‹ MétallothérapieChapitre 20 sur 20 · THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE

Enfin, depuis que nous avons terminé nos recherches sur le choléra , les applications de métaux sont enirées dans deux nouvelles phases : l’une relative à une deuxième source de précieuses indications sur laquelle nous nous réservons de ne nous expliquer que plus tard, en un temps plusopporiun ; et l’autre, qui, bien que du domaine de la thérapeutique générale, se rapporle plus particulièrement au traitement des inflammations. Celte nouvelle et importante application des méfaux à la thérapeutique, nous la faisions un peu pressentir, il y a quelques jours , lorsque nous terminions par ces lignes un très-long article du Moniteur des hôpitaux (28 avril dernier), sur un cas de paralysie musculaire atrophie

que j guérie par nos armatures métalliques, dans le service de M. Rostan,

« Hélas ! qu’il nous soit permis de le dire en terminant : la pathologie et la thérapeutique du système nerveux ne sont probablement restées si en arrière que parce qu’en général on tient trop de compte des choses que l’on voit et pas assez de celles que l’on ne voit pas, il est vrai, mais dont l’existence est déjà inniable, bien que peu susceptible d’une démonstration mathématique. Avant Galvani et les expériences d’un grand nombre de physiologistes modernes, cette réserve était permise sans doute ; mais il ne saurait en être de même depuis que les expériences les plus positives , et peut-être aussi nos propres essais , tendent à démontrer qu’il y a en nous autre chose que des liquides et des solides , et qu’il existe un agent, force, fluide, influx nerveux , peu importe le nom , identique ou analogue à l’électricité, qui tient tous les phénomènes de la vie morale et physique sous sa dépendance ; directement saisissable par divers agents et certains procédés, parmi lesquels les métaux simples ou à l’état d’alliage occupent le premier rang. »

Qu’on applique maintenant la dernière moitié de ce paragraphe à une grande partie des maladies inflammatoires, et peut-être sera-t-on avec nous de cet avis, que , si l’école physiologique avait eu dans ses mains un moyen aussi précieux que le nôtre d’enlever le véritable stimulus des organes enflammés, soit par une soustraction directe, sorte de saignée nerveuse locale , soit en le forçant à une dérivation inoffensive vers d’autres points de l’organisme , cette école, vraie en ellemême, mats qui prit trop souvent l’ombre pour la réalité, ne se serait point abîmée dans un océan de calamités. Examinez par exemple ce qui se passe dans une névralgie sciatique : ici même, sur les parties de la jambe où se fait la fluxion nerveuse, chaleur, tension , rougeur quelquefois , battements violents des vaisseaux voisins avec un rhythme différent de ceux du cœur, et, si les courants nerveux continuent à se diriger de ce côté, bientôt vous aurez probablement affaire à une véritable inflammation du nerf ; tandis que dans les parties éloignées, les membres supérieurs par exemple , où il existe une diminution dans la circulation nerveuse, qu’attestent de l’anesthésie et de l'amyosthénie , la

circulation capillaire est souvent languissante, à ce point que des piqûres même profondes ne donnent pas de sang ou rougissent à peine. En cet état, faites cesser la fluxion nerveuse par une application dérivative de métal sur toutes les extrémités, et vous verrez souvent les phénomènes moi bidesse modifier eu moins de quelques minutes.

Pourquoi ne pourrait-on pas en faire autant dans une maladie inflammatoire proprement dite Pet de cette façon , atténuer au moins les symptômes réactionnels jusqu’à les empêcher d’être tout à fait incompatibles avec la vie?

Autre chose maintenant. Voici un engorgement , une tumeur indolente : l’organisme appauvri n’a plus assez de ressources en lui-même pour faire sur ce point les frais d une réparation. Si c’est uniquement parce que la circulation y est devenue languissante, ne pourra-t-on pas l’activer à l’aide de topiques de métal, et favoriser de la sorte une résolution trop lente à se faire? Quels inconvénients pourrait- il y avoir d’ailleurs à l’essayer ?

Et ces nombreuses maladieschroniques, qui , sans en excepter les plus graves affections des voies urinaires, ont quelquefois leur point de départ vers la surface cutanée , comme M. le Dr Fourcault l’a si bien établi, mais avec cette différence que ce sont les troubles de l’innervation qui précèdent ceux de la circulation , car ce n’est que consécutivement que se produit la diminution ou la suppression de la faculté perspiratoire à laquelle notre confrère a voulu faire jouer le plus grand rôle , n’aurait-on pas quelques chances de les combattre heureusement par des applications de métal vers les membres, en y ajoutant la précaution de bien mettre les aptitudes métalliques en évidence , à l’aide de divers moyens appropriés ?

Mais nous devons en avoir dit assez pour légitimer sur ce point nos espérances; nous craindrions, en insistant davantage, qu’on ne nous fit le reproche de vouloir faire, à notre tour, des applications de métal, une panacée ou bien une sorte d’eair distillée , suivant l’heureuse expression de M. le professeur Trousseau. Nous sommes sur ce point si à l’abri d'enthousiasme , grâce peutêtre à ce que depuis l’origine il a eu le temps de s’éteindre, ou que personne n'a pris le moindre soin de l'exalter , que,

nous le déclarons sincèrement, bien que le traitement des maladies nerveuses soit le triomphe des applications de nos métaux, il nous est arrivé de les trouver assez souvent infidèles, même dans ce cas, pour que nous fussions fort heureux que la nature prévoyante eût laissé à notre disposition d’autres moyens , tels que la gymnastique et l’hydrothérapie , qui , à nos yeux , sont ensuite les plus précieux. Seulement les métaux en applications ex¬

térieures ont cet immense avantage, que^ n’entravant jamais aucune autre espèce de traitement, ils ne peuvent avoir d’aulres inconvénients que de ne pas donner les résultats qu’on croyait pouvoir en espérer» Ceci nous amène tout naturellement à parler de notre nouvelle doctrine des névroses , et à passer en revue les divers moyens qui ont été mis en usage dans le traitement de cette grande classe de maladies.

ni

mmmM aas mmm.

Lorsque l'on vient â lire attentivement ce que les auteurs ont écrit sur l’étiologie des affeclions nerveuses (nous en exceptons la chorée , l’épilepsie , le tétanos et l’hydrophobie) , ainsi que sur différentes formes d’aliénation mentale, on ne tarde pas à se convaincre que, de toutes les causes les plus puissantes , ce sont surtout celles qui, comme une vie trop sédentaire , les passions et les émotions violentes , Y exercice habituel d'un organe au détriment de plusieurs autres , les troubles de certaines fonctions , etc., ont particulièrement pour effet de détourner Y influx nerveux de la voie normale qu’il doit suivre, et pour résultat d’amener une négation plus ou moins complète dans les fonctions des organes auxquels aboutissent les extrémités des nerfs conducteurs de cette force. Aussi est-ce le propre de toutes ces affeclions , de ne se présenter jamais qu’avec un certain nombre de ces divers phénomènes continus que dous avons appelés négatifs :

L 'analgésie ou Yanesthésie (diminution ou perte complète de la sensibilité cutanée) ;

L’ amyosthénie (diminution de la contractilité musculaire ) , et quelquefois même la paralysie de un ou plusieurs membres ;

La dysménorrhée ou Y aménorrhée (difficulté ou absence de la menstruation).

Le défaut de contractilité viscérale (constipation) ;

V abolition à divers degrés de la vue, de V odorat, de l’ouïe et du goût , etc. ;

et dans les troubles du moral ou de l'intelligence, Y annihilation plus ou moins complète de diverses facultés , de la conscience , de la mémoire , de la volonté , etc. Phénomènes qui , semblables à une sorte de pouls , sont merveilleusement propres à mesurer en tout temps, par leur intensité même , celle de tous les autres ( phénomènes positifs ), spasmes , névralgies , délire , etc., dont l’intermittence constitue au contraire un des caractères distinctifs.

Un déplacement de la force nerveuse de la périphérie vers le centre, qu’atteste le plus souvent une diminution de la sensibilité dans les membres, ce sont les supérieurs qui ordinairement s’affectent les premiers : \ oilà donc le symptôme initial d’une névrose, et quelquefois aussi d’une affection mentale. Mais que ce déplacement se fasse lentement, et presque toujours à lïnsu du médecin, et du malade, ou bien qu’il se produise avec éclat, comme dans une brusque suppression des règles, voici par ordre de leur succession quelles en sont les conséquences immédiates et presque nécessaires :

1° Une surabondance ou pléthore, quelquefois avec conscience de la part des malades, de la force ou fluide nerveux (1) dans les organes spéciaux , où

(t) V anesthésie , cst-il dit dans le grand Dictionnaire des sciences médicales, est le résultat d’une suspension dans l’action du fluide nerveux qui se porte aux différentes parties du corps. En voilà plus qu’il ne nous

!a nature le secrète, ou bien le met en réserve pour l’exercice de toutes nos fonctions;

2° Des désordres gastriques , pour tarir d’autant les sources premières de sa formation , et consécutivement tous les différents signes de la chlorose ;

3° Une accumulation déplétive de cette force, et presque toujours périodique sur tel ou tel autre point de l’organisme, qui,' souvent par son jeu habituel , la sollicite plus particulièrement , et fait appeler la dépense artificielle d'innervation dont il devient le siège tantôt crampes, asthme, migraines , gastralgie , sciatique , etc. etc.; d’autres fois hystérie y hypochondrie, mélancolie , délire monomanique , etc.

4° Enfin le rétablissement momentané de l’équilibre entre la dépense et la production du fluide nerveux, non pas de l’équilibre normal , mais bien de celui qui , sans cesser d’être pathologique , n’est pas entièrement incompatible avec la vie.

C’est ainsi que chez tel malade, qui n’a perdu par exemple qu’un peu de sensibilité à la peau ou de force dans les muscles, la nature supplée à la diminution dans la dépense de fluide nerveux qui en est la suite, au moyen de quelques crampes ou d’une migraine qui viennent souvent à jour et à heure fixes; tandis qu’un autre, chez lequel de violentes peines morales ou toute autre cause, ont amené de longue main une profonde perturbation dans les fonctions nerveuses, caractérisée alors par une anesthésie et quelquefois même une paralysie générale des plus intenses, n’a pas toujours assez, pour décharger périodiquement son organisme , des douleurs poignantes du rhumatisme ou de la sciatique, des convulsions effroyables de l’hystérie, ou bien encore du délire le plus furieux. Qu’importent en cet état le spasme, la névralgie, les convulsions ou le délire? et si , subissant la pression de ces phénomènes tout à fait secondaires, le mé¬

en faut pour nous servir de cette expression, que les auteurs paraissent tenir en général à éviter. Dans un prochain ouvrage, nous nous proposons de démontrer, par des expériences directes, la réalité de ce fluide, et, ce qui est plus remarquable, sa transmissibilité d’un individu à un autre, dans certaines conditions qui peuvent être parfaitement déterminées d’avance.

decin obéit exclusivement à leurs fausses exigences, au lieu de mettre tousses soins à ramener la circulation nerveuse à des conditions normales, à l’aide des différents moyens en son pouvoir, ses plus grands efforts pourront bien soulager le malade, ou même ne pas empêcher la guérison spontanée; mais ils ne seront certainement pour elle d’aucune utilité. Cela est d’ailleurs si vrai , que si, d’un côté, toutes les causes n’ont réellement de valeur dans la production des névroses, qu’à la condition d’amener presque toujours des désordres périphériques de la sensibilité ou de la motilité; de l’autre, l’expérience vient se mettre d’accord avec le raisonnement pour démontrer que, de tous les moyens de traitement, les plus réellement efficaces, ce sont précisément tous ceux qui, agissant avec le plus de bonheur pour le médecin et le malade à la façon de nos armatures, sont le mieux propres à ramener ces deux fonctions à leur état normal.

Exemples : les bains simples et composés, les bains de vapeurs, et surtout Y hydrothérapie, dont les effets expansifs poussent si fortement vers la peau et le système locomoteur ;

Les frictions sèches ou excitantes, de toute nature, particulièrement celles qu’on pratique sur les membres (1);

Les voyages , les différents exercices du corps, parmi lesquels il faut distinguer ceux d’une gymnastique appropriée;

électricitèmY électro-magnétisme et tous les appareils prétendus ou non magnétiques, galvaniques ou électriques, lorsque surtout on en a fait usage contre des paralysies nerveuses, ou que les symptômes positifs, qui out eu toujours le malheureux privilège d’appeler l’attention exclusive des médecins et des malades , se trouvaient précisément avoir le même siège que les phénomènes négatifs, comme dans la névralgie cubitale, et quelquefois aussi dans la névralgie sciatique ;

(t) Un médecin fort connu a Paris avait toujours soin de prescrire a ses gastralgiques des lotions excitantes sur les membres avec plusieurs litres d’eau, contenant un lüe d’ammoniaque. Nous regardons cette pratique comme fort heureuse, et nous ne doutons pas que sans elle les biftecks de ce médecin n’eussent été beaucoup moins souvent digérés par les malades.

Les violentes émotions , aussi bien celles qui sont amenées par une cause morale que par une cause physique, telle qu’une forte commotion électrique, le cathétérisme du tympan , la cautérisation brusque de l’hélix ou de toute autre pariie du corps, lesquelles ne sont réellement utiles qu’à la condition de débarrasser le centre au profit de la périphérie ( 1 ) ;

La strychnine et le sulfate de quinine , qui exercent sur le système nerveux une action si manifeste;

Les préparations de certains métaux, fer, zinc, cuivre, que nous avons déjà vues ne pas avoir d’autre action que ces mêmes métaux à l’extérieur, et pouvoir même être mesurés d’avance dans leurs effets à l’intérieur par ceux de leur application extérieure. (Note sur la chlorose, lue à l’Académie, dans Gaz . méd.)

Il n’est, pas jusqu’aux vésicatoires et au magnétisme animal lui-même, tel que nous l’avons vu pratiquer sérieusement à Londres, ou que nous l’avons employé nous-même un grand nombre de fois en ville et dans les hôpitaux, dont nous n’ayons pu suivre toujours les effets , armé d’une aiguille et d’un dynamomètre.

Quant à tous ces prétendus antispasmodiques , camphre , valériane ,castoréum y musc , asa fœtida , etc. , s’ils sont heureusement 5 la veille d’avoir aussi peu de crédit auprès des malades et des médecins , qu’il n’en reste déjà à tous les ■appareils magnétiques, galvaniques, électriques, ou simplement métalliques, parce qu’on ne savait ni approprier leur métal , cuivre ou acier, aux différents individus , ni les appliquer sur les parties convenables , c’est qu’évidemment ces agents n’ont eu et ne pouvaient jamais avoir qu’une action toute hypothétique sur le fluide nerveux. Notons cependant une exception en faveur de l’opium, qui présente assez souvent le double avantage d’exercer une sédation directe sur le système nerveux, et de diminuer l’iri-

(1) 11 est bien remarquable que les effets expansifs ou centrifuges de la frayeur produisent précisément dans le jeune âge, où, qu’on nous passe ces mots , la rupture des detenies nerveuses est si facile , une affection (la chorée) qui est tout l’opposé des maladies que nous traitons eu ce moment !..

tensité des nouveaux désordres en faisant taire les exigences de l’estomac , source première de leur formation.

Ah! que l’illustre Sydenham avait raison , lorsque devançant son époque , il disait dans son Traité sur T hystérie des femmes : * Il me paraît que ce qu'on nomme, dans les hommes, affection hypochoridriaque, et, en général , les vapeurs, provient du désordre ou mouvement irrégulier des esprits animaux (si Galvani eût vécu un siècle plus tôt , l’Hippocrate anglais se serait sans doute exprimé autrement), lesquels, se portant impétueusement et en trop grande quantité sur telle ou telle autre partie, y causent des spasmes ou même de la douleur, quand celle-ci se trouve douée d’un sentiment exquis , et troublent les fonctions des organes, tant de ceux qu’ils abandonnent que de ceux où ils se portent , les uns et les auîres ne pouvant manquer d’être fort endommagés par celle distribution inégale des esprits animaux , qui est entièrement contraire aux lo s de l’économie animale.» (Traduction de Baumès.) Et comment se fait-il que ces lignes d’une vérité si féconde soient toujours restées sans valeur dans les écrits de ce grand maître!..

Une affection nerveuse avec anesthésie et. amyosthénie étant donnée ( nous n’avons pas encore assez de faits pour être tout, aussi affirmatif à l’égard de T aliénation mentale),lout le traitement consiste donc à trouver un agent ou un moyen quel qu’il soit , gymnastique , électricité, hydrothérapie, métal à l’intérieur ou à l’extérieur, etc. , capable de ramener la sensibilité et la motilité à l’état normal.

Le meilleur agent qui paraisse exister, celui dont l’action ne manque presque jamais, est un métal bon conducteur de l’électricité, qui, suivant certaines conditions ou affinités encore mystérieures, est tantôt du cuivre , tantôt de l’acier ou du fer, d’autres fois de l’argent, de l’or, moins souvent du platine, etc., quelquefois même un alliage parfaitement défini de deux ou trois métaux, mais le plus souvent , 70 fois sur 100 environ, du cuivre ou de l’acier.

va. - rofflwi&s smppusâTosias limytpii® .

transformât ion de divers objets «te ln\c ou «le simple utilité eu moyens «le traitement.

Avant de décrire le nouveau système d’applications métalliques que nous destinons au traitement des affections nerveuses et mentales, à la préserva tiod du choléra et au traitement des crampes des cholériques, nous croyons indispensable de dire un mot de nos premières armatures , tant pour faire connaître noire méthode d'exploration t qui, dans quelques cas , peut rester une nécessité , que pour permettre au lecteur d’apprécier toutes les difficultés qu’il nous a fallu \ aincre, dans la création des nombreux éléments de notre traitement, et l’amener ensuite à mieux comprendre les différents avantages des nouveaux appareils.

1° Armatures métalliques.

(Premier système.)

Exploration ou désignation du mêlai convenable.

La première difficulté à vaincre , c’est de trouver le métal approprié à l’individu malade. Ce n’est encore que par le tâtonnement qu’on y arrive (1) ; pour

(1) Au mois de juillet 1852, dans une note aux deux Académies (voy. la Gazette méd.

cela il faut se munir d’une de nos boîtes d’exploration qui se compose :

1° D’un dynamomètre aussi exact dans ses divisions que commode dans sa forme (voyez ci- dessous l’instrument représenté de grandeur naturelle);

2° De quelques longues aiguilles d’acier ou de platine ;

3° De 25 à 40 petites plaques (0 à 7cen~ tint, sur 1 centim.) de loutes sortes de métaux à l’état simple et à l’état d’alliage.

de cette époque), nous avons commencé à parler de l’usage d’un galvanomètre très-sensible, mais avec des poignées de différents métaux, que nous destinons à établir les diverses aptitudes métalliques , ainsi qu’à compléter la démonstration d’un fluide particulier chez l’homme, comme cela a été fait déjà pour plusieurs poissons, que l’on a pour cela appelés électriques. Les aptitudes seraient désignées et mesurées par les déviations même des deux aiguilles asiatiques sur le cadran, sous l’influence d’une contraction énergique de la main droite et de la main gauche ; mais il y a toujours , dans les résultats de nos premières expériences, quelques inconnus qui nous forcent encore à garder une certaine réserve sur les précieux avantages de ce nouveau mode d’exploration métallique.

(Fig. 1.)

DYNAMO II ÊTRE ( tïeseripîiom ) .

£7(7, cercle d’acier de 6 cent, de diamètre sur un cent, de largeur, formé avec un excellent ressort de pendule roulé 7 à 8 fois sur lui-même. PP, poignées également en acier ou en matière très-dure, buis , ivoire , etc. , offrant à l’extérieur une disposition convenable pour l’application facile de la main, et creusées du côté de l’instrument d’une gouttière pour renfermer exactement les circonvolutions du ressort; celles-ci sont fixées par deux fortes vis, F, moitié sur les poignées et moitié sur deux collets qui terminent d’un côté une tige de support, F, et de l’autre, une crémaillère , M, à dents très-fines , destinée à faire tourner un pignon qui est placé eu arrière.

Le cadran est fixé par son centre à une distance suffisante de celui du dynamomètre, pour que même par la plus forte pression de la main (soit 80 kil.), il ne puisse jamais toucher au cercle d’acier du côté M; sa graduation se fait toujours directement avec des poids. B est une aiguille fixe à 0, hors le moment de la pression. A est le curseur qui doit marquer les divers degrés de la force.

Lorsqu’on veut explorer la force musculaire de quelqu'un, on fait saisir le dynamomètre à pleine main; puis une ou deux pressions seulement , exercées rapidement et avec toute l’énergie possible, suffisent pour en donner l’expression véritable. Disons cependant que dans un premier essai, il peut arriver que le défaut d’habitude fasse perdre au sujet quelques kilogr. de sa force; dans ce cas, l’on attendra quelques minutes , pour laisser à la force nerveuse le temps de reprendre son niveau ; puis une nouvelle pression devra donner le chiffre exact de la puissance musculaire du membre soumis à l’expérience.

Arrivé auprès du malade , s’assurer d’abord avec soin de l’état de la motilité et de la sensibilité, en ayant égard pour celle-ci à la distinction que M. le Ih Beau a établie entre la sensibilité du tact et la sensibilité de douleur. (L 'analgésie, qui ïi’est que le premier degré de l’anesthésie,

signifie perte de là sensibilité de douleur, mais avec conservation de celle du tact, qui a disparu au contraire dans l’anesthésie.)

Appliquer ensuite successivement une ou plusieurs de nos petites plaques , à commencer par celles de cuivre et d 'a-

cier, sur les points où la sensibilité est le plus en défaut , ou mieux encore , pour peu que l’analgésie ou l’anesthésie ait gagné la face dorsale des doigts , garnir toutes les troisièmes phalanges de ces mêmes plaques disposées en anneaux , et les laisser appliquées, comme dans la figure ci-dessous , jusqu’à ce qu’après un quart d’heure ou une heure au plus, on

arrive à trouver un métal qui ait ramené la sensibilité au-dessous de lui.

Ce résultat obtenu et bien constaté par une ou deux nouvelles applications , on fait disposer avec le métal désigné par cette première exploration un anneau ou bracelet d'armature de l’une des formes ci-après

Aimeanx.

(Fig

pour l’un des deux avant-bras, qui est à la fois anesthésique et amyo sthénique, et si au bout d’un quart d’heure à demiheure de son application , quelquefois dix minutes et même moins suffisent, la sensibilité et la motilité ont fait des progrès manifestes, ou si même, parce qu’on ne les a interrogées qu’après que le métal a opéré une soustraction trop considérable de l’influx nerveux (l) , elles ont sensiblement diminué l’une ou l’autre, il ne reste plus qu’à faire disposer une armature composée ordinairement de deux grands anneaux pour chaque membre, et de deux plaques pour le tronc. Le malade devra en faire usage le soir, à son coucher, ou à tout autre moment, si cela lui est plus commode, à la seule condition de se tenir chaudement pendant tout le temps de l’application , et il restera ainsi armé deux, quatre, huit

(1) Le fluide nerveux se répare si promptement, qu’alors même que sa soustraction a été portée très-loin, comme nous en avons été témoin une fois sur un militaire du service de M. Boudin ( hôpital du Roule) , qui, après toute une nuit d’application du cuivre , conservait, le lendemain, à peine assez de force pour se tenir sur ses jambes , il ne peut y avoir à cela d’autre inconvénient que d’obliger les malades à garder le repos pendant un jour ou deux.

et dix heures de suite, suivant l’intensité des effets à obtenir. Avec ce seul moyen , aidé de quelques prescriptions hygiéniques accessoires , d’exercices musculaires pour maintenir la force et la sensibilité , développées artificiellement par le métal ; plus , bien entendu , l’éloignement des causes cpii avaient engendré primitivement les phénomènes négatifs (anesthésie, amyosthénie ) , si elles duraient encore , on est presque toujours assuré de la guérison , à moins , ce qui est rare , que les armatures ne viennent à perdre leur action. Dans ce cas , il peut être nécessaire de pratiquer une nouvelle exploration , ou bien , la résistance de la maladie tenant à ce que nous avons appelé des aptitudes métalliques dissimulées ( dissimulées par un trop grand état de fixité de la force nerveuse ); il faut mettre ces aptitudes en évidence à l’aide de certains moyens que nous indiquerons plus loin.

(Voir à l’appui les nombreuses observations qui ont été publiées dans notre thèse inaugurale, février 1851, ainsi que dans les collections des dernières années de la Gazette médicale } par MM. les Drs S. Pierre , Coffin, Salneuve , et Liendon ; tous anciens internes dans les différents services des hôpitaux de Paris , où nous avions fait le plus grand nombre d’expériences.)

Armatures métalliques.

Premier système.

(Fig, 3.)

armatures une imperfection notable résultant de leur sécheresse habituelle.Tous ceux qui ont lu nos communications académiques de 1849, sur le traitement des crampes des cholériques par les anneaux de cuivre , se rappelleront en effet que plusieurs fois , à cette époque , nous avions été obligé de mouiller le métal avec de l’eau salée, pour triompher de l’aridité de la peau de certains malades. De là donc , pour nous, la nécessilé de modifier ce premier système d’ armatures, et d’en créer un autre qui , à l’avantage de permettre à volonté l’application sèche ou humide du métal , joignît celui d’être tellement simple , si commode en luimême , et si bien à la portée de tous , qu’il pût inviter en quelque sorte les médecins et les malades à le mettre en pratique. Ce système , le voici avec les principales applications que nous en avons faites.

Telles étaient , il y a quelques mois encore, notre méthode d’exploration , et la forme de ces applications métalliques cpii, gardons-nous pour cela de jamais en médire , nous ont déjà procuré tant et de si remarquables guérisons, souvent alors même que la médecine de nos maîtres semblait avoir dit son dernier mot. Outre les inconvéniens et les difficultés diverses qu’elles présentaient l’une et l’autre , ainsi que chacun peut l’avoir déjà remarqué, il y ayait encore dans nos premières

Wouveau système d'applications métalliques.

« Plus de 150 névropathiques de toute espèce, disions-nous le 1er juin 1852, dans une lecture à l’Académie impériale de médecine , sur F étude et le traitement de la chlorose par les métaux 3 traités à l’extérieur par les métaux , ou simplement soumis à des explorations de métal , nous ont offert des différences très-marquées, desquelles il résulte que

tous les individus pourraient être classés, par rapport à leurs différentes aptitudes métalliques j d’après une échelle de 100 divisions, ayant le cuivre à une extrémité, et le fer à l’autre. Ces deux extrémités de l’échelle sont comme deux pôles opposés qui ne sauraient jamais se confondre , et tel qui est sensible au fer ou à l’acier se montre insensible au cuivre et réciproquement , sans que l’on puisse dire pourquoi cette différence , et pourquoi l’anesthésie, par exemple , qui s’en ya chez les uns sous l’influence du premier métal , disparaît au contraire chez les autres avec l’application du cuivre; ou pourquoi la chlorose, qui guérit très-bien , dans un cas , par le fer à l’intérieur, persiste dans un autre avec ce même traitement , tandis qu’elle cède rapidement lorsqu’on vient à remplacer les préparations martiales par un sel de zinc ou de cuivre.

30 à 35 divisions de l’échelle nous ont paru appartenir au fer ou à ses composés (les’ diverses qualités d'acier) ; un nombre à peu près égal est au cuivre ou à son alliage, le laiton , et le reste , c’est-à-dire les 30 à 35 divisions du milieu, ouïe tiers moyen de l’échelle, à peine, serait occupé par les autres métaux, or, argent, platine, etc.»

Réunir par conséquent les agents les plus actifs de la métallothérapie sous la forme de quelques appareils d’un emploi parfaitement sûr et commode, tel est le but que nous devions nous proposer , et que nous nous sommes efforcé d' atteindre le plus heureusement dans notre nouveau système d'applications.

Bagues.

(Fig. 4).

CC ■ G/ïls (■ , y-.

«Ce système consiste à faire intervenir à la fois le cuivre rouge (1) et le cuivre jaune ou laiton , l’ acier d'Angleterre et l’ acier d' Allemagne , dans la confection de plusieurs appareils ou objets d’utilité, de religion ou d’agrément, pour la plupart d’un usage habituel, tels que bagues , médailles , bracelets , colliers , buses de corsets , chaînes , baignoires, etc., dont la forme est tout à fait indifférente en elle-même , si elle est agréable aux malades, ou du moins ne peut leur inspirer aucune répugnance , mais où ces quatre métaux doivent se trouver réunis à peu près en égale proportion , et offrir une disposition telle qu’ils puissent s’appliquer aussi exactement que commodément sur les différentes parties du corps auxquelles on les destine,

« Présenter une surface d’application directement en rapport avec l’intensité des effets à obtenir,

« Et surtout que, dans tous les cas où la forme de 1 appareil ou de l’objet le comporte , et où il y a avantage à le faire , on ait la faculté d’appliquer à volonté , soit isolément, soit simultanément, les deux cuivres et les deux aciers. »

(t) Je ne me sers du mot cuivre rouge qu’à défaut d’un autre et pour la facilité de la description ; car ce n’est pas exactement du cuivre pur, et tel que le fournit le commerce, ainsi que cela a lieu pour les autres métaux, que l’on doit employer, mais bien un alliage renfermant : cuivre rouge , 88 % ; zinc, 10 % > cuitimoine, 1 % ; étain, 1 %.

L’expérience nous a appris que le métal ainsi préparé offrait beaucoup plus d’avantages.

1° La figure 4 représente deux bagues, l’une A, moitié en cuivre rouge, moitié en cuivre jaune ( laiton ) , et l’autre B , en acier d' Angleterre et en acier d'Allemagne, également par moitié. Veut-on faire usage sous cette forme des quatre métaux à la fois , on porte les deux bagues soit à un seul doigt, soit à deux doigts de la même main. A. ou B suffit seule au contraire, lorsque c’est aux deux cuivres ou aux deux aciers qu’on veut seulement avoir affaire.

QW/R

Médailles.

(Fig. 5.)

La figure 5 représente une médaille de grandeur naturelle : sur Tune de ses faces, se irouve le cuivre rouge et le cuivre jaune , et sur l’autre, Y acier d’ Angleterre et V acier d* Allemagne. Les métaux sont en feuilles minces de y2 à 1 millimètre d’épaisseur, mais rivées sur une rondelle R de cuir ou de drap , afin de prévenir le contact galvanique des deux cuivres avec les deux aciers.

CSiaîases.

(Fig. 6. — Fig. 7. — Fig. 8.)

La figure 6 représente une autre forme d’application du même système, destinée plus particulièrement aux applications métalliques humides, ou bains de métal. Ici les petites plaques sont simples, et servent , par l’addition de nouvelles séries de deux ou de quatre plaques de métaux différents, à composer des chaînes de toute longueur, offrant à volonté les deux cuivres ou les deux aciers , ou bien ces quatre métaux en même temps.

Armatures

(nouvelle forme).

La figure 7 représente une nouvelle forme d 'armatures métalliques j composées de 4, 8,12, 15, 20, 30, etc., petites plaques ou éléments doubles, cuivre rouge et acier anglais, laiton, et acier d'Allemagne , offrant alternativement d’un côté le cuivre rouge et le laiton , et sur le revers, Y acier d' Angleterre et F acier d’Allemagne ; chaque plaque peut présenter en relief un dessin ou une légende, pour indiquer les différents modes d’application, et donner en même temps aux métaux une certaine rugosité, qui leur est quelquefois fort utile. Le contact galvanique des cuivres et des aciers est prévenu à l’aide de petits flancs de carton, découpés dans leur milieu de manière à y permettre la libre circulation d’un lacet élastique (mw), qui sert à fixer, et au besoin à tenir éloi-

Lüer, Paris, place de l’École-de-Médecine , 19.

gnés les uns des autres, tous les petits

éléments de l’appareil.

Si l’on veut avoir sur la peau les deux cuivres ou les deux aciers, on applique l’armature d’un côté ou de l’autre, et lorsque les quatre métaux doivent s’y trouver à la fois , il suffit d’en retourner la moitié sur l’autre face, ou bien d’enfiler préalablement les éléments, de manière à offrir alternativement, des deux côtés, le cuivre rouge , le laiton , V acier (T Angleterre et V acier (V Allemagne. 11 est extrêmement commode d’appliquer ces quatre métaux sous cette forme, soit qu’il s’agisse d’en faire un simple bracelet, un tour de tête ou un collier, ou bien qu’il soit nécessaire d’avoir des ceintures de grande dimension, comme pour la préservation du choléra : aussi cette nouvelle forme d’armatures est-elle en possession maintenant de toutes nos préférences, et ne négligeons-nous jamais de l’adapter à tous les autres métaux , or,

argent, etc., que vient à nous désigner l’exploration , après que le cuivre ou l’acier ont été reconnus sans influence. Ajoutons même que, sauf la nécessité des applications humides, des frictions etdes flagellations métalliques , cet appareil peut suffire parfaitement à tous les cas, et que si nous ne nous sommes point borné, pour les applications sèches „ à celte seule application de notre nouveau système , que la modicité extrême de son prix rend doublement précieuse , c’était afin de nous mettre d’accord avec le goût, les sentiments , ou même les caprices de tous les malades.

Colliers.

La fig. 8 représente un collier de métal , dont la forme très-connue est fort usitée pour les enfants en bas âge ; ce petit appareil est fort précieux.

Hase de corset.

(Fig. 9.)

La fig. 9 représente un buse de corset vu sur ses deux faces : sur l’une d’elles AA, cuivre rouge et cuivre jaune; sur Y autre BB, acier d’ Angleterre et acier d’Allemagne.

On pourrait encore faire des buses qui présenteraient les quatre métaux d’un seul côté, mais il n’y aurait à cela aucun avantage.

Brosses métalliques.

(Fig- 10.) (Fig. 11.)

Cataplasmes métalliques.

(Fig. 12.)

La fig. 10 représente une sorte de brosse pour frictions métalliques , imitée du strygille; les galets en buis de l’instrument indien ont été remplacés par des galets de métal, cuivre rouge, acier d'Angleterre , laiton et acier d’ Allemagne , molîetés ou creusés légèrement en sillons à leur surface, afin, d’ajouter l’action mécanique des brosses ou gants de crin et autres à celle des métaux.

Les brosses métalliques peuvent donner les meilleurs résultats, dans tous les cas où la médecine a eu enfin l’heureuse idée de tirer parti des frictions à la peau.

Verges métalliques.

La fig. 1 1 représente des verges à flageller. On s’en sert toutes les fois qu’il faut agir énergiquement sur la peau ou sur les masses musculaires de différentes régions. Elles sont formées d’une centaine de fils de 1 millimètre de diamètre, des quatre métaux à peu près en égale proportion.

La fig. 12 représente une ouate ou sorte de cataplasme métallique. C’est une carde de ouate de coton de 30 centimètres sur 25 environ, sur l’une des faces de laquelle on étend une légère couche de limailles ou de petites perçures de cuivre rouge, de cuivre jaune , d 'acier d'Angleterre et d'acier d' Allemagne , mélangées préalablement avec quantité suffisante de dissolution de gomme , de sucre ou de mélasse (ce dernier corps pour empêcher Eoydation des métaux et donner

à la ouate une certaine malléabilité), puis recouvertes de quelques filaments de ouate, pour effacer leurs aspérités. (Nous avons renoncé à ce dernier mode d’applications, parce qu’il coùie plus cher que les autres , sans offrir plus d’avantages.)

Pour ces trois derniers modes d’applications métalliques, brosses et verges métalliques d’un côté, cataplasmes de l’autre, il résulte évidemment de la rapidité des flagellations et des frictions qui, dans les deux premiers cas, amè¬

nent presque à chaque instant les métaux appropriés au contact des parties sur lesquelles on veut agir, et, dans le troisième (cataplasmes), de la ténuité même des métaux , qui ne laissent aucune des parties de la peau échapper à l’action de l’une ou de l’autre qualité de cuivre , ou d’acier, qu’il n’y aurait aucun avantage à adopter toute autre disposition qui permettrait, de ne se servir, à volonté sous la même forme, que de deux métaux seulement.

El ai lis

(Fig. 13.)

La fig. 13 représente une baignoire formée par égales parts des quatre métaux indiqués, ou mieux des deux cuivres ou des deux aciers seulement, pour appliquer par une très-large surface, aussi bien à Y état sec qu’à Vêlai humide, tantôt le cuivre rouge et le laiton , tantôt l’ acier d' Angleterre et Y acier d’ Allemagne j ou bien enfin ces quatre métaux à la fois. Dans ce dernier cas, la personne se place indistinctement à l’un ou à l’autre bout de la baignoire , et on la recouvre ensuite jusqu’aux parties supérieures du corps de limailles ou de débris des quatre métaux , comme s’il s’agissait d’un bain de sable ordinaire. Cette forme de bains convient plus particulièrement aux applications sèches, mais elle est encore peu usitée.

Pour les applications humides , ou les bains métalliques simples , le malade se place du côté des deux cuivres ou des deux aciers, suivant ses aptitudes particulières pour le métal ; mais , si on a lieu d’hésiter entre le cuivre et l’acier, on lui prescrit de passer la moiiié du temps sur un métal, et la seconde moitié sur l’autre.

La baignoire est faite de telle sorte qu’elle puisse se mouler assez exactement sur les différentes saillies ou contours du dos, et pôuraugmenter les surfaces de contact, il faut recommander aux malades de laisser leurs membres toujours appliqués contre ses parois ; si l’on voulait faire mieux encore, sans recourir aux bains de limaille, il faudrait entourer de chaînes, comme celles de la fig. 6, les parties du corps qui ne peuvent point être mises directement en rapport avec le métal de la baignoire.

La durée du bain varie d’un quart d’heure à une heure et même plus ; on peut augmenter son action en y ajoutant 2 ou 3 kilogr. de sel de cuisine.

Dans tous les cas où l’on emploie des limailles , il faut choisir celles qui ne contiennent pas de poussière , et qui, comme les perçu res de cuivre au d’acier que l’on obtient dans la fabrication des boulons ou des perles, sont assez grosses et assez arrondies pour ne jamais pénétrer au dedans de la peau.

Le lecteur connaît maintenant les principa'es applications de notre nouveau sys-

tème pour le traitement des affections nerveuses , mentales et chroniques s depuis le simple anneau au doigt, dont les bagues de Georget nous ont appris à faire quelque cas, jusqu’aux applications les plus larges , sous forme d 'armatures et de bains. Tous ces appareils sont d’un prix tellement modique , qu’il n’y a personne qui ne puisse se les procurer (1).

[Nous en exceptons les baignoires, dont le prix élevé n’en permet l’usage que dans de grandes maisons comme les Néothermes j rue de la Victoire, 54, où nous avons fait établir les premières , avec le concours de M. le Dr Bouland , et les bains de Rivoli , rue de Rivoli, 24, qui depuis ont tenu à honneur d’imiter ce magnifique établissement.

Au besoin, chaque médecin saura bien y ajouter lui-même de nouvelles applications, en se fondant sur les mêmes principes, s’il venait à rencontrer, par exemple, comme cela nous estarrivé deux fois à nous-même , telle grande dame qui aurait de la répuglance à admettre nos précieux, mais, il est vrai, bien vulgaires métaux (le cuivre et V acier) , autrement que sous la forme extérieure d’un riche bracelet. 11 n’est pas jusqu’à des gants, des boltines, des pantoufles ou de simples semelles , que l’on ne pût tresser avee des perles des quatre métaux et un fil de coton ou de soie, à la façon de certaines bourses, pour ces pauvres malades dont la périphérie est si délaissée par le fluide nerveux , qu’elles en ont toujours les extrémités toutes froides.

Ces dernières applications , qui auraient probablement un grand succès dans les mains de quelque industriel habile, nous les avons faites plus simplement quelquefois en nous bornant à saupoudrer de limailles de cuivre ou d’acier les bas ou les gants des malades , que nous choisissions tout exprès en laine ou en * coton.

Dans le but d’augmenter encore les facilités de notre traitement , nous prévenons volontiers, surtout chez les personnes du monde, les petits inconvénients qui peuvent résulter de l’oxydation des métaux pour la proprété du corps , en

faisant dorer ou argenter nos bracelets , armatures , médailles et coltiers, etc. ; mais à la condition trèsexpresse qu’une expérience préalable nous a toujours bien averti d’avance qu’une très-mince couche du métal qui sert à faire cette opération ne nuit pas sensiblement à Vaction du cuivre ou de V acier ; dans le cas contraire, il faut ou que les malades renoncent au bénéfice de notre traitement , ou que celles dont la peau est si tendrement délicate , si parfaitement blanche , que nos armatures, devenues intelligentes , devraient ne point la profaner, se résignent à l’exposer à quelques taches de rouille ou de vert-de-gris, qui du reste, nous nous hâtons de les rassurer, cèdent facilement à des lotions d’eau savonneuse ou d’une solution légère de sel d’oseille (une pincée environ pour la contenance d’un verre d’eau).

Nota. Pour éviter de nombreux mécomptes aux médecins et aux malades, et nous dégager dès le début de la responsabilité d 'appareils frelatés, nous les engageons à ne s’adresser jamais qu’à des personnes dignes de toute leur confiance, soit pour avoir de nos armatures, soit pour faire faire elles-mêmes différents objets de leur goût avec les quatre métaux de notre système. Cette recommandation est d’autant plus nécessaire , que , d’un côté , notre cuivre rouge est un alliage de zinc, à' étain et d’antimoine, qui doit être fondu tout exprès, et par cela même se trouve à un prix plus élevé que le cuivre du commerce, et que de l’autre la valeur des aciers étant par rapport à celle des tôles de fer à peu près comme 50 est à 6 , sans que personne puisse , soit à la vue, soit au toucher, établir, d’après le polP de ces métaux , la moindre différence , la fraude des appareils est on ne peut plus à redouter.

Notre fabricant de confiance est M. Lüer, l’habile fabricant d’instruments de chirurgie , place de i’École-de-Médecine , à Paris.

(1) L’appareil le plus cher, une armature formée de 50 éléments ayant 4 mètres de long, coûte 10 francs à peine chez M. Lüer ; le prix des baignoires s’élève au contraire de 4 à 500 fr.

lévroses aiguës et chroniques.

Traitement préservatif.

S’il est un groupe de maladies où la médication préventive doive dominer, c’est assurément celui des névroses ; car non-seulement ces affections ont dans leur manière de se produire, ainsi que nous l’avons dit déjà , une logique parfaite qui , bien comprise , rend la préservation très-facile, mais encore parce qu’une fois qu’on les a laissées prendre droit de domicile , il n’est malheureusement que trop fréquent de voir leurs victimes vouées pour la vie à une longue suite d’infortunes.

Aussi ne saurait-on, de bonne heure , exercer trop de surveillance sur le système nerveux de tous les êtres qui présentent des antécédents fâcheux dans leur hérédité !... S’agit-il , par exemple , d’un enfant dont le père et la mère sont tous deux névropathiques : que dès les premiers mois de sa naissance , on lui fasse porter un petit collier comme celui de la fig. 5, au lieu de ces petites sphères en os , en ambre ou en ivoire, qui ne sont probablement devenues d’un usage banal que parce qu’on n’avait rien de mieux à mettre à leur place. Lorsque viendra l’époque de la dentition , les quelques grains de métal dont le petit appareil se compose seront souvent très-utiles pour dépouiller le jeune sujet de l’excès de force nerveuse , qui se traduit si souvent alors en une grande agitation, et quelquefois par de funestes convulsions.

Au besoin même , il faut savoir y ajouter deux anneaux de la forme de ceux de la fig.l, mais assez grands pour s’appliquer alternativement à l’un ou à l’autre bras, immédiatement au-dessus du coude, et si cela ne suffisait pas à diminuer au moins l’agitation du petit malade , c’est que pas un des quatre métaux ne lui serait approprié. Dans ce cas, on fera bien de tenter une exploration métallique sur les parents , et de remplacer les deux métaux cuivre et acier par le métal qui aurait alors le mieux réussi.

L’enfant a grandi; les convulsions, la coqueluche , et les autres accidents nerveux de la première enfance, ne sont plus à redouter. Si c’est un garçon , maintenez l’application des deux anneaux au-dessus des coudes ; si c’est une demoiselle , sa

coquetterie naissante lui fera préférer sans doute un ou deux bracelets des mêmes métaux, surtout si vous prenez soin d’en faire dorer ou argenter la surface extérieure, à moins qu’elle n’aime mieux garnir ses doigts d’une ou plusieurs bagues, dont il vous sera toujours loisible de soumettre la forme à ses petits caprices. Ne faites point fi, dans aucun cas, de ce simple moyen de spoliation, ainsi que de nos médailles, car le succès des anneaux de Georget (1) vous prouverait au besoin qu’il n’y a pas plus de petits moyens en médecine qu’en politique. Jusqu’à l’époque de l’adolescence , éloignez les deux enfants d’une vie trop sédentaire ou trop studieuse , et prenez grand soin de fortifier leur système musculaire par toute sorte d’exercices appropriés à leur sexe. C’est ici que la gymnastique vous rendra souvent de véritables services , et si , dans les différents exercices des bras , sur lesquels il faut surtout insister, à moins de contreindication spéciale , la jeune fille venait à perdre quelque chose de la gracilité de ses mains, rassurez-vous, son mari trouvera d’amples dédommagements dans la fraîcheur de son teint et dans la richesse de sa taille. Fai tes ensuite que la jeune fille qui va devenir pubère se trouve à l’abri des émotions de toute espèce, et gardezvous, pour ce motif, de lui permettre des relations prématurées dans le monde.

Que son corset serve seulement à maintenir ses formes , sans exercer de constriclion sur la taille; que sa couchette soit plutôt dure que molle , et que le sommeil , commencé à des heures régulières, ne se prolonge pas au delà du strict nécessaire. Nous ne devons pas en effet perdre de vue que , dans le repos de la nuit, nous amassons beaucoup et que nous ne dépensons guère. Le matin , au sortir du lit, lotions froides sur tout le corps, alors même que le sujet , par sa faiblesse apparente, semble bien peu les réclamer, suivies de quelques frictions sèches sur les membres, et enfin alimentation fortifiante, sans la porter jamais jusqu’à une excitation abusive.

(1) Il nous arrive quelquefois de rencontrer des névropathiques qui sont analgésiques dans les membres supérieurs, partout ailleurs qu’au voisinage d’une bague, dont le métal , or, argent , cuivre ou acier, s’est trouvé leur être parfaitement approprié.

Chacun peut avoir de fréquentes occasions de vérifier le même fait.

Si vous observez avec soin ces différents préceptes , qu’indique une saine raison autant que l’expérience, la puissance nerveuse sera ainsi maintenue dans un juste équilibre ; la jeune fille ne perdra rien de sa sensibilité ni de sa. force musculaire , et vous verrez ensuite la menstruation s’établir sans difficulté à l’époque marquée par la nature. Dans le cas contraire, craignez les orages pour ce moment très -cri tique de la vie des femmes. Si la fonction nouvelle est difficile à s’établir, vous aiderez puissamment les efforts expulsifsde l’utérus par une armature des quatre métaux, que vous ferez porter dans le jour autour des reins et sur le bas-ventre, et la nuit au voisinage des organes sexuels.

Chez l’adolescent, les accidents nerveux , d’ailleurs moins à craindre , seront aussi plus faciles à conjurer; il suffira pour cela de lui faire observer les prescriptions générales d'hygiène que nous avons notées précédemment, de veiller à ses relations, à ses nouvelles habitudes, dès que l’heure des passions aura sonné, et de fortifier en lui le goût que nous avons presque tous, à cet âge, pour les armes, l’équitation, lâchasse et les divers exercices du corps, afin de lui donner une occasion agréable de dépenser avec fruit les richesses de son innervation.

A l’aide de ces simples précautions, l’âge mûr viendra sans traîner â sa suite le triste cortège des maladies nerveuses de notre époque : l’homme sera robuste, la femme une mère féconde, et si plus tard ils ont su l’un et l’autre ne se laisser jamais abattre ou exalter par les chagrins ou les joies de la vie, ils auront le bonheur d’arriver tous deux, paisiblement et sans orages, à cette période de l’existence où le système nerveux cesse enfin d’exercer sa funeste prépondérance.

Traitement curatif.

Mais, si le génie du mal triomphe, soit hélas! parce que personne n’a su tracer aux malades les règles d’une bonne hygiène , soit par toute autre cause ; que les désordres nerveux se traduisent par une migraine , un rhumatisme , des névralgies ou viscéralgics de la tête, du cœur, des entrailles , de l 'utérus, delà vessie, etc., ou bien par des spasmes de tel ou tel autre organe, de l 'estomac, du cœur, des poumons (asthme) , etc.,

que les spasmes soient généraux (attaques d’hystérie) ou partiels (palpitations du cœur) , qu’ils s’accompagnent de perle de connaissance ou non, qu’il y ait hypochondrie, mélancolie , ou bien encore des désordres plus graves du moral ou de V intelligence , sauf de rares exceptions, et à la différence d’intensité près, l’affection, nous l’avons déjà dit, est absolument la même , malgré ces formes si diverses de névropathie, et réclame dans tous les cas le même traitement.

Quels sont les métaux qu'il faut appliquer P

ûa première question qui se présente pour appliquer utilement une de nos nouvelles armatures (ce que nous allons dire pour ces appareils s’applique également à tous les autres), c’est de savoir à quel métal des deux cuivres ou des deux aciers il faut donner la préférence.

Lorsqu’il s’agit des crampes du choléra ou de la préservation de ce fléau , la réponse n’est, pas douteuse, et c’est le cuivre qu’il faut appliquer directement à la peau; mais, dans le traitement des névroses, voici comment il faut procéder. Si le temps presse, si l’on a à faire avec l’un de ces accès nerveux qu’il importe d’arrêter immédiatement , comme une violente attaque de nerfs , un délire furieux, etc., appliquer aussitôt tous les quatre métaux à la fois, en donnant aux petits éléments (cuivre et acier) l’une des deux dispositions que nous avons indiquées dans la description des armatures.

Dans les circonstances ordinaires, le sujet a-t-il été traité antérieurement par des préparations martiales, et il est bien peu de névropathiques qui, de nos jours , il aient point usé du fer sous quelque forme , si l’administration de ce métal lui a rendu des services , ce sont les deux aciers qu’il faut appliquer; dans le cas contraire, c’est en faveur du cuivre qu’existe la présomption ; celle-ci sera même d’autant mieux fondée, que le malade aura déjà offert des signes plus manifestes de somnambulisme. INous avons vu en effet qu’il résultait de nombreuses expériences , fort importantes pour l’avenir du magnétisme animal ou du somnambulisme , que tous les sujets somnambules sont sensibles à X action du cuivre , el. réciproquement , de telle sorte que ce métal.

dont nous avons commencé à faire connaître les propriétés en ce cas merveilleuses , aussi bien que celles tout opposées de l’acier , est comme une pierre de touche très - précieuse pour désigner et l avance les différentes aptitudes à cet état maladif que nous connaissons sous le nom de somnambulisme.

Mais le malade est-il vierge de toute espèce de traitement , n’a-t-il jamais offert de traces de somnambulisme, ou bien les renseignements que l'on peut tirer de ses antécédents sont - ils insuffisants , dans ce cas, il y a trois partis à prendre :

1° Faire une exploration des deux métaux sur la sensibilité des avant-bras, toujours avec le soin cle tenir un compte exact de la différence qu’il y a entre la sensibilité de tact et la sensibilité de douleur. Pi ur cela , appliquez le plein de l’armature sur la nuque et faites-la descendre ensuite en spirale , moitié sur le bras droit du côté des cuivres, et moitié sur le bras gauche du côté des aciers. Une heure après , le retour complet ou l’augmentation relative de la sensibilité d’un côté ou de l’autre vous dira précisément, 60 à 70 fois sur 100 , cpiel est le métal convenable.

2° Si cette exploration, quoique d’une simplicité extrême , vient cependant à présenter la moindre difficulté , comme alors le malade ne peut rien perdre pour attendre, on se contentera d’appliquer l’armature du côté des deux cuivres ou des deux aciers, et trois ou quatre jours ne se seront pas écoulés, que déjà la persistance de la maladie nerveuse, ou l’amendement de ses principaux phénomènes, suffira pour avertir sûrement le malade comme le médecin de retourner l'armature sur l’autre face, ou de continuer la même application.

3° Enfin , dans le cas où il reste du doute sur l’action du cuivre ou de l’acier, faire porter à la fois les quatre métaux de l’appareil, comme lorsque nous avons supposé l'urgence , et si le malade n’en ressent aucun bien , comme cela doit arriver déjà 30à 40 fois sur 100, alors que ni les deux cuivres ni les deux aciers ne sont nullement appropriés, ou bien il faudra y suppléer par une exploration métallique plus variée, ou les aptitudes métalliques du patient se trouvant dissimulées , on cherchera à les mettre en évi¬

dence par les divers moyens que nous allons indiquer.

Dans tous les cas , éviter de fatiguer les malades par des applications qui seraient certainement inutiles, si, dès les premiers jours, on ne voyait survenir quelque amélioration dans les phénomènes négatifs, ou dans les phénomènes positifs de la névrose.

Mode d3 applicatian.

Nous avons trop insisté sur le véritable siège des névroses , ou sur la relation de cause à effet qu’il y a entre les phénomènes négatifs et les phénomènes positifs de toutes ces maladies aiguës ou choniques , pour ne pas nous croire dispensé de rappeler que, sous peine de n’obtenir tout au plus que des résultats palliatifs, c’est surtout aux premiers phénomènes, analgésie, anesthésie, amyosthénie, aménorrhée, etc. , que les applications de métal doivent s’adresser, aussi bien que tous les autres modes de traitement.

Soit, par exemple, une gastralgie, une migraine , un tic douloureux de la face, une angine de poitrine, un asthme nerveux , des hallucinations , une disposition monomaniaque, etc. , etc. t ou bien une affection nerveuse générale , hystérie , hypochondrie , mélancolie , etc.

Prescriptions :

Pour le jour, porter tout autour du tronc une armature de 4 mètres de long, qui , dans son milieu , sera appliquée , chez l’homme , sur la poitrine même , et chez la femme , un peu plus bas , pour ménager les seins. De là les deux chefs de l’armature seront dirigés en arrière , vers la région des lombes , puis ramenés en avant, pour venir s’attacher sur le ventre dans le premier cas , et pour être conduits, chez la femme, jusqu’au niveau de la partie supérieure des cuisses, afin de comprendre l’utérus et les anses intestinales dans le plus proche voisinage du métal.

Pour la nuit , une première fois application symétrique de la même armature , d’abord sur la nuque , puis directement en avant sur le haut delà poitrine jusque vers le creux des aisselles , d’où l’on fera ensuite descendre en spirale les deux chefs de l’appareil jusqu’au niveau du poignet, autour duquel le lacet suffira lui-même à les fixer.

Le lendemain au soir, à l’heure du coucher, deuxième application du plein de l’armature, d’abord sur les reins en arrière, puis en avant sur le ventre jusqu’au niveau du pli de l’aine, et descendez ensuite vers la cheville du pied , en enroulant les petits éléments tout autour des jambes, comme il a été déjà fait la veille pour les bras.

Dans les premiers jours du traitement , les applications devront être permanentes, et les malades garderont jour et nuit leurs armatures, à moins qu’ils ne soient d’une sensibilité extrême au métal , qui se traduit alors quelquefois par une aggravation momentanée des symptômes (1).

Dans ce cas , ainsi que lorsqu’on aura commencé à marcher vers la guérison , diminuer- la durée des applications , et les éloigner de distance ; garder le métal deux ou trois heures seulement, et l’appliquer un jour entre autres, par exemple. En même temps, le sujet se conformera à toutes les prescriptions d’hygiène que nous avons indiquées pour la préservation , et pratiquera le matin des lotions froides, stimulantes même par l’addition de yw d’ammoniaque , surtout sur les membres, en y ajoutant quelques frictions avec des brosses de flanelle , des gants de crins , et mieux encore avec des brosses métalliques, qui ont Davantage de réunir à l’action mécanique celle des quatre métaux les plus actifs de notre système de traitement.

En outre, si cela devenait nécessaire,

. fustigations sur les muscles paresseux avec des verges métalliques , et , à leur défaut, avec de petites verges de bouleau, dans le but de leur imprimer une vitalité salutaire.

(1) Cette circonstance, relatée d’abord par . M.le D1' Pierre, dans une de ses remarquables observations, a donné lieu à un mémoire de M. le Dr Perry, qui a été l’un des actes principaux du congrès homœopathique tenu à Paris en 1851. Nous ne Sommes point homoœpathe; il nous est donc impossible de croire absolument à ce que notre savant ami et confrère, le Dr Perry, revendique dans notre découverte pour la doctrine de son illustre maître similia similibus, etc.; mais nous engageons fort ceux qui voudraient avoir les preuves les plus extrêmes de l’efficacité de noire méthode de traitement, à les demander an journal delà Société gallicane de médecine homœopathique , qu’on ne saurait taxer de partialité à notre égard , puis-

AptHudes métalliques» dissimulées.

Un mot maintenant sur ce que nous avons appelé les aptitudes métalliques dissimulées , et sur les différents moyens de les mettre en évidence.

La mobilité du système nerveux ou de la force nerveuse , et nous pourrions dire tout aussi bien, d’une manière générale, Yünpressionnabilité,qu,e\\e se manifeste seulement par une rougeur subite de la face , quelques palpitations au cœur, ou un effet moral que rien ne vient trahir à l’extérieur, ou bien qu’ellese décèle par un tremblement cle tout le corps , des évacuations abondantes, des lipothymies ou quelquefois même du délire, se reconnaît et se mesure d’après l’instantanéité des effets , et le défaut de proportion qu’il y a entre ceux -ci et la cause qui les amène.

La mobilité nerveuse varie à l’infini:

sans parier des différences qui existent à cet égard entre les deux sexes et les différents âges, entre les habitants des villes et ceux dé nos campagnes , entre les artistes et les artisans, entre les personnes du monde et celles dont le système nerveux s’est habitué de bonne heure à présider aux différentes fonctions d’une vie plus régulière , etc. etc. , les mouvements de la force nerveuse peuvent offrir de grandes variations chez les individus qui semblaient cependant soumis aux mêmes influences. Ainsi il arrive de rencontrer dans le même milieu social des personnes dont le système nerveux est si fixe et si peu mobile que rien ne peut les émouvoir, et que le plus violent cataclysme ne saurait lui-même les empêcher un instant de s’appartenir complètement ; tandis que d’autres , placées à l’autre bout de l’échelle, sont d’une mobilité nerveuse si maladivement exagérée, que le moindre bruit inopiné, la plus petite nouvelle suffit souvent pour les jeter comme hors d’ellesmême ou tout au moins pour troubler quelques-unes de leurs fonctions. Chez celles-ci, et pour mieux dire chez ces malades, rien n’est facile comme de produire à peu de frais de grandes perturbations dans la force nerveuse , de la déplacer de sur un organe où sa trop grande accurnu-

que nous lui sommes étranger (V. de r Analgésie et de l’emploi des métaux cc V extérieur, par le Dr J. Perry, novembre 1851).

lation commençait déjà à déterminer l’exagération pathologique de la fonct ion avec toutes ses conséquences , pour la répartir plus uniformément ou lasoustraireà l’aide du métal. Chez les autres , celles dont le système nerveux n’est point mobile, rien de plus heureusement rebelle que cette même force à l’état physiologique, et ce n’est que lorsque , par le fait môme de la maladie , elle a perdu de sa fixité , qu’on peut espérer de la rendre quelquefois obéissante ; nous disons quelquefois , et nous aurions encore dû y mettre d’autres restrictions, car il faut que le système nerveux d’une très -forte constitution ait subi de singuliers bouleversements pour qu'il devienne facilement attaquable par des moyens simplement extérieurs.

Dans le cas opposé, nous vouions dire celui où ce système n’a pas encore acquis un degré de mobilité suffisante , appliquez sur les malades une plaque de métal, aussi large que vous le voudrez , et bien que celui - ci puisse leur être parfaitement approprié , le fluide nerveux, sollicité seulement d’un côté comme 2 , et maintenu de l’autre, par exemple comme 4 , restera emprisonné dans l’organisme, ou du moins ne se laissera soustraire que d’une quantité souvent inappréciable ; vous serez alors en présence de ce que nous avons appelé les aptitudes métalliques dissimulées.

En cet état, multipliez, si vous le voulez , les applications métalliques , et vous n’en obtiendrez jamais rien : 1° que si vous augmentez la puissance d’attraction du métal , 2° ou si la force nerveuse vient à perdre de sa fixité , soit par vos propres efforts, soit par les effets continus de la maladie nerveuse elle-même, ou bien enfin par de nouvelles causes, telles que des émotions successives. On remplit souvent la première indication, tantôt en substituant des applications humides aux applications sèches, et d’autres fois en donnant au métal une surface rugueuse, au lieu d’une surface lisse : dans ce dernier cas, il se passe, au point de vue de l’activité du métal , quelque chose d’analogue à ce que nous observons tous les jours dans nos maisons, lorsqu’on a exposé au même foyer deux vases dont l’un est aussi parfaitement lisse et poli , que l’autre est noir et, bosselé.

Parmi les applications humides, les plus simples sont celles que l’on obtient par l’interposition d’une compresse ou de

quelques tours de bande légèrement humide entre le métal et la peau, et mieux encore celles qui résultent de l’application d’une armature ou d’une chaîne dans un bain d’eau ordinaire , ou avec addition de sel de cuisine , 2 ou 3 kilogrammes ; audessus de celles-ci, se trouvent les applications qui se font dans des baignoires de cuivre ou d’acier, avec ou sans addition de chaînes du même métal tout autour des membres et sur la poitrine; puis enfin viennent les bains de limailles , moyen très-puissant, mais que malheureusement il n’est possible de se procurer que dans des établissements spéciaux.

Avant que nous eussions fait disposer nos bains métalliques aux Néothermes, nous ne manquions jamais de recommander à ceux de nos malades qui étaient sensibles au cuivre, de demander toujours pour se baigner une baignoire de ce métal aussi vieille et partant aussi mal étamée que possible.

Lorsque les applications doivent agir surtout topiquement, si le malade est sensible au cuivre ou à l’acier, on se trouvera parfaitement d’une sorte de cataplasme que l'on fait avec, par exemple, limaille de cuivre ou d’acier, 500 grammes, et quantité suffisante de dissolution concentrée dégommé, avec un tiers de sucre environ, pour empêcher l’oxydation. Ce cataplasme, qui, bien entendu, doit être mis à nu sur la peau, est un excellent mode d’application, et tout récemment, nous nous en sommes servi, avec beaucoup de succès, sur M. le marquis X..., pour faire cesser un affreux torticolis qui durait déjà depuis huit mois, malgré toute sorte de traitements.

Pour satisfaire à la seconde indication , ou mettre les aptitudes métalliques en évidence , il nous arrive souvent d’employer à l’intérieur les substances qui sont reconnues comme les plus efficaces pour exercer sur le système nerveux central une action expansive ou périphérique :

exemple, la strychnine , l’ aconit , le sulfate de quinine , etc. La préparation à laquelle nous donnons plus volontiers la préférence est la teinture de noix vomique, à la dose progressive de 5 à 20 gouttes le matin et le soir, dans deux ou trois cuillerées d’eau sucrée. Lorsque cela ne suffit pas pour déloger l’ennemi, nous alternons avec de petites doses de sulfate de quinine ou d’aconit, alcoolat ure, imitant en cela les procédés de la nature qui par-

vient avec la goutte d’eau à creuser ia roche la plus dure, ou bien encore ceux de ce chirurgien habile, qui n’emploie que de très-petits coups pour briser, dans la vessie , les pierres les plus dures. 11 y a bien encore d’autres moyens, qui, contre les résistances les plus opiniâtres du système nerveux à la métallothérapie, peuvent rendre quelquefois de très-grands services ; mais ce serait nous obliger à de

trop longs développements que d’en dire seulement le nom. Contentons -nous de répéter ici , puisqu’une dernière occasion nous en est offerte, qu’il ne faut point fatiguer les malades par des applications qui seraient très- certainement stériles, si, même avec les différents moyens que nous venons d’indiquer, la sensibilité et la motilité ne donnaient aucun signe d’amélioration à l’aiguille ou au dynamomètre.

Pour toules les observations et les nombreux détails qui ne pouvaient trouver leur

place dans un aussi court espace ,

Voir :

Dans les Bulletins des Académies des sciences et de médecine et les divers journaux de médecine , le compte rendu des séances depuis 1849.

Dans les collections des quatre dernières années de la Gazette médicale de Paris, différents mémoires de l’auteur sur le traitement des crampes des cholériques , des paralysies , de la chlorose , du choléra, etc. etc.

Mémoire de M. le Dv Salneuve {1852) : Observations de guérison par les armatures de cuivre , de laiton , d'acier et de métal des cloches , recueillies à la Maison de santé de Dubois , dans les services de MM. les docteurs Monod et Duméril, par MM. Salneuve et Lieudon , internes du service.

Dans notre thèse inaugurale pour le doctorat , février 1851, ; les détails que nous y avons consignés sur notre doctrine des névroses , la marche et le traitement. cle ces ma'adies; plus les observations remarquables de guérison, recueillies et publiées par MM. les internes 8. Pierre et Coffin.

L’Union médicale, 1819 et 1852; Y Écho du Val -de- Grâce. — Observations recueillies dans le service de M. le professeur Lévy , par MM. les docteurs Masselot et Krug.

Le Moniteur des hôpitaux , 1853 : paralysie atrophique déclarée incurable, guérie à l’Hôtel-D'eu par une armature de laiton.

Le Journal de la Société gallicane , 1852 : mémoire de M. le D1’ J. Perry sur l’emploi des métaux , lu au congrès homœopathique tenu à Paris en 1851 ; et le Mémoire ds M. le Dr Escalier, sur les applications du cuivre dans le choléra.

Enfin le journal The Zoist , du professeur John Elliotson, à Londres : Nervous affections meiaUotherapia or métal, cure , by Dr Burq, of Paris ; New properties of metals illustrated through mesmerism , july and octoher 1852.

Paris. — Imprimerie et Fonderie de RÏGNOUX, Imprimeur de la Faculté de Médecine,

rue Monsieur -ie- Prince, 31.

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