I.KS UltGANES UU MOUVEMENT DES INSECTES
('.es youx simi)los n'existent pas, à beuucoup près, dans tous les groupes de la classe des Insectes. Dans les espèces qui en sont pourvues, ils sont presque toujours au nombre de trois et disposés en triangle ; mais, à cet égard, il y a des ditlerences assez sensibles. Dans certains Insectes, on n'observe que deux ocelles, plus rarement vui seul.
CORNÉULES DES YEUX DE L'ABEILLE {Apis melUIlca).
CORNEULES DES YEUX D UNE LIBELLULE {.Eschna forcijiata).
Les antennes sont des appendices mobiles, multiarticulés, offrant toutes les variations imaginables dans leur forme, dans leur longueur. Le vulgaire les appelle des cornes. Elles s'insèrent sur divers points de la tète, tantôt sur les côtés, tantôt en dessus, plus ou moins en avant ou en arrière, par une sorte de bulbe dans une cavité cotyloïde. Les antennes sont toujours très-petites cbez les larves.; chez les adultes, elles prennent d'ordinaire un développement considérable, et pai'aissent jouer un rôle important dans l'existence de l'animal. Dans leur plus grande simplicité, les antennes sont des tiges divisées par des articulations, avec un premier article souvent beaucoup plus .gi'and que les autres et constituant une sorte de pédicule. Mais chez une infinité d'Insectes, les antennes ont des articles élargis, parfois tous leurs articles pourvus de rameaux. C'est dans l'his-
toire de chaque type que nous chercherons à découvrir le but des difFérentes formes qu'alïectent ces appendices.
Le système tégumentaire des Insectes, sorte de squelette extérieur, fournit toutes les attaches des muscles qui déterminent les mouvements des appendices et des difîéi'entes parties du corps.
Les muscles des Insectes sont formés d'une multitude de fibres parallèles ou peu divergentes, ayant des stries transversales bien prononcées, analogues à celles des muscles des animaux supérieurs. Les fibres musculaires, empilées les unes sur les autres, très-peu adhérentes entre elles, présentent, sous le microscope, l'apparence de fines lanières.
Les muscles, d'ordinaire enveloppés par une gaine fibreuse admirable de délicatesse, en général attachés directement sur les pièces qu'ils sont destinés à mouvoir, quelquefois fixés par des tendons d'origine, se partagent souvent en faisceaux plus ou moins nombreux. Cette division, si fréquente chez les Animaux articulés, a jeté Lyonet, l'auteur de YÉtude anatomique de la Chenille du Saule, dans une grave erreui'.
Le consciencieux naturaliste compta tous les faisceaux musculaires comme autant de muscles distincts. Il en trouva i06I chez la Chenille, chiffre bien supérieur à celui des muscles de l'Homme et de tous les Vertébrés. La plus simple réflexion pourtant aurait dû être suffisante, semble-t-il, pour faire apercevoir la réalité. Les mouvements d'une chenille étant trèsuniformes, les instruments ne sauraient être aussi multipliés que chez les animaux où la diversité des mouvements est extrême.
En examinant les muscles d'une manière comparative chez des espèces appartenant aux principaux groupes de la classe des Insectes, des dissemblances, très-grandes en apparence,' s'offrent aux yeux de l'observateur. Mais bientôt, à son attention, se révèle l'existence d'un fonds commun dont les éléments
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tantùt se séparent ou se cout'ondent, tantôt prennent un développement considéraltle ou s'amoindinssent à rcxtrènic. Les muscles deviennent plus nombreux, si les mouvements doivent être très- variés; seulement, on arrive à reconnaître que l'accroissement du nombre des muscles est dû à de simples divisions. Les fibres se partagent eu deux ou trois faisceaux ou même davantage, au lieu d'être réunies en une seule masse.
Dans tous les cas, les muscles ([ui déterminent les mouvements généraux des appendices, on les mouvements particuliers des divers articles des membres articulés, sont antagonistes les uns des autres : les extenseurs ou élévateurs en opposition avec les fléchisseurs, abaisseurs ou rétracteurs. Les anatomistes ont modifié les noms, suivant la direction que prennent les pièces mises en jeu. C'est ainsi qu'un fléchisseur devient rétracteur ou abaisseur, selon le caractère de la pièce sur hiqucUe il doit agir.
Il est remarcpiable de voir par (luel procédé la nature varie les mouvements d'un appendice ou seulement d'une partie de cet appendice. La situation ou l'étendue d'une échancTure, une l'aible saillie formant un point d'arrêt, suffisent pour modifier les mouvements des appendices. Pour que l'action des muscles se trouve en rapport avec le mode d'articulation des pièces, un léger déplacement des attaches, une variation très-peu apparente dans l'étendue des surfaces, suffisent à produire un effet différent. Si les mouvements d'une pièce ont une course plus grande qu'à l'ordinaire, le muscle, simple lorsque le mouvement est restreint, se décompose en plusieurs faisceaux capables d'agir isolément, de façon à fournir avec une étonnante précision tous les degrés possibles dans le mouvement.
Dans la tête sont logés les muscles qui mettent en jeu les antennes et les pièces buccales; dans le thorax, ceux qui font mouvoir les pattes et les ailes. Ces derniers forment des masses puissantes et très-complexes chez les adultes; ces muscles sont
faibles relativemeut chez les larves^ et disposés d'une munière
plus uniforme.
Les muscles de l'abdomen sont des bandelettes lougitudinales propres à amener la rétraction ou l'extension des anneaux; des bandelettes transversales peu nombreuses, capables de produii'e un resserrement, et des faisceaux obliques qui permettent aux anneaux de se contourner dans le sens latéral. Si les anneaux de l'abdomen sont privés de mobilité, comme cela se voit chez beaucoup d'Insectes, et en particidier chez les Coléoptères, les muscles abdominaux s'atrophient en grande partie.
Dans tous les temps, les observateurs même assez superficiels ont été frappés de l'énergie des mouvements des Insectes. La force énorme, relativement à leur taille, qUe déploient ces animaux est parfois saisissante. N'a-t-on pas trop fréquemment sous les yeux l'exemple de la Puce s'élevant, par l'effort de ses pattes postérieures, à une hauteur quarante ou cinquante fois plus considérable que celle de son propre corps? Alors on voit, en imagination, à quels prodiges se livrerait un homme capable de produire, proportionnellement à sa masse, un mouvement aussi énergique que celui de la Puce.
Placez un Escarbot sous un chandelier, et l'Insecte le fera remuer par ses efforts pour se mettre en libeiié, disait le plus célèbre des écrivains de l'Ecosse; ce qui est la même chose, ajoutait-il, que si l'un de nous ébranlait par de semblables cffoiis la prison de Newgate.
Des remarques du même genre ont été faites en maintes circonstances. Combien de personnes se sont émerveillées en contemplant de petites Fourmis traînant des fardeaux vingt fois lourds comme elles-mêmes. L'exemple des Fourrais a été cité par Pline, et tant de fois il a été répété, qu'on n'en saurait dire le chiffre. Toujours on s'étonne à la vue de ces Hyménoptères, Sphex et Pompiles, aux formes grêles, portant à leur nid une proie bien plus volumineuse et beaucoup plus pesante que
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loni' propre corps, sans (|iie leur vol cesse d'être rapide et assuré.
On a essayé de compter le nombre des vil)rations des ailes d'une Mouche, et le nond)re a été trouvé prodigieux. De nos jours, le voyageur emporté pai* uji train lancé à toute vapeur s'amuse souvent à regarder à la portière les Insectes, les Moucherons, qui voltigent avec une aisance incomparable. Ces frêles Diptères, malgré l'agitation de l'air, vont, viennent, retournent, s'élèvent et s'abaissent, continuant leur manège des heures entières, comme s'ils avaient à nous montrer que la plus grande vitesse dont nous disposons est insignifiante pour la puissance de leurs ailes délicates.
Récemment, un jeune naturaliste de la Belgique, M. Félix Plateau, a cherché à déterminer rigoureusement la force musculaire d'un certain nombre d'espèces de la classe des Insectes, voidant donner le caractère de la précision à des faits connus jusqu'ici par des observations trop générales.
A l'aide de petits appareils d'une construction assez simple, l'expérimentateur a vu que le Hanneton est capable de tirer un poids de 14 à 15 fois, en moyenne, supérieur à celui de son corps; que le poids tiré a pu être élevé jusqu'à 21 fois celui du coi'ps de l'animal; que le Carabe doré traîne, en moyenne, un poids de 17 fois, et dans les cas extrêmes, de 221 fois celui de son corps; que la force des petites espèces est toujours relativement très-supérieure à celle des plus grosses.
Cette dernière observation s'accorde avec ce qui était déjà établi par le calcul : le poids du corps augmentant suivant le cube, la force motrice mesurée par la section des muscles ne s'élève que suivant le carré.
D'après la moyenne des estimations, un Cheval pesant environ tiOO kilogrammes ne traîne pas un fardeau excédant 400 kilogrammes. D'api'ès les calculs de M. Plateau, si le Cheval était doué de la même force l'elative que certains Coléoptères (les
Donacies), la traction tp'il poiu-rait exercer pendant (pn-lqnes inslants dépasserait 25 000 kilogrammes.
Les Insectes, avec leurs tarses mnnis de griffes, ont la faculté de se cramponner, et, par ce moyen, d'exercer un effort beaucoup plus considérable cjue l'animal prive d'une armatni'e analogue. Cette considération surtout a conduit à douter de l'exactitude rigoureuse des résultats obtenus dans les expériences instituées dans le but de déterminer la force de traction des Insectes. M. Plateau pense avoir suffisamment neutralisé l'avantage des griffes; les surfaces offertes pour la marche aux sujets employés dans les expériences, comme des cartons revêtus de mousseline, semblent cependant être bien favorables à l'usage des griffes ou crochets qui terminent les tarses.
M. Plateau, dirigeant ses expériences sur les Insectes les plus remarquables par la puissance de leur vol, comme des Névrnptèros et des Diptères, a vu que telle Libellule emportait un fardeau d'un poids équivalent à une fois et demie celui de son corps; que plusieurs Mouches s'envolaient avec un objet ayant presque le double de leur propre poids.
De grandes différences ont été observées dans la force manifestée par des Insectes de la même espèce; aujourd'hui il serait intéressant de rechercher les coïncidences entre la puissance des mouvements et l'activité respiratoire des individus.
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