‹ Mesures de quelques modifications physiologiques provoquées chez les Aliénés par l'Aliment ThérapeutiqueChapitre 6 sur 41 · POI · texte numérisé non relu

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Le traitement par le repos au lit en est l’aboutissant. On commença à aliter les aliénés, non pas à cause de la maladie de leur esprit, mais à cause des troubles somatiques qui l’accompagnaient. :

Ce sont en effet, les mélancoliques qui bénéficient les premiers de la méthode, grâce au célèbre aliéniste belge Guislain, qui, du reste, vante beaucoup chez cette catégorie de malades le traitement parle lit.

Guislain écrit en 1852 : « presque tous nos mélancoliques sont couchés dans leur lit. Je prescris le repos du corps. Le lit sera, pendant toute la première période du mal, une des grandes ressources du traitement ; d’abord le patient sera couché la nuit et pendant une partie du jour. II se lèvera de temps en temps, restera assis pendant une heure, deux heures, puis se couchera derechef. Les mélancoliques ont besoin de repos et de beaucoup de sommeil... on ne saurait s’imaginer combien le décubitus prolongé, facilite chez les aliénés, le retour du calme.

Je le dis avec une intime confiance, nul moyen ne m’a fourni de résultats plus satisfaisants dans le traitement de la mélancolie... »

Poursuivant dans le même esprit, en France, Falret père écrit en 1864 :

« Dans certains états maniaques aigus semi-fébriles, de même que dans les états mélancoliques caractérisés par un profond sentiment de lassitude, et une prostration physique et morale poussés à l'extrême, nous partageons complètement l’avis de notre si regretté confrère, le D' Guislain, et nous conseillons le séjour au lit de ces malades, au lieu de les laisser circuler en plein air comme les autres aliénés.

I faut poser en principe que ces aliénés, soit maniaques, soit mélancoliques doivent être maintenus au lit pendant

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certaines périodes de leur affection, considéréscomme malades physiquement, etsoignés au lit comme des fébricitants ».

Mais déjà, à Hambourg, dès 1862, Ludwig Meyer et Brôsius franchissent un pas décisif en appliquant le lit à des cas d’excitation maniaque, c’est-à-dire des cas de vraie agitation.

Du reste, ils pensaient étayer leur méthode en arguant de troubles somatiques, moins évidents que dans la mélancolie, mais justifiant leur manière de voir.

Puis les aliénistes allemands suivent ce mouvement en foule.

C’est Snell en 1871, qui se déclara partisan convaincu de la méthode, puis Eschenburg en 1874, puis Furstner qui, le premier, alite les alcooliques, puis Paetz en 1880 qui s’'applique à la perfection matérielle du traitement.

À partir de 1885, l’alitement est devenu en Allemagne une question officielle qui revient à tous les congrès de psychiâtrie.

Tous les auteurs s’extasient sur les bienfaits de lalitement dans les maladies mentales. Hebold déclare que ce traitement a la plus grande efficacité sur les troubles circulatoires, sur l’œdème des extrémités, sur les troubles digestifs, contre l’anorexie, et enfin sur les fonctions de la peau, qui, à la chaleur du lit devient moite et souple. En outre, d’après lui, « le séjour au lit dissipe rapidement des attaques congestives qui chez les paralytiques généraux eussent pu être promptement mortelles ».

Et Kraepelin ne craint par d'affirmer que « l’activité physique fatigue l'organe psychique ».

L'Allemagne applique de toutes parts la méthode nouvelle. De là, l’alitement se propage à la Suisse; Rabow ancien assistant de Ludwig Meyer applique ici la méthode de son maître, puis Brôsius.

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- L'Autriche n’adopta lalitement qu’en 1899, avec Krayatch. Le Pr Krafft-Ebing de Vienne est également partisan de l’alitement.

Eu Russie, l’impulsion fut donnée en 1892, par Timofeieff, médecin directeur à J'asile d'Alexandre III. Après quatre ans d'expérience, il estime que « les psychoses ainsi traitées ont une durée moindre et un pronostic plus favorable ».

Mais Lievtschatkin, médecin du même asile, « n’est pas convaincu de l'efficacité du traitement, Il ne peut dire si la méthode abrège la durée des psychoses et il insiste sur les difficultés que l’on éprouve à maintenir les maniaques au lit ». |

Puis, à Saint-Pétersbourg, le P° Bechterew, en 1896, déclare la méthode efficace chez trois catégories de malades : les agités — les déprimés — les épuisés et les faibles.

Enfin Govseiev, d'accord avec Timofeieff, admet que : « les accès délirants traités par le repos au lit, paraissent en général offrir une intensité moins grande et une évolution plus rapide. » |

En Angleterre, la méthode fait son chemin. Rayner, Andriczen, Savage protestent seulement contre l'extension de la méthode aux cas chroniques. Clouston aussi est du même avis quand il déclare que : « le lit est un moyen de contrainte, excepté chez ceux dont le cerveau est dans des conditions de sensibilité et d’impressionnabilité anormales ».

Aux États-Unis d'Amérique, la méthode n’a pas un même succès. Weir Mitchell en 1875 préconise le lit comme traitement des neurasthéniques, mais il le trouve contre-indiqué dans les autres cas d’aliénation mentale.

« N'oublions pas, dit Weir Mitchell, quand nous condamnons une personne au lit, que nous diminuons au moins de 20 par seconde les battements du cœur, c’est-à-dire que

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