BRIQUES RÉFRACTAIRES
Les revêtements intérieurs des fourneaux sont le plus souvent en briques réfractaires. Il faut, pour faire ces briques, une substance à la fois plastique, et infusible aux températures élevées. L'argile réfractaire remplit ces conditions.
S9f . Argile» rèAraetalres. — L'argile pure se compose de silicate d'alumine^ allié à une proportion d*eau variable. Les silicates d'alumine ne sont jamais entièrement fusibles aux températures ordinaires des foyers ; ils se ramollissent seulement, lorsque la proportion relative des deux éléments est comprise entre certaines limites. Les moins réfractaires sont ceux qui se rapprochent de la formule du trisilicate, c'est-à-dire ceux où le rapport du poids de la silice à celui de Talumine est compris entre 2,50 et 3.
Lorsqu'un des deux corps sera en plus forte proportion, la terre deviendra plus réfractaire. La plasticité tient surtout à la présence de Thydrate d'alumine, les terres les plus alumineuses seront donc les plus plastiques : les terres très siliceuses sont celles qui résistent le mieux à la fusion, mais elles sont peu plastiques.
Les terres les plus employées contiennent en général de 25 à 30 0/0 d'alumine et de 55 à 65 0/0 de silice. Les terres alumineuses, contenant moins de 50 0/0 de silice, sont recherchées lorsque les briques doivent résister à l'action corrosive des scories ; les terres siliceuses, contenant plus de 80 0/0 de silice, sont employées lorsque les briques doivent supporter des températures extrêmement élevées.
290 CÔAPITRE tV.— MATÉRIAUX RÉPRÀCTAÏREg
899. Inflaenee des eorjps étransera. — Les argiles naturelles contiennent toujours des traces d'autres bases, notamment de la chaux et du sexquioxyde de fer, parfois aussi des alcalis et de la magnésie. La présence de ces bases augmente la fusibilité : les meilleures argiles seront donc les plus pures. Les alcalis sont les corps les plus nuisibles par leur action fondante : aussi les argiles très blanches ne sont pas toujours réfractaires, parce qu'elles en contiennent souvent. La chaux et la magnésie augmentent aussi la fusibilité, mais sont moins nuisibles, surtout la magnésie. Leur proportion ne doit pas dépasser 1 à 2 0/0, et dans les meilleures argiles elle n'est que de quelques millièmes. Le protoxyde de fer est un fondant énergique, mais s'il n'est pas en trop grande quantité il peut se transformer en sesquioxyde à la cuisson. Le sesquioxyde, qui se rencontre souvent dans Targile et la colore en rouge, a à peu près les propriétés de l'alumine ; il n'est pas très nuisible, à moins que les briques ne soient exposées à des actions réductrices qui le transforment en protoxyde. Certaines argiles contiennent des matières organiques qui, en se décomposant au feu, diminueraient la solidité de la brique ; elles se détruisent spontanément par une exposition prolongée à l'air. Les terres riches en matières organiques sont grises, ou même noires comme les argiles bitumineuses.
On essaie la résistance de l'argile en en façonnant de petits cubes qu'on place dans des creusets, et qu'on chauffe à un violent feu de forge. La surface peut se vitrifier, mais il faut que les angles restent ^ifs, et que l'intérieur ne soit pas altéré.
On essaie la plasticité en cherchant quelle est la proportion maxima de sable qu'on peut ajouter à l'argile sans lui 6ter la propriété de se mouler. Pour cela on en forme des mélanges avec des quantités croissantes de sable, ou de quartz pilé, et on observe s'ils peuvent se pétrir sans s'écraser.
S«8. Retrait. — L'argile, lorsqu'on la chauffe à une haute température, se contracte d'autant plus qu'elle est plus plastique. Des briques faites d'argile pure se fendraient au feu. Pour éviter cet inconvénient^ il faut amaigrir l'argile, c'est-à-dire la mélanger à des matières non plastiques, qui se dilatent au feu et dont le gonflement compense le retrait de l'argile.