MÉDICALE
À. — Choix des malades.
1° L'élimination calcique est parallèle à celle des phosphates. Normalement, cette dernière varie avec l’âge : « Elevée dans le 1: âge, elle décroît, puis reste stationnaire de 20 à 50 ans pour encore diminuer ensuite » (Bras; loc. cit. p. 570). Pour avoir des chiffres calciuriques maxima, il y aura donc ici intérêt à choisir des sujets jeunes, L'hypercalciurie physiologique de la jeunesse s'ajoutant à l’hypercalciurie bacillaire, le rôle rétentionniste de l’adrénaline sera ainsi plus nettement appréciable.
2° D’après le Professeur RoBix (Association française pour l'avancement des sciences, 1908), «la déminéralisation calcique se manifeste déjà dans la période prétuberculeuse; elle s'accroît au premier degré de la phtisie, atteint son acmée au deuxième degré, ne se manifeste plus au troisième degré où l'élimination de la chaux tombe au-dessous de la normale ». Pour la même raison que ci-dessus, ne choisir de préférence que des bacillaires au deuxième degré de la tuberculose pulmonaire.
3° D’après le Docteur Rarxery (loc. cit. p. 461), chez le bacillaire, le bilan calcique est normal pendant les périodes de nonamaigrissement, et au contraire anormal pendant les périodes d’amaigrissement. Donc, ne choisir ici que des bacillaires en période d'amaigrissement, c'est-à-dire de déminéralisation active.
4 L'adrénaline devant être prescrite dans cette recherche d’une facon suivie, pour écarter tout risque d'hémoptysie pro-
pre CRE
voquée par ce médicament, par suite toute perturbation intempestive, ne choisir que des bacillaires non congestifs, ne semblant pas actuellement sujets aux hémorragies.
5° Pour les raisons énoncées ci-dessous, le régime fixé devra être observé strictement, d’une façon continue, pendant quelques semaines. Dans l'impossibilité d'isoler ou de surveiller | suffisamment les malades, ceci n’est rigoureusement possible que dans un sanatorium, afin d'éviter toute tentation ou fraude alimentaire en dérogation au régime, ne choisir que des bacillaires intelligents, de bonne et forte volonté pour refuser d'euxmêmes, pendant le temps voulu, minimum à dessein, tout apport alimentaire étranger au régime volontairement accepté. .
6 D'après A. Gaurier (loc. cit., p. 441), le travail cérébral augmente beaucoup l'excrétion de la chaux. Le repos intellectuel sera donc imposé aux sujets choisis. :
7° L'urine de l’homme se collecte aîsément, très exactement. Pas de même, chez la femme. Pour évaluer sérieusement la calciurie journalière, outre le volume et le taux calcique de l'échantillon urinaire prélevé, il est nécessaire de connaître rigoureusement le volume des urines émises en ?4 heures. Il faut pour ceci les avoir recueillies intégralement. Seuls, des bacillaires hommes seront donc choisis dans cette étude.
Autre raison, en faveur du choix des hommes. L'hydrurie quotidienne de l’homme sain est en moyenne de 1.400 centimètres cubes; elle n’est que de 1.200 centimètres cubes chez la femme. Dans le recueil ou la détermination de l'hydrurie quotidienne, on commet une erreur, 20 centimètres cubes par exem-
ple; par centimètre cube, cette erreur sera Er = 0,0142 chez ; 20 x el l’homme et 1200 = 0,0166 chez la femme, donc plus sensible chez cette dernière, du fait même de son hydrurie quotidienne plus faible.
8° Etablir un bilan calcique rigoureux, par entrées (aliments, boissons, médicament$) et sorties (urines, matières fécales, crachats, sueurs...) serait un travail des plus délicats et de très longue durée. Dans une première approximation (recherche
pour orientation), je me bornerai à la seule étude de la calciurie. Pour que cette dernière soit au maximum révélatrice, systématiquement, dans toute la mesure possible de la pratique, je me placerai dans les conditions où la calciurie est maxima. Les chiffres en exprimant les valeurs seront ainsi les plus grands «possibles. Les variations en seront d'autant plus appréciables que les écarts auront été davantage amplifiés. Cet artifice est d'autant plus indispensable que le centigramme est l'ordre de grandeur moyen des variations calciuriques (Bar, loc. cit., p. 2). Cette grandeur est au moins voisine des erreurs d’expériences cliniques et surtout des écarts alimentaires calciques pratiquement inéluctables (Courmonr et Rocaux, loc. cit, p.214). Le problème posé est la mise en lumière de l’'hypocalciurie provoquée par l’adrénaline. Sans doute, par le choix judicieux d’une méthode d'analyse chimique sensible au milligramme, par une conduite soignée des prélèvements et des analyses de chaux urinaire, on peut espérer rendre pratiquement négligeable cette cause perturbatrice, les erreurs d'expérience. Reste la nécessité de déterminer, le plus logiquement possible, avec l'appui des faits acquis, le régime alimentaire à adopter, qualitativement et quantitativement. Le choix, puis l'observation rigoureuse du régime sont, à mon avis, les clefs du problème posé.
… En résumé, le choix des bacillaires, idéal ici,. devrait porter sur des hommes jeunes, intelligents, de bonne et forte volonté, au repos intellectuel et physique, en période d'amaigrissement, ni congestifs ni sujets aux hémoptysies, au ?° degré de la tuberculose, eupeptiques. Pratiquement, autant qu'il sera possible, on se rapprochera des desiderata précédents.
B. — Choix d’un régime alimentaire.
Qualitativement.
lo « L'excrétion de la chaux est irrégulière et varie avec l'alimentation. » (A. GaAUTIER, loc. cit., p. 441). Élevée, l'alimentation calcique exagère la calciurie; faible, elle la diminue.