I,KS CAUACTKUKS DES ANIMAUX ARTICULÉS
Mais claas cet embranchement tles Annelés, comprenant à la fois les Insectes , les Myriaiiodes, les Arachnides, les Crustacés, les Annélides et les Vers inférienrs, il était impossible de ne pas reconnaître deux divisions principales. D'un coté, les Insectes, les Myriapodes, les Arachnides, et les Crustacés; tous les animaux à membres articulés. De l'autre coté, les Annélides ou les Vers autrefois nommés, les Vers à saïuj rouge, et les A'ers inférieurs, parmi lesquels les Vers intestinaux ou parasites, aujourd'hui répartis en plusieurs classes, l'ormeut la piirt la plus considérable.
Par cette considération, M. Milne Edwards a été conduit à admettre dans rembranchement des Annelés deux sous-enil)ranchements : les Articulés et les Vers. Cette séparation exprime heureusement l'existence des deux grands types ou des deux formes principales de la division des Annelés. Ainsi c'est d'une portion seule de l'embranchement des Ainielés que nous avons à nous occuper; cette portion est le sous-embranchement des Articulés.
Nous venons de voir ce qui caractérise particulièrement ces derniers; il reste à examiner à quels signes on distinguera aisément, en toutes circonstances, un représentant d'une division primaire du groupe des Articulés d'un représentant des autres divisions du même groupe.
Ces divisions portent le nom de classes, comme toutes les divisions analogues du Règne animal, et ici les classes sont au nombre de quatre : les Insectes, les Myriapodes, les Arachnides et les Crustacés.
Le nombre des appendices locomoteui's ([ui existent chez les repi'ésentants de ces quatre classes fournit le caractère le plus frappant, commun à toutes les espèces de chacune de ces divisions.
Ainsi, chez les Insectes, il y a invaria] »lement trois paires de pattes. Les Insectes sont les animaux à six pattes, les Hexapodes,
suivant une appellation qui leur a souvent été appliquée. Il arrive parfois que le caractère ne se manifeste pas dès les premiers temps de la vie; chez les adultes, il se montre toujours avec une évidence complète.
Chez les Myriapodes, il y a des pattes en nombre très-considérable. Tous les anneaux du corps, à l'exception du dernier, portent ime paire de ces appendices. Le nom vulgaire de Millepieds fait allusion au caractère le plus apparent de ces animaux.
Les Arachnides ont invariablement quatre i>aires de pattes. A la vérité, quelques-uns des représentants de cette classe n'ont pas plus de trois paires d'appendices locomoteurs au début de leur existence; mais ces espèces acquièrent toujours, à une époque plus ou moins avancée de leur développement, la quatrième paire de pattes, caractéristique du type auquel elles appartiennent.
Les Crustacés ont en général des pattes au nombre d'au moins cinq paires, souvent de sept paires. Les appendices s'atrophient ordinairement chez les espèces dégradées, et c'est à l'aide de difîéreutes considérations qui seront produites dans la suite, que l'on rapproche ces espèces offrant tous les caractères essentiels de leur type.
Au reste, dès à présent nous pouvons noter que les Crustacés sont confoi^més pour une respiration aquatique, tandis que les représentants des autres classes, à l'exception de certaines larves d'Insectes, sont conformés pour une respiration aérienne.
Beaucoup de particularités d'organisation conduisent à distinguer entre eux les Insectes, les Myinapodes, les Arachnides et les Crustacés. Cependant ces particularités pouvant faire défaut chez les espèces dégradées de chacune de ces classes , il devient impossible de les énoncer comme des caractères généraux. Après l'indication du fait le plus frappant, la dilTérence dans le nombre des appendices de la locomotion, nous avons tout avan-
LlîS CAIlAr.TKUES DRS ANIMAUX ARTICULKS. r>:i
tago, pour rexposition claire du sujet, à uous attacher d'abord à l'étude des représeutauts duue classe en particulier. Eu passant ensuite aux autres classes, les compamisons se produiront, et feront ressortir les diU'érences aussi bien que les ressemblances et les analogies.
La classe des Insectes viendra ici la première.
Les pattes ou appendices locomoteurs, au nombre de trois paires, ont été signalées comme le caractère le plus général propre à faire distinguer les Insectes des Arachnides et des Myriapodes ; mais les Insectes ont pour la plupart, dans leur état adulte, des appendices remarquables dont aucun représentant d'une autre classe d'Articulés n'offre l'exemple. Ces api)endiccs, ce sont les ailes. La présence des ailes est l'indice d'un perfectiomiement organique avancé chez les Insectes. Elles n'existent point chez les espèces dégradées, ou en d'autres termes, les espèces qui s'arrêtent de bonne heure dans leur développement, comme les parasites et quelques femelles. Voici comment un caractère des plus saisissants ne peut entrer dans la caractéristique générale des Insectes.
Les Insectes respirent par des orifices percés dans les téguments, et ils ont tous, sans exception connue, un appareil respiratoire ditîus, et tellement diffus, qu'il est disséminé dans toutes les parties du corps. Mais le caractère n'est pas exclusif. La même disposition des organes de la respiration existe chez les Myriapodes et chez les Arachnides inférieui's. Les autres systèmes organiques nous offrent des faits du même genre.
Pour comprendre la valeur des généralisations auxquelles conduit l'étude de notre sujet, il est nécessaire de prendi'e une connaissance sérieuse de l'organisation des principaux représentants de chacune des classes du groupe des Articulés.
Nous arrêtant en premier lieu à la classe des Insectes, il s'agit avant tout de se former une idée nette de l'organisation spéciale à ces animaux, à l'exclusion de ceux des autres classes. Sans cette
étude préliminaire, jamais les différents phénomènes du développement ou des métamorphoses des espèces ne pourraient être bien compris; jamais les habiludes, les mœurs, les instincts, les lueurs d'intelligence de nos divers Insectes ne s'offriraient à nos yeux avec leur véritable caractère; jamais les conditions d'existence si diverses de ces Insectes ne sauraient être appréciées, si elles n'étaient considérées dans leurs rapports avec la conformation organique. Sans cette étude préliminaire, le sentiment vrai de la nature ne pourrait s'acquérir; l'esprit philosophique manquerait de son appui le plus ferme pour demeurer dans la vérité, eu voulant interpréter les faits dans la grandeur de leur manifestation.
Seulement, avant d'entrer d'une manière intime dans notre sujet, notons, pour n'avoir plus à y revenir, certains points relatifs à la classification et à la nomenclature, sur lesquels il importe d'être fixé.
La classe des Insectes se partage très-naturellement en douze ordres.
Ces ordres sont les Lépidoptères, les Hyménoptères, les Coléoptères, les Orthoptères, les Thysanoptères, les Névroptères, les Hémiptères, les Aphaniptères, les Strepsiptères, les Diptères, les Anoplures et les Thysanures. Ces noms, à l'exception des deux derniers, indiquent que les ailes ont offert pour chaque groupe le caractère le plus apparent, le plus facile à constater; mais c'est en traitant de chaque division en particulier, que nous aurons à signaler tout ce que les ailes présentent de traits caractéristiques.
L'arrangement des ordres que nous venons d'éuumérer n'a pas une extrême importance et il y a un intérêt fort médiocre à commencer par un groupe plutôt que par un autre, à moins que l'on ne soit dirigé par une vue spéciale. 11 semblerait naturel de s'occuper en premier lieu des espèces les plus parfaites et de passer successivement aux autres formes, de façon que vienne la dernière la forme la plus dégradée. Mais les dégradations ou
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les arrêts de développement ne se manifestent pas avec la régularité que les philosophes d'une autre é[)0<iue s'étaient jdu h admettre. Dans cliacmi des ordres, il existe des espèces plus élevées que les autres sous le rapport de leur organisation, et les affinités naturelles de eha([ue type sont souvent très-multiples. Le naturaliste doit donc s'attacher bien plus à la définition l'igoureuse des types qu'à l'ordre dans lequel ils sont énumérés, puisque en aucun cas une série linéaire ne saurait être l'image d'une réalité.
Les divisions qui viennent après les ordres sont les familles, et après les familles les tribus. Autrefois la nomenclature de ces divisions était absolument arbitraire. C'était une foule de noms tirés tantôt d'un caractère, tantôt d'un détail de mœurs. Au grand avantage de l'étude scientifique, ces noms ont pu être supprimés. Il y a une quarantaine d'années, un zoologiste anglais, Swainson, a eu l'heureuse idée de prendre pour le nom de la famille le nom même du genre principal de cette famille, en lui adjoigûant une terminaison ou désinence particulière. Comme, en général, ou apprend avant tout à connaître les grands types par leur nom, l'appellation de la famille reste aisément dans la mémoire. Les désinences adoptées par les auteurs varient encore, mais le principe est admis aujourd'hui par presque tous les naturalistes.
Un exemple fera comprendre ce système de nomenclature à la fois si simple et si avantageux. Tout le monde, assurément, connaît les noms génériques de Scarabée, de Locuste, d'Apis (Abeille); or, les noms de familles: Scarabéides [Scarabœidœ), Locustides (Locustidœ), Apides (Apidœ), indiquent aussitôt qu'il s'agit d'espèces offrant les caractères essentiels des Scarabées, des Locustes ou Sauterelles, des Abeilles.
Les appellations Scarabéines, Locustines, Apines, sont appliquées à des groupes moins étendus, que l'on nomme les tribus. On emploie les dénominations de Scarabéites, Apites, Locustites,
pour les groupes plus restreints, qui sont eu quelque sorte les grands genres. Parfois les familles sont les. divisions les plus importantes que l'on puisse admettre dans un ordre ; mais parfois aussi quelques caractères réunissant plusieurs familles ou séparant l'une d'elles de toutes les autres, il y a alors avantage, pour la précision dans l'énoncé des faits, à adopter une division intermédiaire à l'ordre et à la famille, comme le sous-ordre ou la section. Nous en trouverons des exemples.