‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 15 sur 102 · I.ARVK DU CALOSOME SYCOPilANTK · texte numérisé non relu

I.ARVK DU CALOSOME SYCOPilANTK

{Calosoma sycophanta).

?ic, vue par la face dorsale et par la face venlrale

anneaux de l'abdomen eu grande partie couverts de plaques solides, dont la disposition est propre à éclairer sur la constitution fondamentale des anneaux. Arrêtons notre attention sur la

l.i:S UUUANKS L)i; MUUVEMliNT DES INSECTES. (if.

larve d'un Coléoptère carnassier, le Calosonie syeopluiute, l'une des plus grandes espèces de notre pays.

L'abdomen présente ici, comme dans la Chenille, nenl' anneaux bien distincts. Nous en compterons dix, eu preuant pour un anneau un tubercule servant de support à la partie postérieure de l'auimal. Considérés en dessus, ces anneaux oiïrent une large pièce dorsale divisée par un sillon indi([uant son mode de constitution, et, de chaque côté, une petite pièce répondant à celle des anneaux du thorax qui existe au-dessus de l'insertion des pattes, et que l'on nomme, à raison de cette situation, lépimère. La grande pièce latérale et les deux pièces latérales constituent l'arceau dorsal. Passons à l'examen de l'arceau ventral. Les parties latérales n'occupent encore qu'un espace assez restreint; le développement de l'arceau inférieur n'est pas aussi avancé que celui de l'arceau supérieur. Au centre de l'anneau, on remarque deux séries transversales de pièces solides : la pi-emière, formée d'une seule pièce assez large ; la seconde, d'une rangée de t[uatre très-petites pièces. Par leur coalescence, ces parties viendront constituer la lame ventrale ou sternale, et en y ajoutant les deux pièces latérales répondant aux episterimms des anneaux thoraciques, nous aurons l'arceau inférieur dans son entier.

L'arceau très-simple de l'abdomen du Lépidoptère se forme par une seule lame commençant par deux points à^ ossification latéraux ' ; l'arceau plus complexe de notre larve de Coléoptère par deux rangées de pièces. L'anneau le plus parfait d'un Insecte doit se constituer par quatre séries; car, dans les anneaux les plus complets du thorax des adultes, on ne compte pas moins de (piatre pièces à la suite les unes des autres.

Le thorax est cette partie du corps que l'on appelle vulgairement le corselet, s'il s'agit d'une Abeille, d'une Guêpe, d'un

' A défaut d'un terme spécial consacré, on est obligé d'employer le mot ossification pour indiquer la solidification des pièces du système tégumentaire des Articulés.

Papillon, d'une Mouche. Le nom de corselet est, du reste, une expression vague ; car, en l'appliquant à un Coléoptère, à une Sauterelle, à une Punaise de bois, on ne désigne point par ce mot le thorax tout entier, mais seulement le premier anneau du thorax.

Dans la classe des Insectes, le thorax est formé invariablement par les trois anneaux placés à la suite de la tête. La position de ces anneaux conduit à les déterminer infaiUiblement, même chez une larve vermiforme, dont les anneaux du thorax et de l'abdomen sont absolument semblables. Le caractère essentiel des trois anneaux thoraciques est de porter les pattes; le caractèi'e du second et du troisième anneau est de supporter les ailes, qui existent chez toutes les espèces arrivées à l'état adulte, sans avoir subi manifestement ce qae Geoffroy Saint- Hilaire a appelé un arrêt de développement. La présence des pattes, et surtout la présence des ailes, ont rendu nécessaire un développement très-considérable des anneaux thoraciques, et particulièrement des deux derniers. Pour loger les muscles volumineux destinés à mouvoir les appendices de la locomotion, un vaste espace était indispensable, ainsi que des surfaces multipliées pour fournir des points d'attache à ces mêmes muscles.

La composition du thorax des Insectes a été, il y a environ quarante-cinq ans, l'objet d'une foi't belle étude de la part de Victoi' Audouin. Ce naturaliste, guidé par les vues de Geoffroy Saint-Hilaire et de Savigny, a constaté l'uniformité de plan dans la composition des anneaux thoraciques de tous les Insectes, et, afin de donner au sujet toute la précision possible, il a désigné par des noms les différentes pièces qui entrent dans la constitution du thorax *.

' Ce travail a été présenté à l'Académie des sciences en 1820, mais il n'a été publié (sans être totalement achevé) qu'en lS2li, dans les Annales des sciences naturelles {t. I, p. 97 et il6), sous le titre de Recherches anatomiques sur te thorax des Animaux articulés et celui des Insectes hexapodes en particulier. — Victor Audouin, membre de l'Institut et professeur au Muséum d'histoire naturelle, né à Paris, le 2 avril 1797, est mort le 9 novembre 18il.

i.i:s ()ivr.ANi:s uu akuivrment des insectes. g:

Cette nomenclatui'o, uuionrd'luii adoptée par tous les zoologistes, est fort simple. Uu noui particulier ilistiuguc d'abord chacun des anneaux tlioracif[ues.

\a' premier, avec le([uel s'articule la tèt(>. est \v. prothorax ;

CALOSOME {Calosoma sycoplMMa).

Insecte adulte ^'ossi, dont les principales parties du corps ont été sépari la tète; — 6, le prothorax; — c, le mësothorax; — d, le

le second, supportant les ailes de la première paire, est le mésothorax; le troisième, suppoi'taut les ailes de la secoude paire, est le métathorax.

Le mode de formation des anneaux de l'abdomen ayant été constaté, la constitution exacte des anneaux thoraciques est devenue facile à déterminer. La différence se borne à une complication un peu plus grande dans ces derniers. Les trois anneaux du thorax ayant la même composition, avec la connaissance d'un seul anneau, de celui, par exemple, dont la composition est la plus parfaite, la connaissance des deux autres se trouve également acquise.

Dans la chenille (le Ver à soie), les anneaux du thorax n'offrent encore aucune pièce solide. Par leur texture, par leur dimension, ils ne diffèrent pas des anneaux de l'abdomen. Leur position et la pi'ésence des pattes sont les seuls signes caractéristiques qu'ils présentent à l'observateur. Le grand développement du mésothorax et du métathorax du Lépidoptère ne commence que dans la chrysalide, et ce commencement n'a été jusqu'ici l'objet d'aucime étude sérieuse.

La larve du Calosome, sur laquelle s'est déjà arrêtée notre attention, a les parties thoraciques très-cuirassées. En dessus, nous voyons les trois anneaux revêtus, comme les anneaux de l'abdomen, d'une double piçce dorsale, accompagnés de chaque côté de la petite pièce latérale que Victor Audouin a nommée Vépimère, à cause de sa position au-dessus de la hanche. Voilà l'arceau supérieur. La pièce dorsale est très-grande, mais elle n'offre aucune division transversale, et cependant, dans l'Insecte adulte, il y aura, aux deux anneaux qui supportent les ailes, quatre parties distinctes, formant une série longitudinale. Des recherches approfondies sur les changements qui se manifestent pendant l'état de nymphe restent à poursuivre.

A la face inférieure, les anneaux thoraciques de notre larve de Calosome sont en grande partie membraneux. Une petite

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