‹ MétallothérapieChapitre 7 sur 20 · ARMURES »?ACIER AIMANTÉ · texte numérisé non relu

ARMURES »?ACIER AIMANTÉ

Mais nous voilà déjà arrivés en plein xvme siècle ; au milieu de ce grand mouvement qui transforme la science et les esprits, nous voyons V électricité sortir d’une bouteille (Leyde), les cuisses d’urie grenouille révéler le galvanisme ; l’abbé Lenoble préparer la première usurpation du magnétisme sur les métaux avec ses aimants artificiels , et Mesmer venir proclamer l’existence d’un agent universel qu’il prétend condenser dans un baquet. A peine les hommes ont-ils connu les premières applications curatives de toutes ces merveilles, qu’il y a déjà partout comme une fièvre d’enthousiasme, et que quelques-uns des plus frappés sont bien près de se croire en possession du grand œuvre des alchimistes , qui avec l 'électricité ou le galvanisme , un autre avec le fluide minéral magné • tique , et celui-là avec le nouveau magnétisme. Plusieurs années se passent pendant lesquelles batteries et machines électriques , piles galvaniques , armures aimantées (plaques et anneaux de diverses formes tout simplement en acier, mais aimantés) , baquets magnétiques, font grand bruit dans plusieurs capitales et autres grandes villes de l’Europe; mais à la fin , lorsque des savants, médecins habiles, sollicités par les gouvernements eux-mémes à s’occuper des trois nouveaux agents, se mirent à bien regarder au fond de toutes les cures merveilleuses de cette époque , il resta bien acquis que si le magnétisme minéral (nous verrons bientôt si c’est réellement à ce fluide qu’on avait eu affaire dans les armures d’acier aimanté), l’électricité et le galvanisme, étaient susceptibles de rendre de véritables services, on en avait singulièrement exagéré l’influence curative. Quant au magnétisme animal , dont le nom seul paraît avoir eu jusqu’ici un bien triste privilège , celui d’être presque un reproche pour tous ceux qui osaient seulement le nommer sans en médire; laissons-le maintenant ; mais pour y revenir un peu plus loin , à l’occasion de

certaines propriétés du cuivre et de l’acier, qui nous paraissent devoir aider considérablement à sa réhabiliattion,

PÉRK.INISME,

A partir de cette époque, c’est-à-dire après qu’Andry, Thouret et Mauduyt, eurent fait connaître les résultats officiels de leurs recherches, il s’établit en médecine une réaction contre les fluides impondérables; réaction que les tendances matérialistes rendirent encore plus facile, et qui se continua jusqu’au moment de l’application des électro-aimants à la thérapeutique. ün instant, au commencement de ce siècle, l’Américain Perkins songe bien à faire de nouveau quelque bruit en Europe avec ses aiguilles à per kinisme (deux aiguilles d’un métal différent qu’on promenait à la surface des parties malades) ; mais bientôt cette forme d’application du galvanisme, qui n’était pas plus vraie que celle du magnétisme dans les aimants, meurt avec son auteur, qui en est la victime , pour avoir voulu s’eu servir exclusivement dans le traitement d’une grave maladie.

PLAQUES GALVANIQUES DE M- RASPAïL.

Ce n’est que quinze ou vingt ans plus tard, lorsqu’on eut associé les deux fluides dans de nouveaux appareils ou piles sèches, et alors que la physiologie ellemême commençait à retirer de précieux avantages de l’intermittence des courants électro-magnétiques , que l’attention des médecins se porta de nouveau sur l’électricité et le magnétisme. Au début, les essais restèrent limités dans les mains d’un petit nombre ; mais bientôt, des médecins et physiciens ayant perfectionné les appareils de Clark et de Dujardin, et voici que nous touchons à notre époque, les fluides impondérables entrent définitivement dans la pratique et reprennent une place importante, sinon toujours méritée, dans le traitement des maladies nerveuses.

C’est alors qu’un chimiste déjà célèbre, dans le but probable de mettre la médication galvanique à la portée de tout le monde, proposa des plaques et même des sondes galvaniques ( cuivre et zinc superposés) , qui faillirent un instant devenir presque aussi populaires que ses ciga-

rettes. Certes l’auteur de cette usurpation nouvelle était de bonne foi , lorsqu’il croyait administrer de la sorte le galvanisme à ses malades; mais ses appareils, avec lesquels il dut réussir quelquefois, malgré les vices de leur application, n’étaient rien autre qu’une véritable armature de métal, dans laquelle le zinc avait seulement l’inconvénient de s’ajouter au cuivre pour venir en diminuer les effets.

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