TOURBE
d6. Formation. — La tourbe est le produit delà décomposition et de Tentassement des mousses dans certaines vallées ou sur des plateaux humides. Elle a une texture fibreuse ou mousseuse et contient souvent des débris de végétaux. Pure, elle est jaune, brune ou noire, suivant que la décomposition est plus ou moins avancée ; plus elle est ancienne, plus sa couleur se fonce, et plus elle prend de densité. Elle s*enflamme vers 250^ et brûle avec une flamme longue, mais moindre que celle du bois.
SH, Composition. — Sa composition chimique est à peu près celle de la cellulose, avec un peu moins d'oxygène, cet élément étant enlevé par la décomposition. Sèche et pure^ elle aurait un pouvoir calorifique supérieur à 4000 calories ; mais il est bien diminué par la présence de l'eau et des cendres.
B'9. Matières étrangères. — La tourbe fraîchement extraite est très humide ; l'exposition à l'air lui enlève 50 0/0 d'eau et il en reste de 20 à 40 0/0. Les cendres se composent de celles des végétaux, auxquelles s'ajoutent Jes matières terreuses entraînées des environs. Les tourbes les plus pures contiennent 5 0/0 de cendres ; mais la teneur descend rarement au-dessous de 10 et dépasse souvent 20. La tourbe cendreuse est grise, ou même blanche.
Dans la pratique, le pouvoir calorifique ne dépasse pas 3.000 calories, et la température de combustion est inférieure à celle du bois.
La tourbe donne à la distillation les mêmes produits que le bois, mais le charbon est pulvérulent et ne peut s'employer.
3S. \^aleur. — D'après ce que nous venons de dire, la tourbe ne peut servir pour les opérations qui demandent une temr pérature élevée. Ses usages en métallurgie sont très restreints ; on ne l'emploie que faute d'autres combustibles, et presqye jamais à l'état naturel. Il faut la dessécher et la façonner en briquettes : souvent aussi on la transforme en gaz.
Le prix de la tourbe peut varier de 5 à 10 fr. la tonne : elle n'a d'importance industrielle que dans les régions où elle est abondante et où on peut Ta voir à vil prix. Elle n'a pas assez de valeur pour supporter des frais de transport notables. «
ao. Clansificatién. — Les cou)bustibles fossiles se divisent en trois catégories : les lignites, les houilles et les anthracites ; la seconde est de beaucoup la plus importante et on peut y distinguer trois subdivisions, les houilles sèches ou flambantes, les houilles grasses, et les houilles maigres ou anthraciteuses. On a ainsi cinq termes : lignites, houilles sèches, houilles grasses, houilles maigres et anthracites^ formant une série dans laquelle les propriétés générales vont en se modifiant d'une manière continue. A mesure qu'on avance dans la série, les combustibles deviennent de plus en plus maigres, c'est-à-dire qu'ils contiennent moins de matières volatiles et donnent plus de carbone fixe à la distillation.
D'une manière générale, l'ordre suivant lequel nous avons énuméré ces cinq catégories de combustible est à peu près celui de leur ancienneté relative. Les lignites se trouvent dans les terrains tertiaires, parfois dans le crétacé. Les couches de houille abondent dans l'étage houiller ; des gisements moins importants se rencontrent dans le permien, le trias et le jurassique. L'anthracite est cantonné dans la partie inférieure du système carbonifère ; on en trouve de rares gisements dans le dévonien. Enfin, dans un même bassin houiller, les couches inférieures sont presque toujours les plus maigres.
40. Composition. — Gomme composition élémentaire, ces matières contiennent principalement du carbone et de l*hydrogène, avec un peu d'oxygène et d'azote% L'hydrogène s'y trouve à Tétat de combinaisons mal connues et très-variées : les produits de la distillation sont nombreux et divers.
4t. Pouvoir calorifique. — Plus les combustibles sont maigres, moins ils contiennent de gaz ; mais la proportion d'oxygène diminue plus rapidement que celle de Thydrogène. Aussi le pouvoir calorifique va en augmentant ; toutefois il est un peu plus faible dans les anthracites que dans les houilles, à cause, de la disparition presque complète de Thydrogène. D'après la loi de Dulong, si on appelle c, A, et o les teneurs respectives en carbone, hydrogène et oxygène, le pouvoir calorifique serait donné par la formule :