au cœur est entré dans la chair.

JULIENNE

Ta blessure le fait souffrir?

PAYNEL.

Ce n'est pas elle.

Mais moi je me souviens de tout, mademoiselle. De nos champs envahis, de nos trésors volés.

De ceux qui dorment là sous le linceul des blés ; Et les heures pour moi n'ont pas tant de vitesse.

jllien:<e.

Oui, j'ai tort de montrer ma joie à ta tristesse.

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