ET MAGNÉTIQUES, DE TOUTE SORTE
Après les sondes et plaques galvaniques de M. Raspail , ce fut le tour des chaînes encore bien moins galvaniques qu’un industriel allemand, M. Goldberger, composa pareillement de cuivre et de zinc, mais sous la forme de petites tiges tournées en crochet à leurs extrémités , et réunies alternativement bout à bout à la façon des maillons de certaines chaînes de balances ; puis, nos expériences et les succès de nos traitements par le cuivre et l’acier étant venus probablement réveiller le zèle des inventeurs , nous avons vu surgir successivement :
1° Les tissus électro-magnétiques de M. Paul Gage (poudres de cuivre, de zinc et d’acier , incorporées dans des feuilles minces de gutta-perclia) ;
2° Les cataplasmes électriques du célèbre professeur Récamier (lits de copeaux de cuivre et de zinc superposés dans deux sachets qui présentent l’un le cuivre, et l’autre le zinc , du côté de la peau) ;
3° Les buses magnétiques de M. Nicole (simple tige d’acier aimanté, que l’auteur n’a pas eu grand’peine à emprunter aux anciennes armures d’aimant) ;
4° Enfin les chaînes hydro-électriques de M. Pulvermacher (fils de zinc et de cuivre enroulés sur un petit mandrin en bois poreux)
PRATIQUES POPULAIRES , APPLICATIONS DE L’OR, DU FER, DE L’ACIER ET DU CUI¬ VRE, SOUS DIFFÉRENTES FORMES.
Au milieu de ce luxe d’appareils de toute sorte dont les auteurs , toujours sous le prétexte d 'électricité , de galvanisme ou de magnétisme , semblent rivaliser de bonne foi à qui mieux mieux frustrera, de la vertu qui leur est propre, les deux
métaux , cuivre et acier, dont plaques, chaînes, cataplasmes (1), etc. , se composent invariablement , nous voyons le peuple, mieux servi cette fois par ses propres instincts que par la science, trouver en lui-même le secret de véritables applications métalliques.
Ou’esl-ce en effet que cette pratique si répandue au Japon sous le nom d' acupuncture , si ce n’est une sincère application de l’or sous la forme de longues aiguilles que certains guérisseurs de cet empire, fort habiles à les manier, ne craignent pas d’enfoncer quelquefois jusqu’au plus profond des viscères pour en extraire le principe ou fluide morbifique? M. J. Cloquet , qui le premier a introduit en France l’usage des aiguilles à acupuncture, ne se trompait point lui sur leur véritable action , et au lieu de les associer deux à deux, comme l’avait fait Perkins , pour y chercher un peu de galvanisme, le savant professeur eut l’heureuse idée de faire terminer l’une de leurs extrémités par un anneau dont il se servait quelquefois pour mettre le métal en communication directe avec le sol, à l’aide d’une petite chaîne. Ajoutons aussi queM. J. Cloquet soupçonna, s’il ne les connut pas , les différentes aptitudes métalliques; car, ayant reconnu , ainsi qu’il a bien voulu nous l’assurer lui-même , que les aiguilles d’or n’agis-
(1 ) Les chaînes de M. Pulvermacher forment exception , nous devons le reconnaître, mais seulement en ce que, lorsqu’on les trempe dans du vinaigre ou dans de l’eau acidulée, et qu’on renouvelle cette opération tous les quarts d’heure ou toutes les demi-heures au moins, elles constituent un véritable appareil électrique qui donne de fortes secousses, et peut remplacer quelquefois les appareils électriques ordinaires; mais, comme il y aurait beaucoup trop d’inconvénients pour la durée de la chaîne et pour les malades euxmêmes à en agir ainsi , l’auteur conseille de l’appliquer le plus ordinairement sèche tout d’abord , ou bien , après l’avoir mouillée une fois , de l’abandonner ensuite à l’action imaginaire de la transpiration : dans ce cas, on a encore une simple armature de cuivre susceptible, surtout si elle est appliquée en lieu convenable , de rendre tous les services propres à ce métal , mais rieo de plus.
saient pas également sur tout le monde , il en avait fait faire avec les différents métaux, parmi lesquels l’acier finit même par occuper la première place. Mais le moyen de distinguer sûrement les aiguilles dont le métal était le plus convenable , ainsi que les points les plus propices à leur introduction ? .
Que sont ces anneaux contre la migraine qu’un simple mécanicien-serrurier de la rue Casfiglione, M. Georgetj emprunta probablement, il y a trente années environ, aux anciennes armatures du père Hell , et qui , d’abord en fer ou en acier et plus tard en cuivre, eurent tant de de vogue qu’il leur en reste aujourd’hui même quelque chose, si ce n’est , comme nous le démontrerons tout à l’heure , une des plus heureuses pratiques de la métallothérapie, et nous dirions volontiers une des plus intelligentes, par le choix des surfaces d’application, si l’inventeur, qui n’était rien moins que médecin , avait pu seulement se douter de la valeur de sa trouvaille.
IVest-ce pas encore une simple application de métal , que cette pratique populaire de divers pays, qui consiste à mettre des objets en fer, le plus souvent très-vulgaires, dans la chaussure ou dans le lit de ceux qui sont sujets aux crampes dans les jambes ? .
Dans certaines parties de la Normandie, les paysans ont une si grande foi dans l’usage des clefs en fer contre les crampes, qu’il n’est pas rare de rencontrer de ces braves gens qui vont jusqu’à en porter au moins une dans leurs sabots, par simple mesure de prévoyance.
11 y a vingt-cinq années que nous avons
entendu M. Chr . , le frère du célèbre
médecin de ce nom , de la Faculté de Montpellier, raconter qu’une vieille matrone de village lui avait appris à ne jamais se coucher sans la pelle et les pin- * celtes de sa cheminée , pour se mettre la nuit à l’abri de crampes auxquelles il était resté très-sujet depuis sa jeunesse, et que lorsque, par nécessité ou par oubli, il lui arrivait encore de ne pas prendre cette précaution , rarement il manquait d’en être puni par le retour desescrampes.
M. le commandeur X . . magnifique
vieillard de plus de soixante et dix années, fort connu à Paris par sa fortune et par l’originalité de ses études sur le plumage des oiseaux, employait, avant que nous eussions l’honneur de le con¬
naître, les vieux fers de ses chevaux au même usage, et s’en trouvait fort bien. Ces fers, que M. X... choisissait vieux tout exprès, parce que, nous dit-il, le frottement prolongé sur les pavés avait dû les douer d'une certaine vertu magnétique , il les tenait toujours la nuit à portée de sa main powr se barricader, suivant son expression, dès que les crampes venaient à paraître dans ses jambes.
On nous a parlé d’un ancien officier supérieur de l’armée , M. le général X... , qui , pour le même but , couchait habituellement avec un sabre nu à son côté.
L’année dernière nous eûmes le plaisir de rencontrer, à l’excellente clinique de M. Falret, à la Salpêtrière, un médecin fort distingué de Bruxelles, qui nous assura que, pendant qu’il occupait un grade élevé dans la chirurgie militaire de son pays , il n’avait jamais pu s’habituer aux étriers en cuivre de sa monture, et avait été obligé de les faire remplacer par d’autres étriers d’acier, dorés pour les rendre d’ordonnance. Notre confrère, aux allures très-nerveuses , se chaussait toujours de bas de soie et de bottes vernies, qui , suivant lui , le préservaient, de douleurs atroces dans les pieds.
Enfin un M. G... nous racontait, il y a peu de temps, qu’en 1802 son père fut guéri, en Corse, d’un tic douloureux de la face, par une mâchoire d’acier aimanté, qu’il s’appliquait tous les soirs pour le reste de la nuit (nous n’avons pas besoin d’ajouter que le médecin qui l’avait conseillée croyait seulement à sa vertu magnétique). Disons, à cette occasion, qu’un dentiste nous a parlé de certains effets forts bizarres , qui suivraient l’introduction de tel ou tel autre métal dans la bouche, et sur lesquels nous prenons la liberté d’appeler l’attention des chirurgiens qui font profession de poser de faux râteliers.