COS LEE
que la malade ait changé d’une façon cliniquement appréciable à la fin de cette période.
Dix alternatives détaillent cette observation, à raison de 110 jours couchés et 162 jours levés.
C'est encore une malade réalisant une constance physiologique qui en fait une pierre de touche précieuse pour l'épreuve de cette thérapeutique.
Jusqu'au 9 juin les périodes de lever et de coucher alternent régulièrement par phases de 14 jours, et si dans les deux premiers cas où l’on lève la malade, l'agitation augmente de 3 puis 2 h., les deux dernières fois, elle diminue de 5 puis 1 h. Deux fois l’agitation diurne est plus forte dans le lever que dans le coucher ; une fois elle est plus faible ; le sommeil descendu à 3 à la seconde phase d’'alitement, remonte cette fois à 4 à la faveur du coucher, mais 11 n’y a que coïncidence, puisqu'il monte à 5 au lever suivant pour rester à 5 dans la dernière phase de coucher de 14 jours.
Il y a donc au total, un effet fort ambigu, et du 10 juin au 8 août, la malade reste levée pendant 60 jours.
Aux 20 premiers jours la moyenne d’agitation totale a diminué d’une heure sur la phase précédente de coucher, et l’agitation subit une progression continue ; au bout de ko jours la moyenne d’agitation des 20 derniers jours est de 11, au bout de 60 jours elle atteint 12. Il y a bien là quelque chose qui ressemble à une progression que l’on serait tenté d'attribuer au lever faute d’autre motifapparent; mais les 6o jours quisuivent immédiatement sontdu régime de l’alitement, et la progression fâcheuse de l’agitation n’en continue pas moins ; de 12, elle atteint 13, puis 16, pour revenir à 13. ,
Enfin sous l’influence d’un lever de 60 jours, le total de
Paul Meunier 6
LRO
l'agitation passe à 12 dans les 20 premiers jours, pour se maintenir à 11 dans les 4o jours qui suivent l'observation. Au total quelle influence peut-on attribuer à l’alitement ? En premier lieu l’examen des simples alternances ne nous donne pas un résultat très explicite.
Au coucher :
Agitation jour Agitation nuit Sommeil total 2 6 ps st) 20 O + oO = me 13 LE 0 28 + 2 — : + 2 ae 0: sn
Au lever : ?
Agitation jour Agitation nuit Sommeil total ; Br au. + 0 1 PER VI rte.
— 3 — 2 + I — I me) + 1 — 2 + 1 — I
Ces chiffres, pour faibles qu'ilssoient, n’ensont pas moins dans un sens inverse de ceux des autres observations, cette inversion est du reste encore constatée par les autres méthodes.
Cherchons maintenant la moyenne générale, en utilisant intégralement toute l’observation, soit 162 jours levés et 116 couchés. Pour les moyennes de 24 heures :
"ours
Agitation Calme Sommeil ORNE CR Te LU I,700 7,008 5,224 BÉNERRER OR ro 4 .8,728.- 4,827
Dans l’alitement :
; L'agitation totale augmente de 1,262, 12 0/0. Le calme total diminue de 1,66, 19 0/0.
Le sommeil total augmente de 0,367, 8,2 0/0.
Ces 24 heures se répartissent pour la :
Période diurne.
Agitation Calme Sommeil OUR er Ne ne Ve 5 0 LE NA ET Ton Me RER ES cm A 6,432 0
Période nocturne.
Agitation Calme Sommeil
Coucher 2. . 706 2,068 5,224 AT Ie TETE NE TRES 4,8704072,290 4,827
Dans lalitement :
L’agitation diurne augmente de 1,433 25 6/0. Le calme diurne diminue de 1,433 22 0/0.
L'agitation nocturne diurne de 0,170 3,4 0/0. Le calme nocturne diminue de 0,226 9,9 0/0.
Le sommeil nocturne augmente de 0,397 8,2 0/0. Ssupprimons maintenant la période de début de 14 jours coucher et la période de la fin, de 60 jours coucher, nous
ER to
établissons une nouvelle moyenne sur 102 jours lever et
102 jours coucher.
Ce qui nous donne pour 24 heures:
Agitation Calme Sommeil Goucher: 1% RER ARE 2 FAO OR OR 00 Lever OMAN ESNEUTRS 0,921 - 9,549 4,529
Dans lPalitement :
L’agitation totale est augmentée de 2,294.
Le calme total est diminué de 3,020.
Le sommeil total est augmenté de 0,725.
Ces 24 heures se répartissent pour la :
Période diurne.
Agitation Calme Sommeil COUCRET NUE RE MEURT 7,411 4,588 0 LEVÉR SR RSS EEE k,921 7,078
Période nocturne.
us Agitation Calme Sommeil Coucher si SET RSA 18094, 09418 75,258 Lever: : MERS RRUrE 5 2,470 4,529
Dans l’alitement :
L’agitation diurne augmente de 2,490.
Le calme diurne diminue de 2,490.
L’agitation nocturne diminue de 0,197.
Lt de
Le calme nocturne augmente de 1,529.
Le sommeil augmente de 0,725.
Cette observation doit donc être considérée comme exceptionnelle à plusieurs égards, notamment par l'accroissement du sommeil sous l'influence de l’alitement.
Observations V
Nan. 32 ans. — Entrée dans les asiles le 27 juillet 1897 :
Débilité mentale et accidents alcooliques aigus, propos déraison- -nables, hallucinations visuelles et auditives, apparitions d'ombres imaginaires, insomnies, terreurs, Idées de suicide, tremblements
des mains et de la langue. Père alcoolique.
D' LEGras.
28 juillet 97. — Atteinte de dégénérescence mentale avec accidents alcooliques, hallucinations pénibles, craintes, frayeurs, insom-
nies, léger tremblement des mains.
D' Mana.
11 août 97. — Alcoolisme subaigu, amélioration, à maintenir,
Dr PAcrer.
Femme petite, aux yeux brillants, aux lèvres pincées, agressive.
À. H. Elle est née d’un père alcoolique,mort à 41 ans après 8 attaques de paralysie, et qui fut toujours un débile mental.
Sa mère a 68 ans, bien portante, Le grand-père maternel, buvait volontiers, il succombe à 62 ans à la suite d’une apoplexie cérébrale.
A. P. Quand la malade a été conçue, le père était en état d'ivresse. Fait une rougeole, puis une fièvre typhoïde à l’âge de 10 ans.
A 14 ans elle est réglée pour la première fois, depuis les règles sont toujours irrégulières.
LR
À 15 ans elle travaille comme blanchisseuse, souffre déjà de cauchemars et de migraines.
À 20 ans elle se marie et contracte l'habitude du cognac et de l’amer picon. Les cauchemars troublent de plus en plus son sommeil. |
À 29 ans, à la suite de chagrins domestiques et de pertes d'argent elle commence à devenirtriste indifférente, oublieuse, à tomber dans un état de mutisme interrompu de temps à autre par des crises de colère. Ces crises débutent par un cri, la malade devient très pâle et est capable de toutes violences pendant environ une demi-heure.
Peut-être y a-t-il lieu de soupçonner de l’épilepsie psychique attendu que la malade semble bien perdre le souvenir de ces raptus. Elle n’a jamais eu d'accidents convulsifs.
Les hallucinaüons visuelles et auditives, les idées incohérentes de persécution, les impulsions violentes, et une tentative de suicide avec un couteau, inspirent de l’épouvante a son entourage qui se décide à la faire interner. |
Elle arrive à Villejuif et au bout de très peu de temps, son état d’agitation se calme. Elle est dans un état très satisfaisant pendant 6 mois, puis à la suite d’un état d’irritabilité spécial, qui dure quelques jours, elle s’est agitée brusquement, et à l’heure actuelle elle est encore telle. Toutefois durant la première année, en 1898, son agitation était plus continuelle et plus brutale.
Actuellement, en dehors de son agitation quotidienne elle est prise, environ deux fois par mois, de crises où elle devient subitement pâle et se jette sur les gens, en criantet vociférant. On peut du reste provoquer ces crises, en lui disant certaines paroles telles que « vivent les Russes! » ou en l'appelant de son nom patronymique.
& Tu viendras, qu'est-ce que tu m'as fait cette nuit ? Tu viendras encore avec ta bande ? Ce sont des hommes déguisés en femmes, »
L'hallucination génitale estévidente.
Puis au bout d’un quart d'heure, elle ne frappe plus, mais continue à déclamer toute la journée.
Sa méchanceté s’exaspère au moment des règles.
Elle n’a Jamais de moment de lucidité complète. Mais elle n’a aucun délire systématisé, Elle est toujours grossière, ordurière. € La famille L... et la famille M:.., ne font qu'assassiner tout le
monde par leurs mensonges. Comment se fait-il qu’ils ont accaparé la maison ? Elle leur appartient parce que c’est toutes des criminelles ensemble. Ils sont 127, je ne sais pas ce que c’est que ces putains de femmes Jà.
On lui demande. Quel est votre métier ? — Rép : Emmerder le public.
Ses fausses reconnaissances et ses conceptions délirantes sont continuelles et très mobiles ; mais son imagination n’est pas très riche; c’est une débile mentale.
« Le procès va avoir lieu et ils auront le temps de faire disparattre les meubles volés...
« Savez-vous l’âge qu’elle a, Jeanne Darc, avant de l’insulter comme vous le faites dans votre pays ? Elle a 109 ans.
.… Je ne tiens pas à sortir d’ici, mais je voudrais bien une fois pour toutes qu'on leur foute leur véritable nom. Je me suis appelée, Eugénie et je ne voudrais pas que personne se foute de ma gueule, » etc...
Dans tous les aliments ils foutent de la pourriture, ça doit être du machin d'homme.
La nuit on les entend venir avec des révolvers.
Au physique : tremblement fibrillaire, menu et rapide de l’orbiculaire des paupières de la langue et des mains.
Les pupilles sont égales, réagissant paresseusement.
Une excitation maniaque qui dure depuis 17 mois lorsque commence l'observation. À
Celle-ci s'étend sur un total de 298 jours parmi lesquels 96 jours levés et 202 jours couchés.
La première partie comprend 2 périodes levées de 14 jours et 2 périodes couchées de 14 jours.
Dans les 2 cas l’agitation est moindre au lever et c’est toujours sur l'agitation nocturne que se fait l'augmentation d’agitation dans l’alitement, le sommeil aussi est constamment diminué par lelit.
Puis vient une période de coucher de 74 jours. Pendant 54 jours, la moyenne d’agitation totale se maintient à 7;
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dans les 20 derniers jours, cette moyenne monte à 4 aux dépens d’une heure de calme et d’une de sommeil.
Surviennent 60 jours levés ; dans les 20 premiers Jours, la moyenne tombe à 8, pour monter ensuite à 10 puis 11. Sur ces 3 heures d’excès d’agitation, le sommeil ne pâtit que d’une heure : le reste est pris aux dépens du calme.
Puis, 60 jours de coucher, la moyenne retombe à ro, puis 9 et dans les 20 derniers jours s’élève à 12.
Cette augmentation dépend évidemment de laffection elle-même puisque dans la période de lever qui suit, et qui ne dure que huit jours, elle s’élève jusqu'à 16 — 9 heures de jour et 7 heures de nuit.
Enfin, les 4o jours qui terminent sont couchés et la moyenne se maintient à 10 (7 de jour et 3 de nuit).
Cette observation est remarquable par d'importantes fluctuations, on a en effet cn considérant les variations :
Au coucher :
Agitation du jour Agitation de nuit Sommeil total EL Ru ==r0 HPRERS + 2 — 2 — 2 + I — I — 3 — 3 + 3 — + 1 — 3
Au lever :
Agitation de jour Agitation de nuit Sommeil total 1 0 — I + I ‘ eu RSR HS ca 70, at + 2 +5 “Ai ei + 3 — 3 + 5
Trois fois sur quatre de part et d'autre pour l'agitation de nuit et pour le sommeil cela est à considérer.
Passons à la moyenne générale ; l'inégalité flagrante du nombre de jours de part et d’autre combiné à la présence d’une influence évidente due à l'affection elle-même nous poussent à ne lui accorder ici qu’une confiance limitée. Voici ce que donne la moyenne de 24 heures
24 heures :
Agitation Calme Sommeil
COPA LT LUC RS STI." 8,080 | 6,207 LES RS TE PCM A ne 7,708 7,458
Période diurne :
Agitation Calme Sommeil