Ciments. — Ces matières prennent dans la fabrication
I i. — fiRlQtJES RÉIi'RACrrAtRed 291
le nom général de ciment ; elles doivent être infusibles et ne contenir aucun des éléments qui peuvent nuire aux qualités de l'argile. On emploie surtout le quartz broyé, les sables maigres c'est-à-dire siliceux, l'argile calcinée, les débris de creusets ou de vieilles briques réfractaires : Targile calcinée effectue son retrait une fois pour toutes et se comporte ensuite coipme une matière maigre, toutefois le retrait n'est tout à fait complet qu'après une calcination prolongée et à très haute température. Pour certaines fabrications spéciales, on prend pour ciment de la plombagine, du graphite ou du poussier de coke ; ces corps doivent être aussi purs que possible, et surtout avoir des cendres infusibles, et non calcaires.
La fabrication des briques réfractaires comprend plusieurs phases : 1* la préparation des matières premières ; 2° le broyage et le pétrissage de la pâte ; 3^ le moulage; 4^ la dessiccation et
la cuisson.
S95. Préparaiien des terrem. — 1^ Les matières premières se divisenren deux groupes ; les terres et les ciments.
La terre doit sécher plusieurs mois à l'air ; puis, lorsqu'elle est sèche etpeut se diviser, on latrie. On enlève les gros noyaux ferrugineux ou pyriteux, les gros fragments de sable. On met à part les portions d'argile bien pure, qui ne présentent pas de taches, et qui constituent le premier choix.
Lorsque l'argile est pyriteuse, on prolonge Fexppsition à l'air jusqu'à 2 ou 3 ans, pour laisser les pyrites s'effleurir et se dissoudre. On fait de môme lorsqu'il y a beaucoup de matières organiques, c^est ce qu'on appelle le pourrissage. Parfois on lave l'argile pour enlever les fragments de sable ou les sels solubles. Pour certains produits spéciaux, on la lévige, afin de n'employer que les parties les plus fines : cette opération n'est pas nécessaire pour les produits destinés à la métallurgie.
SMI. Préparation des elmente. — Les matières destinées à servir de ciment doivent être triées, afin d'enlever les parties calcaires ou ferrugineuses. Si on emploie de vieilles briques ou des débris de creusets, il faut écarter les fragments auxquels ont adhéré des scories. Quand on emploie comme ciment de la terre calcinée, il faut la cuire avant de la broyer; elle prend par cette opération une plus grande dureté, et le broyage devient
292 GHAPlTIlE IV.— MATÉRUUX RÉFRACTAIRES
un peu plus difficile : mais la cuisson d'une matière en gros fragments est bien moins coûteuse que celle d'une substance pulvérulente. Le quartz doit être étonné, c'est-à-dire qu'on le plonge dans Teau après l'avoir chauffé au rouge : cette opération le rend plus fragile et facilite le broyage.
397. Caisson de rar^lle. — L'argile se cuit le plus souvent dans des fours à chauffe distincte, car le mélange des cendres du combustible altérerait ses qualités. D'après ce qui a été dit dans l'étude des fours, l'appareil qui conviendra le mieux sera le four à cuve à chauffes latérales ; en effet il s'agit de calciner une matière en assez gros fragments et qui ne craint pas les chocs, puisqu'elle est destinée à être broyée.
Nous donnons ci-dessous (fig. 161-162) le »5roquis d'un four employé à cet usage. La cuve est à section circulaire, évasée de haut en bas pour faciliter la descente. II y a trois chauffes latérales entre lesquelles sont placés les'ouvreaux de déchargement. La hauteur est de 5 à 6 mètres. Le diamètre varie de 2 à 3 mètres. Le volume est donc de 20 à 25 mètres cubesr On y passe de 5 à 6 tonnes d'argile par 24 heures, soit une tonne pour 4 à 5 mètres cubes de volume. On brûle 10 à 15 0/0 de houiUe. La température doit atteindre, au moins le rouge vif.
On pourrait aussi chauffer ces fours au gaz si l'opération se faisait près d'une usine donnant un excès de gaz combustibles perdus et qu'il n'y eût pas de meilleur usage à en faire. Dans certaines usines, on emploie des fours discontinus : ils sont beaucoup moins économiques, et il n'y a jaucune raison pour les adopter pour chauffer une matière dont la manipulation ne réclame aucun soin. On pourrait à la rigueur employer les fours annulaires si le combustible était très cher. Mais l'économie qu'ils procureraient serait faible, sinon illusoire : leur construction serait très coûteuse, parce que, marchant à haute température, il faudrait construire toutes les parois en briques réfractaires ; il faudrait toujours les chauffer avec des grilles spéciales, ou bien au gaz, et les frais de main-d'œuvre y seraient bien plus élevés que dans les fours à cuve.
Lorsque l'argile est en poudre on est forcé de la calciner dans des fours à réverbère. On l'étend en couche mince sur la sole, où elle doit séjourner une dizaine d'heures pour se chauffer bien régulièrement.
I 1. - BRIQUES RÉPRACTAIRES i93
Les frais de calcioation de l'arme peuvent se monter à 3 fr. par tonne dans les fours à cuve, 7 fr. dans les fours à réverbère.
Fig. 161 et 162. — Four à cuire l'argile.
9M». PrépnratlMi du qnartK. — Le quartz peut être chauffé dans des fours analogues, mais plus petits, car la température ne doit pas dépasser le rouge. Devant les ouvreaux de déchargement se trouve une bâche pleine d'eau où tombe le quartz encore chaud. Puis on le retire de la bAche, et des ouvriers armés de marteaux le trient : ils rejettent les fragments qui présentent des taches d'oxydes métalliques, ou ils les brisent, de manière à éliminer la partie impure. Les frais de chauffage et de triage du quartz peuvent atteindre 4 ou 5 fr. par tonne.
390. Broyage. — Les matières ainsi préparées passent au broyage. Cette opération se fait sous des meules verticales en fonte. Elles peuvent peser de 1.500 à 2.000 kilogrammes et font environ 15 tours par minute. En Allemagne on emploie souvent des meules dont Tarbre est fixe et Tauge mobile. Plus rarement on emploie des cylindres ou des bocards. Lorsque la matière première est en gros fragments, il ne faut pas l'envoyer directement aux meules, il vaut mieux la préparer en la faisant passer d'abord dans une paire de cylindres broyeurs.
330. Blutage. — La matière doit être blutée, c'est-à-dire tamisée sur des toiles métalliques ou des grilles de dimensions convenables. Pour les briques de bonne qualité, les éléments doivent passer par des mailles de 1 à 2 millimètres de côté : pour les produits supérieurs, comme les mouffles et les creusets, on les fait passer par des mailles de 1 millimètre au plus : pour les briques ordinaires, on blute sur des grilles dont les barreaux ont 4 à 5 millimètres d'écartement. Enfin, pour les briques siliceuses, le quartz est bluté sur des toiles dont les mailles ont au plus un demi-millimètre ; parfois on le réduit presque en farine impalpable.
331. Blatoge aatoitiatiqae. — ^ Le blutage peut se faire mécaniquement ; les matières, relevées par une noria, tombent sur des grilles inclinées dont le refus glisse naturellement jusqu'aux trémies de chargement des broyeurs. Dans certaines meules le centre de l'auge est creux et couvert par une toile conique : la meule est suivie par une petite noria oblique, portée sur le même arbre, dont la partie inférieure traîne sur l'auge. Cette noria relève la poussière et la jette sur la toile : le refus glisse et retombe dans Tauge : le reste passe au travers et se rend dans une fosse.
Une meule de ce système peut broyer environ 15 tonnes d'argile fraîche, 8 à 10 d'argile cuite ou de débris de briques, 5 à 10 de quartz, dans les dimensions ordinaires^ à peine une lorsqu'il faut réduire le quartz en farine. Les frais de broyage de Targile peuvent varier de 1 à 2 fr., ceux du quartz seront de 3 à 5 fr. dans les cas ordinaires, ils atteindront 10 fr. et plus lorsqu'on voudra broyer très fin : la poussière de quartz use les mécanismes et occasioi^ne , des frais d'entretien considérables.
I i. - BRIQUES RÉPRACTAIRES %W
S89. Mélmnwem. — Une fois les matières broyées, il faut les mélanger dans des proportions convenables. Dans les briques de bonne qualité il entre en général 2/3 de ciment et 1/3 d argile : la proportion de ciment peut être d'autant plus forte que Targile est plus plastique.
S88. CenfefMMdltiMi des dÈrenmm ^uàUiétê. ^* En général, pourvu qu'il y ait assez d'argile pour permettre un bon moulage, les briques se comporteront d'autant mieux au feu qu'elles contiendront plus de ciment : celles qui en auront trop peu se fendront : mais comme les ciments de bonne qualité reviennent en général plus cher que l'argile, on cherche à en réduire la proportion dans les briques ordinaires, ou bien on le compose en tout ou en partie de vieux débris broyés. Dans les briques de bonne qualité, on n'emploie que le quartz. Dans les briques extra on emploie comme ciment la terre grillée qui donne plus de cohésion; ces briques sont réservées pour les parties qui doivent résister à des chocs, on y introduit d'autant plus de terre grillée qu'elles doivent être exposées à de plus hautes températures.
Les briques alumineuses, destinées à supporter le contact des scories, se feront aussi avec de la terre seulement : on choisira les terres les plus alumineuses. On introduira dans le ciment le plus possible d'écaillés de creuset bien triées. Les creusets de verrerie ou de fusion de l'acier sont en terre très réfractaire et ont subi par l'usage une calcination énergique et prolongée ; leurs débris donnent donc un excellent ciment.
Les briques siliceuses se feront avec des terres maigres et du quartz : ce sont celles qui résistent le mieux aux hautes températures, mais elles sont un peu faibles et ne supportent pas les chocs.
Dans les creusets ou les mouffles destinés à supporter à la fois de hautes températures et le contact de scories corrosives, on emploie avantageusement le graphite ou le poussier de coke ; on en introduit de 10 à 30 ou 40 0/0 dans la pàte«
884. MalaïKa^e* — Les terres sont mesurées au volume, dans des caisses en bois. Puis on les . mélange à la pelle, ou dans des malaxeurs. On peut employer Un cylindre en tôle, incliné de b^ sur l'horizon, à parois hérissées de dents disposées
m CHAPITRIC IV.- HATÉaiAUX RÉFRACTAI RES
en hélice, tournant à raison de 12 tours par minute, et long de 3 à 3 mètres.
Le mélange fait, il faut lui incorporer, pour le rendre plastique, une proportion d'eau qui varie de 7 à 10 0/0. On l'arrose, on le laisse s'imbiber plusieurs heures, puis on le pétrit.
US. PAtrlHwse. — Le pétrissage doit être fait avec soin, afin de réduire autant que possible la proportion d'eau nécessaire. Quand on le fait & la pelle, un homme peut pétrir à peu prèsti-ois mètres cubes par jour.En général, il se fait mécaniquement : on charge la pâte dans des cylindres verticaux, où tourne un arbre muni de couteaux (fig. 163).
A la base se trouve un petit orifice de 10 centimètres de diamètre, par lequel la p&te sort sous forme de boudin. Une fois le fond rempli de pAte bien pétrie, on peut laisser cet orifice ouvert, et charger d'une manière continue au sommet du cylindre. Un appareil pourra passer environ 1 tonne par heure. Les dimensions devront être suffîsantes pour que la pâte y séjourne au moins trois heures : ainsi, pour la production que nous venons d'indiquer, il faudra qu'il contienne trois tonnes de pàfe ; il suffira d'une capacité d'un mètre cube et demi à deux mètres. Si le diamètre est d'un mètre, la hauteur sera de 1 m. 50 à 2 mètres. La hauteur doit Pig jg3 être d'autant plus restreinte que les
terres sont plus fortes et opposent plus de résistance à la rotation. Elle ne doit pas dépasser 2 m. 50. Les frais du pétrissage mécanique peuvent monter à 1 franc par tonne.
Le pétrissage et le broyage se font dans le même atelier. Un atelier comprenant deux meules avec leurs accessoires et un malaxeur pourra fournir 10 à 15 tonnes par journée de travail. Il exigera 20 chevaux de force environ, et consommera de 600 à 1.000 kilos de bouille, il occupera un chauifeur et deux ou trois ouvriers aidés de quelques gamins. Les dépenses pourront monter à 30 ou 40 francs par jour.
s 1. — BRIQUES RÉFRACTAI RES 297
Pour les produits très fins, on pratique encore le marchage. On étend la pâte sur une aire où des hommes la piétinent en cercle pendant plusieurs heures.
Pour voir si la pâte est bien pétrie on en forme un boudin qu'on brise en le tirant. Il doit être solide, et casser sec sans adhérer aux doigts.
En général, on moule les briques immédiatement après le pétrissage. Mais pour les creusets qui doivent supporter de hautes températures, ou pour les briques très réfractaires de grandes dimensions, il convient de laisser encore le mélange pourrir pendant plusieurs mois.
sse. Moulai^. — Les briques réfractaires doivent être fortement comprimées. Souvent on les moule à la main, l'ouvrier tasse la terre dans des moules en bois et la bat soigneusement avec une masse. On peut rendre le travail plus rapide en se sei> vaut pour la compression d'une presse à vis ou à genou. Un ouvrier fait en moyenne de 500 à 1.000 briques suivant la difficulté du travail : sa production peut monter à 1.500, lorsqu'on fait des briques de qualités inférieures, et s'abaisser à 150 quand le travail est délicat, par exemple, quand on moule des pâtes maigres et friables.
On emploie aussi des machines analogues à celles qui servent pour les agglomérés. Les pressions brusques donnent peu de solidité. Il vaut mieux recourir à la presse hydraulique : on s'en sert maintenant dans plusieurs usines à zinc, pour la confection des moufles.
Le moulage se donne en général à l'entreprise, à des prix qui peuvent varier de 2 à 4 francs par tonne suivant la difficulté pour les briques ordinaires, de 5 à 6 francs pour les briques de forme spéciale et de grandes dimensions. Ces prix peuvent être réduits à peu près de moitié par l'emploi des machines.
887. Séchage. — Les briques moulées doivent être séchées progressivement, assez lentement pour ne pas se gercer. En général, on les entasse à claire-voie sous des hangars où passent des conduits parcourus par les gaz d'un foyer, de manière à y entretenir une température de 20 à 30^ La dessiccation prend plusieurs jours, au moins trois ou quatre : elle en dure 10 ou 15 quand on la fait à basse température. Il faut un temps beaucoup
tSS CHAPITRE IV.— HATF.RlAnX BÉFBACTAIRES
plus long pour les briques spécialea qui ont de grandes dimensions. Les briques peuvent être entassées sur une hauteur de 2 rn. à 2 m. 50. On en fait de longs massifs étroits, entre lesquels il faut ménager des passages pour le chargement : aussi elles n'occupent guère que le tiers ou le quart da volume du séchoir.
La dépense de combustible pour le séchage est minime, et oe dépasse guère fr. 50 par tonne. On peut la réduire en utilisant les flammes perdues des fours de cuisson. Mais la main-d'œuvre est assez considérable : on peut compter à peu près 1 franc pour l'approchage et le chargement dans le séchoir, fr. 50 pour l'enlèvement des briques séchées. On facilite parfois ce travail par^'emploi de grands chariots portant les briques rangées sur plusieurs étages (^fig. 164).
Fig. 164.
■ Les briques sont parfois employées telles quelles à la construction des fours. On agit ainsi pour des appareils dont la construction doit être très soignée. Les briques fraîches sont faciles k tailler, on peut les retoucher à mesure qu'on les place et obtenir des joints parfaitement dressés. 11 faut alors mettre le four en feu très lentement et la cuisson de^ briques s'opère en même temps que le chauffage du four.
Lorsque les briques sont destinées à être employées fraîches, il faut étudier la composition du mélange avec grand soin, de manière qu'elles ne prennent pas de retrait au feu ; il faut, par suite, y introduire beaucoup de matières maigres.
Le plus souvent les briques sont cuites dam des fours spé-
■{ 1. — BRIQUES RËFRACTAIRE6 tsa
ciaux, avant d'être utilisés. La calcinatioa les rend plug dures et plus cassantes ; elles se peuvent plus se tailler, et on eut obligé de garnir les joints avec du mortier. Mais elles résistent mieux au transport et ne prennent plus de retrait au feu.
aae. Wotm vmplajém. — La cuisson doit se faire dans des fours à chauffe spéciale ; au contact du combustible, les cendres adhéreraient aux briques et rendraient la surface fusible. Pour ne pas briser les briques, il faut les charger à la main, et par suite on est obligé d'employer des fours discontinus. Ce sont, en général, des fours à dôme, avec des chauffes latérales ou placées sous la sole. Les chauiFcs latérales sont d'une construction et d'un entretien plus faciles ; mais les dimensions des fours doivent être «ssez restreintes, sinon le centre serait mal chauffé; ta distance entre la bouche des cameaux d'entrée des flammes et les points de la sole les plus éloignés ne doit guère excéder 1 mètre. Les chauffes placées sous la voûte permettent d'employer des fours plus grands, ce qui économise le combustible et diminue les frais de toute nature.
S40. WtKorâ reetancnlnlre*. — Les fours sont rectanguiaires ou cylindriques. Les premiers sont plus facile à construire.
Fig.l65eHfi6.
Les dimensions maxima qu'on puisse leur donner sont A peu près 6 mètres de longueur sur 3 mètres de largeur et 3 mètres
300 CHVPITRTC IV.- MATÉRIAUX BÉPRACTAIREIS
. de hauteur. Il y a alors deux grilles, une de chaque e6té, et les flammes débouchent par des fentes percées sur presque toute la longueur de la sole. Les portes de chargement sont aux deux extrémités. La cheminée est au ceatre de la voûte ; souvent on perce en outre des cheminées aux quatre angles ; elles sont munies chacune d'un registre, ce qui permet de régler la répartition des flammes et d'égaliser la température.
La charge des grands fours dont nous venons de parler est de SO tonnes environ. On emploie souvent des fours rectangulaires plus petits, à une seule grille, où l'on traite de 15 à 20 tonnes & la fois (fig. 165 et 166).
SU. Wonrm & lUme. — Les fours employés à Bollène ont la forme d'un cylindre surmonté d'une calotte sphérique. Dans les
Fig. 1GT et 1G8
s t. — BBIQUES REFRACTAIRtS 301
anciens fours (^g. 167 et 168), les ehauffes étaient placées extérieurement, tout autour de la sole. Le diamètre était de 3 m. 25 et la hauteur de 3 m. 20 ; la charge de 30 tonnes. La consommation de combustible atteignait de 30 à 33 0/0. Le grand four construit plus récemment a 5 mètres de diamètre intérieur et ' 3 mètres de hauteur jusqu'à la naissance de la voûte (fig. 169 et 170) ; il y a six grilles disposées sous la sole ; la charge est de
Fig. 169 et no.
90 tonnes, et on ne brùle que 20 0/0 de bouille. Ces fours n'ont qu'une cheminée placée au sommet de la voûte : le rapport entre la section de la cheminée el la section totale de grilles est
aôî CHAt^ITHE ÎV.- MATÉRIAUX RÉPRAGTAtREfl
de l/t6y ce qui est peut-être trop faible ; dans les fours belges à. plusieurs cheouBées, ee rapport atteint 1/5, ce qui vaut mieux.
En somme, on peut donner sur ces fours les régies suivantes. La plus forte dimension ne doit pas excéder 5 à 6 mètres, avec deux grilles opposées, soit 2 m. 50 à 3 mètres pour une grille. Le volume peut varier de 10 à 20 mètres cubes par mètre carré de surface de grille. La charge est d'un peu plus d^une tonne par mètre cube. La consommation de combustible peut vari^ entre 20 et 30 0/0 ; elle est d'autant plus faible que le volume est plus grand, pourvu que les dimensions ne deviennent pas exagérées.
Si Ton voulait faire des fours encore plus considérables que le grand four de BoUène, il faudrait leur donner la forme rectangulaire, et disposer les chauffes perpendiculairement à la longueur du rectangle, au lieu de les placer parallèlement. On mettrait alors sur chacun des longs côtés autant de grilles qu'on voudrait. La largeur du four serait de 5 à 6 mètres, sa longueur pourrait augmenter proportionnellement au nombre des chauffes. En mettant, par exemple, quatre ou cinq chauffes de chaque côté, on pourrait sans inconvénient donner au four 8 à 10 mètres de longueur, et réaliser des volumes de plus de 150 mètres cubes. Il faudrait aussi disposer plusieurs portes de chaque côté pour faciliter le changement, et plusieurs cheminées pour régler le tirage. De pareils fours ne seraient avantageux que dans des usines à très forte production ; leur conduite réclamerait des chauffeurs très habiles ; mais, dans ces conditions, leur emploi pourrait être économique.
849. FoaH à gas. — Les fours de grand volume ne peuvent se chauffer qu'avec des houilles à longue flamme. On peut y mélanger du bois, mais le bois seul donnerait difficilement une température asse^ élevée. Pour utiliser des combustibles inférieurs, comme les lignites, on peut chauffer ces fours au gaz. Leur construction et leur forme ne seront pas modifiées : seulement les chauffes seront remplacées par des chambres de combustion, comme celîe que nous avons décrite page 234, où Ton amènera les produits des gazogènes. Les flammes s'élèveront directement à travers la sole, qui reposera sur les voûtes mêmes des chambres de combustion. Avec ce système, on réaliserait sans doute la calcination en brûlant 30 à 40 0/0 de lignite qui équivalent à peu près à 20 ou 25 de houille.
|t. -mottraiiirucrAtRn m
On peut se rendre compte de la proportion de chaleur utilisée dans la cuisson des briques réfractaires. En efTet, la température est a peu près celle du rouge orange, soit 1200 A. 1300° ; d'ailleurs la chaleur spécifique de la briqup est de 0,23 environ ; ainsi une tonne de briques absorbe au plus 300 calories ; d'autre part, 300 kil. de bonne houille pourraient en dégager 1.600 & 1.800. Ainsi le reademeat calorifique est inférieur à 20 0/0.
SU. FooFs A 0»Binies renversée». — On renverse souvent la circulation des Qammes dans ces fours : les foyers sont alors placés de c6té, et les flammes, entrant près de la voûte, reviennent sortir dans la sole.
Les couches inférieures de la charge s'échauffent les dernières,
Fig. 171. — Four à fltmmes renversées.
ce qui est avantageux surtout pour les briques sujettes à. prendre un grand retrait, comme les briques basiques dont nous parle-
rons plus loin, car le retrait commençant par le bas pourrait amener Técroulement de l'empilage.
Cette disposition n'est pas favorable à l'utilisation de la chaleur, du moins si Ton emploie des foyers ordinaires. Elle fonctionnera mieux avec des gazogènes : les gaz s'allumeront près delà voûte, où de petits orifices laisseront passer Tair nécessaire.
3ââ. Conduite de ropéraiion. — Pour charger un four à briques, les ouvriers entrent dans le four et y entassent les briques à claire-voie, en plaçant à la partie inférieure celles qui doivent être le plus fortement calcinées. Puis on mure la porte. On élève la température très progressivement jusqu'au rouge orange, on maintient cette température 2 ou 3 jours, puis on laisse refroidir le four en bouchant d'abord toutes les ouvertures ; au bout de quelques jours on peut ouvrir les portes, pour accélérer le refroidissement ; quand il est complet, on rentre dans le four et on décharge les briques.
Dans le grand four de Bollène, le petit feu dure de 5 à 6 jours, le grand feu 3 jours, l'étouflFage 2 jours, le refroidissement 3 ou 4. Dans les fours plus petits, ou pour la cuisson des briques de qualité inférieure, l'opération peut durer moins, 5 à 6 jours par exemple. Parfois, au contraire, le refroidissement se fait plus lentement et dure 10 à 15 jours ; c'est lorsqu'on veut conserver aux produits un bel aspect, et qu'on prolonge la .période d'étouffage pour éviter les gerçures.
Un four occupe un chauffeur ; le chargement est fait par un chef ouvrier aidé de plusieurs manœuvres : il dure un jour. Le défournement dure autant et peut être fait par des ouvriers ordinaires. Les frais de calcination peuvent se monter à 6 ou 8 francs environ, dont 4 à 5 francs de houille, 1 à 2 francs de main d'oeuvre, -et 1 franc d'entretien.
345. Fours annulaires. — On diminuerait peut-être ces frais en se servant du four annulaire. Il faudra le chauffer au gaz, par suite son usage serait indiqué surtout dans le cas où on voudrait brûler des lignites ou des houilles à courte flamme, qui ne pourraient servir au chauffage direct des grands fours. Chaque compartiment sera disposé avec des carneaux d'entrée de gaz sous la sole, comme nous l'avons indiqué page 236. Il faudra
1 2. - Briques spÉciALEâ m
environ 24 compartiments, dont 9 pour Tenfumage et IS pour le refroidissement, en admettant qu'on en défourne un tous les jours. Le chargement se fera comme dans un four ordinaii^e, et la marche sera continue.
Les fours à tuiles ordinaires, marchant aux lignites, brûlent à peu près 10 0/0 de combustible, mais la température ne dépasse pas le rouge cerise soit 900^. Pour la brique réfractaire il faut 1300% et la consommation atteindrait sans doute 15 à 20 0/0. Ce résultat représenterait une économie de 50 0/0 sur les fours ordinaires ; c'est à peu près ce que procure en général la substitution du four anuulaire aux fours discontinus. Avec la houille ordinaire, l'économie serait sans doute plus faible, à cause des pertes dues k la transformation du gaz.
a46. PriiL de rewieni* — Le prix de fabrication d'une tonne de briques peut monter à 20 ou 30 fr. suivant la valeur du combustible, en y comprenant les frais généraux. Il faut employer à peu près 1.200 kil. de matières premières, dont la valeur est très variable avec Timportance des transports : elle peut être de 15 à 20 fr. dans des conditions ordinaires, ce qui ferait revenir la tonne de briques à 40 à 50 fr.