‹ Mesure de la FranceChapitre 17 sur 17 · M RE D I. LA I" R \ N I · texte numérisé non relu

M RE D I. LA I" R \ N I

n'avaient pas appris la méchanceté à la

guerre, ils se laissent < ailcr par les

anciens du sérail, et ce n'était pas le long casernement des tranchées qui pouvait leur apprendre L'audace civique.

Puis cet ambitieux préoccupé de sainteté qui, par une erreur somme toute charmante, ne se singularisa d'abord des autres que comme un dandy ; qui ensuite, lors de la tourmente, se recroquevilla sur lui-même un peu chétivement, mais aussi par ténacité ; qui enfin atteignit à ce stade de la pensée, le seul décisif, le premier qui compte : l'action, le mouvement physique, la confession par le corps ; oui, ce garçon-là se serait dressé entre ce bloc informe des partis bourgeois et cette misérable poignée de chefs autrefois populaires qu'on appelle le parti socialiste, et qui le disputent à leurs adversaires pour la vacuité de l'intellect et l'immobilité du vouloir. (Impossible de tenir compte de certaines exceptions.)

Je souhaitais son élection et ce n'était pas en me mettant au point mort de l'his-

torien qui se résigne à l'équilibre des forces, en m'abandonnant aux poses commodes du dilettantisme. Mais j'aime que pour un moment, avant de tout brouiller pour passer à un autre moment, tout soit net. Je souhaitais donc que Lefebvre donnât forme humaine à cette pensée de gauche. En même temps, je croyais sentir que quelqu'un vers la droite se lèverait qui opposerait idée à idée, corps à corps. Il n'a rien été de tout cela. A Lefebvre fut épargnée la misérable tentation de la Chambre ; au contraire il fut promu à une véritable épreuve. Il lui fut donné de partir.

Janvier 1921 (revu en 1922).

Page 1