M ! U R B D B LA PRA
défaillances de leur int qui l
faisaient sacrifier inutil it un milli de vivants ; cette multitude de leun ai dont ils allaient partout mendiant le
cours et qui, moyennant de justes et écrasantes créances à régler au moment de la paix sur l'autorité et la personnalité de la France, consentaient à venir remplacer les fantômes que la paresse, la lâcheté avaient empêché les géniteurs responsables de mettre au monde. Voyant la patience, la modestie, l'émouvante retenue dans la tristesse de ces hommes, je me désespérais en pensant que désormais toutes ces qualités, toutes ces vertus s'exerçaient à vide et que, bientôt, la matière leur manquerait.
En effet, toute cette ardeur à vivre, à porter la vie à sa plus haute valeur, était tarie en eux dans un de ses modes essentiels, celui qui commande tous les autres.
Lors des permissions, ces Français s'en allaient, marqués du signe de l'égarement, comploter dans leur lit l'assassinat des enfants dont la multiplication pourtant
pouvait seule justifier les sacrifices personnels qu'ils prodiguaient pour maintenir le nom de leur race.
L'héroïsme des Français pendant cette guerre n'était-il que le choix du plus beau suicide ?
Mais en dépit de mon parti-pris passionné, douloureux de pessimisme, ailleurs des Français reconquéraient du terrain, renforçaient notre prise sur ce domaine de l'espace où une nation assure le large fondement sans lequel sa vie spirituelle s'étiole et meurt.
C'est ce qui émerveille les milliers de spectateurs animés d'une chaleureuse bienveillance pour leur race, qui depuis la guerre ont vu se lever une nouvelle France sur les terrains de sport. Elle est si saine, si souple, si tenace, si cohérente que ce serait blesser la raison que de ne pas croire que tous ces jeunes corps vainqueurs sont une sûre promesse de la vie et que le destin assurera leur multiplication.
Le décor est simple-... Non, que je ne
me laisse pas prendre- plus longtemps aux
mots qui perdent ici leur raison d'être : il n'y a pas de décor. C'est la terre — une prairie bien plane et bien égale — sous le ciel. Ceux qui sont ici ne veulent pas d'autre pavillon. Ayant perçu la menace doucereuse de l'air, de la lumière, captés, domestiqués dans les maisons, ils sont sortis des murs, ils sont revenus se confier à la tutelle changeante mais régulière en ses changements, tour à tour indulgente ou sévère, de l'habitacle naturel. Cette foule, chaque dimanche, accourt se remettre au conseil des saisons.
Autour de la prairie sont debout sur des gradins les hommes, les femmes et les enfants. N'oublions pas les enfants et que leurs âmes, plus généreuses que celles des adultes, s'ébranlent à une telle émulation et s'éprennent à jamais du rythme de la race.
Il s'accomplit ici des actes ; ils raniment des espoirs qui dépérissaient. Il faut scruter les signes que tracent les corps des combattants. Il faut scruter ces visages qui se pressent à l'entour.
Dans les jeunes hommes qui luttent au milieu de l'espace vert, il y a la foi et l'amour comme dans l'assistance qui approuve et encourage en eux le meilleur de soi-même. Ici, on a discerné, on cultive, on prolonge un harmonieux sursaut de toutes les facultés de l'âme et du corps.
Ici, il y a assez d'individus heureusement développés pour former un groupe, une foule qui ne soit pas une bête sans cervelle et à la merci d'une ébriété.
Sport ne veut pas dire seulement jeu.
Tel qu'il nous apparaît comme conquête et institution de la France nouvelle, nous ne pouvons le prendre dans ce sens étroit. Ce n'est pas uniquement le « déport »
Ides anciens Français, un divertissement.
Sport signifie pour nous discipline, art
M l. LA l
de vivre. Et m qoui i ita ambitieux, nous diri<
de la \i
Ce n'est pus un abandon du COipS I mouvements de sa jeune- son exal-
tation. Ce n'est pas un ivisscment de-
besoins charnels. Ce n'est pas plus cela que la volupté n'est la satisfaction gr sière qui comble la plupart des humai
Le sport est l'établissement de la Paix et de la Justice, car il déclare et fortifie de justes rapports entre le Corps et l'Esprit. Et celui de ces rapports qui est essentiel n'est pas tant, comme on croit, h communication de l'exubérance du sang à l'esprit qu'au contaire une prise de possession du corps, de toutes ses ressources, de tous ses ressorts par l'esprit, spécialement par cette faculté imminente de l'esprit qui est la volonté.
Les conséquences intellectuelles de l'étude athlétique sont promptes et profondes. L'hcmme qui s'adonne au sport professe que le type capital des opérations
de l'esprit est l'expérience. Peu importe ses opinions philosophiques, il peut être Tidéaliste le plus convaincu, il peut croire le plus naturellement à l'irréalité du monde extérieur. Ces croyances sont distinctes de l'attitude qu'on aura dans la pratique, vis-à-vis des choses. Un absolu idéaliste favorisera les échanges les plus fréquents et les plus étroits entre le moi et les choses.
Car il faut distinguer la conception idéaliste et la morale idéaliste. Bien des gens, selon l'habitude en tout pareille du vulgaire, prennent l'idéalisme au pied de la lettre et se confinent dans une vie purement imaginaire, sous prétexte que les choses n'existent pas absolument. Les ravages de cette conception inachevée sont plus grands que ceux de l'opium.
Mais on peut faire subsister un solide réalisme à l'intérieur d'une conception idéaliste. On peut croire à la solidité suffisante des rapports qui existent entre les choses mises au monde par le moi.
Telle est l'attitude de l'homme cultivé par le sport. Il est habitué à réaliser, à
M I s r R E I) E LA F R I.
accomplir. Son soin COI t de tHU
former de mieux en mieux une résolution
en action ; par exemple d'atteindre en moins de secondes, par une plllfl parfaite utilisation de son souille et d< musc!
un but à cent mètres, deux cents mètre
Mai 1921.