‹ Mesures micrométriques d'étoiles doubles, faites à l'Observatoire de Lund, suivies de notes sur leurs mouvements relatifsChapitre 2 sur 120 · IMPRIMERIE DE FR. BERLING · texte numérisé non relu

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II N. C. Dunér.

périeur. Sur ce fondement repose un pilier moulé en béton, sur lequel fut placé, en Août 1867, le premier instrument principal de l'observatoire, la grande lunette parallactique. Les ressources de l'observatoire ne permettant pas encore de procurer un cercle méridien, il fallut que les deux astronomes ordinaires de l'observatoire, M. le Professeur Mûller et moi, nous partageassions entre nous le temps où la lunette pouvait être employée. M. Mûller, prenant pour son partage les nuits où la lune n'empêchait pas les observations des objets de faible lumière, a employé cet instrument* pour observer les comètes et les petites planètes. Pour moi, qui devais faire mes observations avant le coucher du soleil, dans le crépuscule et dans les nuits fortement éclairées par la lune, je formai la résolution de m adonner à l'étude des étoiles doubles.

Le nombre des étoiles doubles que Ton connaît de nos jours étant excessivement grand, il est naturellement impossible pour un seul astronome de déterminer pour toutes la situation relative des composantes par un nombre suffisant de mesures et avec toute l'exactitude que peuvent donner les instruments et les méthodes d'observation modernes. Après quelques essais qui m'avaient rendu un peu familier avec l'instrument et l'objet de mes travaux, j'ai donc trouvé nécessaire de faire un choix entre le grand nombre d'étoiles doubles et de m'occuper presque exclusivement des étoiles choisies, au moins jusqu'à ce que j'eusse mesuré la plupart avec exactitude.

Prévoyant d'avance que les observations de jour ou dans le crépuscule devraient faire une grande partie des observations qu'il me serait possible d'obtenir, j'ai choisi d'abord, entre les étoiles contenues dans les "Mensurae Micrometricae" de W. Strcve, toutes les couples où Tune et l'autre des composantes fussent a&sez lucides pour pouvoir être mesurées sans illumination artificielle des fils du micromètre. En outre, j'ai choisi toutes les couples des 4 premières classes de W. Strcve à l'exception de celles dont les compagnons sont au-dessous de la 10:ème grandeur. C'est qu'en général j'ai cru ne pas devoir m'occuper à mesurer ces couples extrêmement faibles. D'un côté elles exigent, pour être bien observées, des circonstances atmosphériques de première qualité *), lesquelles pouvaient être employées avec plus d'utilité pour mesurer les couples très-resserrées, de l'autre côté l'atmosphère, à Lund, est très-souvent chargée de brouillards, même dans les occa-

*) *Patet enim comitum debilissimarum observationem aëris conditionem poscere non minus se eu n dam, quam stellarum majorum sibi proximarum." W. Struve. Mensurae Micrometrictt. Introductio p. XLIV.

Mesures inicrométriqnes d' étoiles doubles.

sions où les images sont autrement tranquilles et bien définies. Enfin on emploie maintenant, à plusieurs observatoires, pour ces observations des lunettes plus puissantes que la nôtre, et par conséquent il y aurait peu de probabilité pour moi de pouvoir avec quelque succès concourir avec les astronomes qui sous l'un ou l'autre rapport, ou sous tous les deux peut-être, étaient plus favorisés.

Les étoiles doubles qui furent découvertes à Poulkowa à l'occasion de la révision de toutes les étoiles jusqu'à la 7:ème grandeur qu on y avait entreprise, sont en grande partie des objets lucides et intéressants, mais dont un nombre considérable est difficile à mesurer à cause de leur petite distance apparente. De ces couples, j'ai choisi la plupart, à savoir toutes celles où le compagnon n'est pas trop . faible. Enfin j'ai fait des mesures de Sirius à cause du haut intérêt que présente cette étoile, et en outre d'un petit nombre d'étoiles doubles découvertes par Dawes, M. Alvan Clark et d'autres. Pendant les observations j'ai occasionellement rencontré quelques étoiles doubles nouvelles, mais faibles et peu intéressantes.

Le nombre d'objets à observer ainsi obtenu est très-considérable, et je n'ai pas encore réussi à en mesurer à beaucoup près la moitié. Cependant pouvant désormais tout seul disposer de la lunette et pouvant par conséquent, selon toute probabilité poursuivre le travail plus systématiquement, j'ai cru avoir déjà toute raison de publier les observations que j'ai pu obtenir, toutefois à l'exception des couples que j'ai mesurées pour la première fois quand ce mémoire était déjà sous la presse et qui par conséquent ne sont pas suffisamment observées.

On peut dire que les observations ont commencé le 11- Septembre 1867 et elles ont été continuées depuis ce temps, toutefois avec quelques interruptions forcées de plus ou moins de durée. Le nombre d'observations que jVi pu obtenir pendant les différentes années a beaucoup varié, soit à cause des interruptions mentionnées ci-dessus soit à cause du temps plus ou moins favorable qu'il a fait. L'année 4869 était sans comparaison la plus favorable, celle de 1874 la plus défavorable. Il est vrai qu'en 1873 le nombre des mesures était encore plus petit, mais il faut considérer que pendant les quatre mois d'été j'étais presque sans interruption empêché de faire des observations. Voici, réparti sur les mois des différentes années, le nombre des observations:

VI N. C. Dunér.

Naturellement le cercle gradué au bout inférieur de Taxe horaire n'est pas cannelé. Le cercle cannelé n'est pas vissé sur Taxe horaire; il y repose librement, mais à l'aide d'une verge de laiton, qui se termine par une double clef de Hooke et une vis d'arrêt, on peut l'attacher à cet axe. Lorsque l'horloge marche et que le cercle cannelé n'est pas attaché à l'axe horaire, il est clair que le cercle tourne, mais la friction est beaucoup trop faible pour donner le moindre mouvement à l'instrument.

L'axe de déclinaison est supporté comme à l'ordinaire dans son canon tétragone. Le cercle de déclinaison qui se trouve au bout opposé à celui qui porte la lunette, n'est pas cannelé, mais tout près de la lunette se trouve un méchanisme d'arrêt et de mouvement micrométrique de construction pareille, à celle qu'ont appliquée MM. Repsold à Hambourg même aux statifs petits et non parallactiques. 11 s'ensuit du parfait équilibre dans lequel se trouve l'instrument, joint à l'action des différents contrepoids qui servent à éliminer la friction, que l'instrument tourne sur les axes avec une grande facilité. La circonstance que les deux axes se meuvent dans des canons de même matière que les axes mêmes, fait que les changements de température les plus excessifs n'exercent presque aucune influence sur la facilité de ces mouvements.

L'horloge qui- fait tourner l'instrument se trouve du côté nord, où, comme nous venons de le dire, il engrène à l'aide d'une vis sans fin dans le cercle cannelé, mais eu outre toute la vis sans fin peut être poussée en direction longitudinale à l'aide d'une autre vis qui se trouve au-dessous d'elle. Pendant ce mouvement, la roue dentée, qui se trouve à l'un bout de l'arbre de la vis sans fin, glisse de long des dents de la roue dentée qui engrène en elle, sans que la marche de l'horloge soit du tout troublée. A cause de cela, ces deux roues dentéfcs ont une hauteur assez considérable. A l'aide de ce méchanisme, on peut faire de petites variations dans la situation de l'instrument en l'angle horaire soit en avant soit en arrière selon le désir de l'observateur, sans qu'en général la lunette cesse de suivre le mouvement diurne des étoiles. Ce méchanisme est d'une grande utilité pour les mesures d'étoiles doubles où, comme on sait, il faut toujours tenir les objets qu'on mesure aussi près que possible de l'axe optique de la lunette. L'horloge est réglée à l'aide d'un régulateur sans pareil inventé par M. le Professeur Holten à Copenhague. L'inventeur m'a communiqué lui-même la théorie de ce régulateur dans les termes suivantes:

"Le régulateur panisochrone se compose d'un axe tournant, qui amène le balancier AA, supporté par l'axe C passant par le centre de gravité du balancier. Les deux bras Or vont en angles droits du balancier, et se terminent par deux roulettes rr, qui, quand on donne une élongation au balancier, pressent

Mesures m iciom étriqués <T étoiles doubles.

Régulateur panisochrone de M. Holten.

sur les plaques planes p, p lt qui à leur tour peuvent glisser sur l'axe xx en tournant avec elle. Ces plaques sont repoussées par les deux ressorts en hélice ss, fixés à l'axe par leurs bouts extérieurs et réglés de sorte quils ne sont pas comprimés quand l'élongation du balancier est nulle. En désignant par r la distance de G au centre de gravité de la moitié du balancier, par a la longeur . du bras Cr, par h la force qui comprime les ressorts d'une unité de longueur, par p le demi-poids du balancier, par & l'élongation du balancier, et par T le temps de rotation du régulateur, on aura, puisque les moments de la force centrifuge et de la pression du ressort doivent être égaux: in'pr'SmitCos S

gF

donc

= io î Sin5Cos^

a r gk

On peut donc changer le temps de rotation en faisant varier r, sans que l'iso-

ebronisme soit perdu; une inégalité dans les ressorts ou dans les bras a ne nuit

pas non plus à cette faculté, et même les poids p peuvent être différents quand

seulement fr=p l r i . Dans ce cas d'inégalité on aura

in'Çpr J +j) l f 1 1 )Sintf Co8^

— ™ — — = (fttf a +fc,<v)Sin#Cos£

donc

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