‹ Mesures de quelques modifications physiologiques provoquées chez les Aliénés par l'Aliment ThérapeutiqueChapitre 36 sur 41 · ALITEMENT, POULS ET TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

ALITEMENT, POULS ET TEMPÉRATURE

PF Pulsations.

On sait qu’au point de vue physiologique, Les rapports de la fréquence du pouls et de la pression sanguine peuvent être envisagés dans deux cas différents : .

« Lorsque la diminution ou l’augmentation de la pression sanguine est due soit à une soustraction ou à une addition de liquide sanguin, soit à une contraction ou une dilatation des vaso-moteurs périphériques, il y a lieu d’appliquer la loi de Marey : « Le cœur bat d’autant plus fréquemment qu’il éprouve moins de peine à se vider. »

Mais l’augmentation de pression peut être d’origine centrale, bulbaire ou cérébrale et il y a des cas cliniques où, avec une augmentation de la pression sanguine, on constate une augmentation de la fréquence des pulsations.

Un rapport univoque n’unit donc pas ces deux phénomènes que nous étudierons séparément.

Or il y a lieu de considérer d’abord s’il y a une relation quelconque entre l’état du pouls et l’état d’agitation.

Ensuite quelle est l’influence du lever et du coucher sur la fréquence du pouls.

Les observations relatées ici sont prises jour par jour sur

10 malades, 6 excitations maniaques (1, 2, 3, 4, 5, 6 des observations sur l’agitation), et 4 mélancoliques 21 et 22, des observations sur l’agitation, plus 23 et 24.

Les chiffres sont relevés dans des conditions toujours identiques : le nombre de pulsations est relevé le matin entre 6 et 7 heures et le soir entre 4 et 5 heures c'est-à-dire avant le

repas du soir qui a lieu à 5 heures; les pulsations sont comp- :

tées au chronomètre pendant r minute, et immédiatement consignées sur une fiche. Toutes les observations ontété prises par la même infirmière.

Or, pour répondre à la première question — il n’y a aucun tableau à donner : le nombre de pulsations ne paraît pas en corrélation directe avec la plus oa moins grande durée de l'agitation.

La même moyenne de pulsations appartient à des périodes où l’agitation est tantôt forte, tantôt moyenne, tantôt faible (12. 6 — ou 2 par exemple).

On pourrait donc supposer que la diminution du nombre de pulsations que nous allons constater par l’alitement est liée à Ia diminution de l’intensité de l'agitation sur laquelle nous ne pouvons rien dire, de par notre méthode même.

Les mêmes cas d’excitation maniaque, sauf les 3, 4,5, et 7 qui ont été suivis pour l'agitation l'ont été en même temps pour le pouls et pour la température. Aussi la mélancolique 21 plus 23 et 24.

Or considérant l’effet de l’alitement sur le pouls.

we

Nous avons pour les maniaques :

Le matin Le soir NET + 4,9 agitation nocturne + — 3,45 agitation diurne — None — 2,9 agitation nocturne + 8 18 Mrs à 1 — 8,1 agitation diurne + :

NGC — 3,3 agitation nocturne + : ESA - — 6,67 agitation diurne + Pour les mélancoliques :

INNRaTe + 0,05 agitation diurne + re agitation nocturne + se

(pouls moins fréquent le soir que le matin au lever)

Nous avons rappelé ici le sens de la modification par l’'alitement de l'agitation diurne et nocturne, par où on voit qu'il est impossible d'affirmer une corrélation dans les variations de ces deux effets.

La seule mélancolique (21) dont le pouls augmente de fréquence matin et soir, est aussi la seule dont le nombre de pulsations au lever soit relativement bas — 82,85 et 72,42 —

Quant aux autres, l’influence paraît assez irrégulière, quoiqu’au total il semble que ce sont celles qui ont le nombre de pulsations le plus élevé pendant le lever qui bénéficient le plus de la diminution par l’alitement.

Ainsi le N° 24 qui a au lever 81,42 et 92,40 de pulsations perd par l'alitement 8,6 le matin et 8,6 le soir. C’est la différence la plus grande que nous ayons constatée.

Mais le N° 1 qui à 90,4, le matin monte par l’alitement à

99,20, il est vrai que c'est le seul cas sur nos 6 observations où 1l y ait une majoration aussi considérable. Au total nous avons:

Matin Soir RÉVORRS RS PAIP ARS OR " 88, 51 90,71 CORRE RM Re rem en. * 86,6 86,44

C'est-à-dire que par l’alitement, il y a une diminution moyenne de 2 pulsations le matin et de 4 le soir, le nombre de pulsations du soir devenant sensiblement égal à celui du matin, au lieu que dans l’état du lever, il y a 5 fois sur 6 une augmentation plus ou moins considérable le soir.

20 T'empérature.

On en peut dire autant de la température que du pouls. Si l'on range en séries croissantes les températures du matin — puis du soir — suivies des chiffres correspondant aux heures d’agitation calme sommeil, et du nombre de pulsations des mêmes périodes, on ne peut tirer aucune conclusion ; les divers valeurs varient indépendamment lune de l’autre, et ici non plus, ou ne peut affirmer de rapport général entre l’agitation et la température centrale.

La même température du matin ou du soir, est concomit tante d'états d’agitation très différents comme durée quotidienne ; et d’autre part des moyennes égales d’agitation sont accompagnées de températures différentes.

Aucune liaison ne saurait être affirmée.

Les observations sur la température sont prises sur les mêmes sujets que celles sur le pouls, plus le n°3 des obser-

Paul Meunier 9

vations sur l’agitation. C'est-à-dire 7 sujets, 4 excitations maniaques et 3 mélancoliques.

La température est prise dans le rectum, avec un thermomètre vérifié et laissé en place 10 minutes.

Or, sur ce nombre, nous trouvons deux cas seulement chez qui l’alitementse traduit par une élévation de la température, Ce sont les deux mêmes qui avaient une augmentation du nombre des pulsations, le n° 1 et le n°21, la première ayant au lever une moyenne de 36,7 et 36,5 qui s'élève par le coucher à 36,9 et 37,2 : la seconde, mélancolique ayant au lever 36,4 et 36,6, gagne = de degré sur la température du matin qui devient 36,5, la température du soir restant à 36,6.

Deux cas (n° 23, n° 2) restent réglés à la même température 36,9 et 37,2 (pour chaque) pendant le lever et pendant le coucher.

Un cinquième cas perd le matin pour gagner le soir (n°23) et des deux qui restent, l’un perd matin et soir, l’autre perd le soir seulement.

Action de l'alitement sur la température.

Maniaques [2 Numéro d’ordre des malades Matin Soir 1 + 0,2 LHn0;7 Die Site) EN O AE 0 SOI 6272 hot — 0,3 Mélancoliques < Numéro d’ordre Matin Soir Tete + 0,1 ÉD 29 use — 0,1 + 0,2 24 5 pe a.) Ho

Le pouls était diminué le soir dans 5 cas sur 6. La température estdiminuée le soir dans 2 cas sur 7. Nous avons ià une confirmation de l’absence de corrélation évidente entre la température rectale et le pouls radial.

Aussi bien, l'action du lit sur la température est-elle beaucoup moins nette qu'elle apparaît sur le pouls.

La moyenne de toutes ces températures, le résultat de ces actions diverses nous donne.

Matin Soir DOMEHER TS 5 US de 36,8 37,01 FREE RC NT TR RE 36,7 37,4

C’est à dire que dans l’alitément, la température du soir tendant à devenir semblable à celle du matin, le lit détermine ainsi, pour le soir une température quelque peu inférieure à celle de la période levée.

Pourtant, 1l faut songer que cette moyenne représente le résultat de deux tendances contraire, d'une part les 5 qui ont une diminution, d'autre part les deux qui ont une augmentation. Ces deux derniers cas se trouvent être, l’un une excitation maniaque, l’autre un état mélancolique ; on ne peut invoquér la catégorie nosologique.

Mais ces deux cas dont la température monte par le coucher, sont précisément les deux (sur les 7) qui ont la température la moins élevée dans la periode levée — 36,7 et 36,4 — Il semble donc que le lit fasse l’office de régulateur de la température, tendant toujours à la ramener vers 36,8 — 36,9 — que la température du malade soit plus ou moins élevée d’ailleurs.

Page 1