CONCLUSIONS
DÉDUCTIONS ET SUGGESTIONS DÉCOULANT DE L'EXAMEN COMPARÉ DE TOUTES LES DONNÉES PRÉCÉDENTES
A. — Action du « Ferrier ».
a) Pas d’action bien sensible sur la ventilation pulmonaire des cavitaires. Plus exactement, inaction sur les débits respiratoires maxima à “RIDE faible accroissement des débits respiratoires maxima à l'inspiration.
b) Faiblement diurétique, donc aussi faiblement diminéralisateur par l’hyperhydrurie provoquée.
c) L'hypercalciurie notable constatée, consécutive à l’ingestion de ce médicament, est une preuve pondérale nette de l’absorption, au moins qualitative, de cet agent thérapeutique.
La prescription du « Ferrier » est doublement fondée dans la tuberculose:
1° Symptomatiquement : Apport calcique réel, ce médicament
contribue au relèvement du taux caleique déficient dans l'organisme du fait même de la maladie en cause.
ee Étiologiquement : : Anti-acide, il combat l'acidose (cause immédiate de la déminéralisation). Or, l’acidose n'est-elle pas une condition favorable à la culture humorale du bacille de Koch? Antitoxique ensuite, puisque les sels de chaux le sont et que ce produit est calcique (46 p. 100 de chaux vive). — S'il est vrai que le bacille de Koch appartient au règne végétal, l'efficacité étiologique du « Ferrier » ne pourrait-elle, pour une part
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tout au moins, être rapportée au fait que ce bacille serait un végétal calcifuge, souffrant d’un excès de chaux, ne poussant bien qu'en terrain acide? Faits bien connus corroborant cette manière de voir: 1° les tables de mortalité par tuberculose montrent que cette maladie est beaucoup plus fréquente dans les contrées à sol granitique, donc à eaux peu calcaires ; 2° « la construction de fours à chaux, dans un canton infesté jusque là par la tuberculose, a élé suivie rapidement, d’une diminution considérable du nombre des décès » (Prof. RENON).
B. — Action de l’adrénaline.
1° L’adrénaline, accroissant fort nettement la ventilation pulmonaire, semblerait donc, à première vue, devoir aussi augmenter les « échanges » respiratoires. Par suite, d’après les travaux du Professeur RoBin, ce médicament devrait être rayé de la liste des réminéralisateurs efficaces, plus utiles que nuisibles. |
Or, l'examen des courbes calciuriques montre un fait indiscutable. Malgré la coexistence de ce phénomène respiratoire, défavorable en apparence, le résultat final de l’action adrénalinique est une hypocalciurie fort appréciable. Cette constatation est un contrôle direct et du rôle antidécalcifiant de l'adrénaline, et de l'utilité de cette dernière, même dans les cas avancés de la bacillose.
Pour que la rétention calcique provoquée par l’adrénaline puisse se produire, ne faut-il pas que l’acidose, donc les oxydations exagérées qui l'engendrent, donc les échanges respiratoires sources des combustions internes soient diminués ?
Commert expliquer cette divergence paradoxale à première vue; une ventilation pulmonaire accrue et des oxydations intraorganiques diminuées? Simplement, par l’irrationnelle confusion de deux ordres de phénomènes nettement différenciés depuis Lavoisier : les combuslions vives, avec flammes, et les combustions lentes, sans flammes (les combustions intra-organiques
par exemple). Malgré l'identité possible des résultats (produits de combustion, chaleurs dégagées...), la divergence des processus sépare et permet la nette discrimination de ces deux modes d’oxydations. |
Dans les combustions vives, en cours d'action, n’interviennent essentiellement que deux facteurs, le comburant et le combustible. Dans les combustions lentes, un troisième élément joue un rôle primordial, le catalyseur. Ce facteur ici en effet est indispensable pour provoquer et entretenir la réaction chimique, l'oxydation du combustible par le comburant.
Dans une combustion vive, l'accroissement de comburant déclanche l'accroissement de combustion. C’est le principe du feu de forge, du chalumeau. Dans une combustion lente au contraire, il n’en est plus nécessairement de même. À une augmentation de comburant ne répondra une augmentation des oxydations que si l’activité du catalyseur croit ou du moins ne
— faiblit pas. L'activité catalytique diminuant, sous l'influence
d'un agent X (adrénaline, par exemple), un accroissement de comburant (hyperventilation pulmonaire) pourra très bien coexister avec une diminution des combustions (modération
des « échanges » respiratoires, dans l’exempie choisi).
La double action adrénalinique, ainsi interprétée, peut être schématisée par l’enchaînement suivant :
Hyperventilation pulmonaire.
Adrénaline ) Hypoactivité des catalyseurs oxydants intraorganiques — ralentissement des oxydations exagérées > hypoacidose —— hypocalciurie.et rétention calcique,
Autrement dit, l’'adrénaline, médicament de l'insuffisance surrénale, serait antidécalcifiant, parce que : frénaleur des combustions internes exagérées, modérateur de la nutrilion accélérée par l’intoxication bacillaire. L'efficacité : de cet agent thérapeutique découlerait en définitive de sa prescription rationnelle puisqu'étiologique (1).
(1) L'étude expérimentale du rôle antioxydant de l’adrénaline dans l'organisme serait
bien intéressante. « In vivo » ladrénaline se comporterait-elle comme un réducteur aussi puissant qu’ «in vitro »?