ANT
nous ralentissons l’action cardiaque de près d’un tiers, que le sang en retard, languit dans les méandres de la circulation.., que le repos absolu constipe et tend à annihiler le besoin de manger, enfin que les muscles trop longtemps en repos souffrent et s’atrophient. Il remédie à ces inconvénients par le massage et l'hydrothérapie.
En 1883, Hurd se déclare satisfait de ce traitement chez les mélancoliques.
Cependant, depuis Falret qui, en 1864 avait alité les mélancoliques et les maniaques demi-fébriles,la France n'a pas nourri un grand enthousiasme pour l’alitement.
Il est vrai que dans son « Traité des maladies mentales » paru en 1890, Cullerre signale le traitement dela mélancolie par le séjour au lit, et considère ce procédé thérapeutique comme ayant pour but principal de congestionner le cerveau, et par là de combattre l’insomnie due à l’anémie cérébrale.
l'est vrai que Régis dans son Manuel pratique signale également le repos au lit comme pouvant être appliqué aux mélancoliques.
Il est vrai aussi que Belle et Lemoine en 1888 insistent sur les bons résultats, dans la mélancolie anxieuse « du séjour au lit, dans le décubitus dorsal complet, aussi prolongé que possible, »
Mais Le véritable mouvement n’est déclaré en France que depuis 1896. | *
A cette époque, Sérieux, envoyé en mission en Allemagne Suisse, Russie, Autriche, voit sur les lieux lapplication systématique du traitement et en revient émerveillé.
C’est Magnan qui, en avril 97, applique le premier en France l’alitement systématique.La même année, Toulouse, le P' Joffroy et Sérieux suivent cet exemple dans leurs ser-
vices respectifs.
(a Va
ÉPNT RULES
Toulouse est un des promoteurs en France d'un système d’alitement mixte interrompu chaque jour par une promenade de deux heures, suivant la méthode écossaise. Cette modification a le grand avantage d’obvier aux syncopes et à l’anémie aiguë. A
Dans leur ouvrage sur la « Mélancolie » paru en 1897 Roubinovitch et Toulouse consacrent quelques pages à l’alitement. Ils s'expriment ainsi sur la méthode :
« Les avantages du repos au lit sont les suivants : Les forces se relèvent, le cœur bat plus fort et plus régulièrement, la cyanose des extrémités disparaît, la circulation cérébrale est plus aisée, la température se relève, les maladies viscérales sont plus aisément dépistées, à cause de l’examen plus facile au lit, les tentatives de suicide sont à peu près impossibles. Au point de vue mental, les avantages sont considérables :le sommeil est meilleur, la douleur morale se calme, l’agitation s'apaise ».
De son côté, Sérieux, apôtre enthousiaste de l'alitement systématique, partage avec Farnarier l’opinion que « toutes les psychoses aiguës doivent êtretraitées par le repos au lit. Sous cette rubrique d’états aigus ces auteurs comprennent à la fois les délires à évolution rapide et de date récente (délires toxiques, hallucinations, états maniaques et mélancoliques) et les épisodes aigus des états chroniques (paralysie générale, lésions cérébrales circonscrites, délires systématisés).
Enfin, le XITT° congrès international de médecine en août
dernier établit d’une façon très nette les progrès de la méthode.
Au point de vue des effets physiologiques de l’alitement, sujet qui nous occupera dans ce travail, peu d'opinion précises ont été formulées.
Neisser établit en 1893 les résultats de l'alitement sur l’épilepsie. Selon lui chez 7 épileptiques alités, les accès convulsifsont diminué de fréquence et d'intensité, pendant 6 semaines environ. Le poids du corps a augmenté d’une. façon notable. Rohrich, (et Bernstein a la même opinion) déclare que le repos au lit, sans abréger la durée de l'accès maniaque, fait éviter la dénutrition (collapsus) et diminue les symptômes d’agitation. Le même auteur a noté une élévation très rapide de la courbe du poids dans la manie intense, la mélancolie la confusion mentale primitiveet les états hallucinatoires aigus traités par le lit. La différence s’élèverait jusqu’à 300 et {oo gr. par jour.
Cependant Toulouse et Marchand trouvent que le lit a une influence amaigrissante en général. Ce sont leurs observations mêmes que nous avons interprétées ici, à propos de l’action de l’alitement surle poids,dans les courtes périodes. Manquat précise l’action du lit sur l'organisme : «le repos au litest un précieux moyen de traitement dans les maladies aiguës, 1l permet l’utilisation de toutes les forces de lorganisme en vue de la guérison, il modère les mouvements du cœur et dela respiration, et restreint les échanges organiques. |
Plus précis, un médecin anglais, Guy, étudiant les effets de l’alitementsur le pouls trouve, sur 100 hommes de 20 à 5o ans une moyenne de 70,05 pulsations dans la position assise et de 66,62 dans le décubitus dorsal:
Chez la femme, les chiffres sont de 81,98 à 80,24 pulsations et chez l'enfant de 11 à 15 ans, gr et 90.
Weir Mitchell admet une diminution des pulsations, arrivant au chiffre considérable de 20 par minute.
Hayem et Robin imposentle repos du lit aux chlorotiques et anémiques estimant ainsi diminuer dansune forte mesure
us EURE
la destruction des hématies qu’active chez le chlorotique le moindretravail musculaire.
D’après Viault et Jolyet, le nombre des respirations de 53 à la minute qu'il atteint, en moyenne chez l’adulte debout, tombe à 19 dans la position assise, et à 13 dans le décubitus dorsal.
Reprenant les études de Guy à propos de l'influence de l'attitude sur la circulation, Marey en donne l’interprétation suivante : « influence de l'attitude sur le pouls semble se rattacher à des changements de la tension artérielle ; en effet la pesanteur agit dans certaines attitudes pour favoriser le cours du sang, dans certaines autres pour l’entraver.……. Dans l'attitude verticale, la pesanteur est favorable au cours du sang dans la plupart des régions du corps; elle tend donc à diminuer la pression artérielle. Dans l'attitude assise, et surtout dans la position couchée, la pesanteur agit défavorablement sur le cours du sang. On comprend donc facilement les résultats obtenus par Guy et Graves qui ont trouvé la plus grande fréquence du pouls dans le cas où la pesanteur agissait le plus favorablement sur Le cours du sang artériel, et par conséquent, secondait l’action du cœur en diminuant les résistances qu'il éprouve.
Salathé, élève de Marey étudie la question chez les animaux. François Franck constate que: « la pesanteur dans l'attitude verticale intervient défavorablement sur la cireulation cérébrale et provoque l’anémie encéphalique. »
Enfin, dans un travail du laboratoire de physiologie de la Sorbonne, Paulesco, étudiant l'influence de l'attitude sur le rythme des mouvements respiratoires et des pulsations cardiaques conclut que : « 1° l’attitude verticale, la tête en haut, détermine chez l’animal, un certain degré d’anémie de l’encéphale laquelle est la cause de l'accélération du
Et 6 1h
rythme des pulsations cardiaques et du ralentissement des mouvements respiratoires. É
Relativement enfin, à linfluence de l'attitude sur la pression du sang dans les artères les mêmes physiologistes se sont occupés de la question :
Pour Marey: les effets de la pesanteur s'ajoutent à ceux de l’impulsion du cœur pour augmenter la tension artérielle dans toutes les parties qui sont déclives, ils s’en retranchent dans les vaisseaux où le cours du sang a lieu en sens inverse de la pesanteur. Dans l'attitude verticale un animal aura donc une pression manométrique plus faible à la carotide qu'à la fémorale.
Salathé, François-Franck, concluent dansle même sens. En 1878, Tybulsk — puis Schapiov en 1882 — notent un changement de la pression sanguine suivant que le sujet est debout, levé ou couché.
En 1896, un travail de Binet et Vaschide, expérimentant le sphygmomanomètre de Mosso, démontre que le calcul mental, le travail physique, les émotions, se traduisent physiologiquement par une élévation de la pression sanguine (dans les artérioles de la main).
Tout récemment, en 1900, La Lancette française publie un importanttravail de MM. Reynaud et Olmer « la pression artérielle et ses variations à l’état de santé et dans les maladies ».
Enfin au dernier Congrès de Psychiatrie, M. Toulouse a indiqué les moyens de mesurer les modifications physiologiques provoquées par l’alitement thérapeutique ; ce sont ces méthodes que nous exposerons plus loin avec détail.