SAR EVE
De l'ignorance du taux calcique des ingesta, de la variabilité pondérale de ces derniers, découlent nécessairement l'imprécision et la variabilité de la calciurie alimentaire.
Pour éviter toute liypercalciurie provoquée par une alimentation accidentellement hypercalcique (perturbation pouvant masquer, si ce n’est transformer en hypercalciurie, l’hypocalciurie à mettre en évidence), il est absolument indispensable d'adapter un régime alimentaire constant pendant toute la durée des études calciuriques. Ce temps sera naturellement le plus court possible, l'observation stricte d’un régime étant généralement en raison inverse de la durée de ce dernier.
20 Pour mener celle étude à terme, il faut que le malade, facilement dyspeptique et anorexique, puisse tolérer, le temps voulu, le régime fixé, sans trop de dégoût ni de dommage. Donc, régime facilement digestible, le plus possible varié par les préparalions culinaires.
3 Pour que les résultats calciuriques des divers malades soient comparables entre eux, puissent former bloc, il sera désirable de donner à tous les bacillaires choisis un régime « omnibus », identique pour tous, à peu près acceptable pour eux temporairement. Ainsi éliminera-t-on de ce problème la variable « alimentation »..
L'élimination du facteur alimentaire implique’que, dans une première approximation, on considère comme fixe la composition des aliments ordonnés. En fait, cette dernière varie avec l’année, la dessiccation, la provenance. (Th. Robert : loc. cit). D'où la précision avec laquelle il faut choisir les conditions à adopter, pour essayer de résoudre un problème dans lequel des écarts alimentaires calciques modérés sont du même ordre de grandeur que les chiffres des sorties calciuriques; la concordance des variations de ces derniers permet seule dés déduclions claires et fermes.
4 Le régime hypercarné hyperexcite la sécrétion gastrique, donc digestibilité facile mais tendance à l’hyperchlorhydrie. « Il acidifie le sang et diminue les oxydations » (A. GauTiIER, loc. cil., p. 566). « IL favorise les fermentations intestinales
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acides » (D' Rarxery, loc. cit., p+ 439). Pour se saturer, cette acidose d'origine alimentaire provoquera la solubilisation des sels de chaux, alimentaires d'abord, en réserve dans l'organisme ensuite. Du seul fait de cette solubilisation provoquée par l'acidose, la calciurie sera augmentée (1) et l'élimination calcique fécale diminuée (LamBrine, loc. cit., p. 448). Dans le’ bilan des sorlies calciques, pendant régime hypercarné constant, l'erreur due à la chaux fécale indosée sera faible, approximativement constante et négligeable. La calciurie, à elle seule, ici, pourra donner sensiblement le taux et l'allure de la diminéralisation calcique de l'organisme étudié.
Autre avantage. Le régime carné est hypocalcique. Done, les écarts quantitatifs de régime, inéluctables pratiquement (2), ne perturberont pas trop sensiblement les chiffres calciuriques, puisque la calciurie provoquée par une faible quantité de sels de chaux ingérés en surplus sera faible.
Sans parler de son rôle excitant des forces (indiqué pour.des consomptifs), ni de son rôle frénateur des oxydations intraorganiques (opportun pour des bacillaires dont le trouble morbide serait précisément dû à une exagération des combustions internes), ni de sa richesse en fer (donc hémoglobinigène, antianémique, mais congestionnant), ce régime hypercarné, absolu, transitoire, serait donc, aussi avantageux pour l'étude calciurique, que pour le sujet choisi. En effet, bien que « déminéralisateur de par son acide phosphorique » (D° RarTkery, loc. cit., p. 461), on en constate le succès pour l’adolescent en croissance (D' Raruery, loc. cit., p. 440) (qui indubitablement,
- malgré ce régime acide, se reminéralise, puisqu'il grandit) et pour beaucoup de tuberculeux (D' Raraery, loc. cit.; p. 460) (3).
(1) La calciurie des 24 heures est de 0 gr. 31 avec un régime très animalisé, au lieu de 0 gr. 27 avec le régime mixte ordinaire (A. Gautier, loc. cit., p. 440). :
(2) En-plus, par surabondance d’une portion mal pesée ; en moins, par incomplète consommation de la portion, par inappétence ou anorexie.
(3) Pour dissiper l’apparente discordance d'une indéniable réminéralisation par un régime alimentaire acide, ny aurait-il pas lieu de distinguer ici deux phénomènes, souvent mais non nécessairement associés : l° l'hypercirculation, la mobilisation calcique, par solubilisation; 2° la fuite calcique, la déminéralisation, par dialyse rénale ?-Un régime hyperacide produirait bien toujours une hypérsolubilisation calcique ; mais non toujours une hypercalciurie. Pour qu’il y ait fuite rénale, en effet, il faut que les com-
posés calciques dissous soient dialysables, Pourquoi, sous une influence X, les composés calciques dissous ne pourraient-ils pas passer, en majorité, à l’état colloïdal