SÏSTÈME NERVEUX DU BOMBYX DU MURIEU A 1,'ÉTAT DE VER A SOIE
chement et même fusion complète de ces centres nerveux, ou nu moins des deux derniers,
9(1 M:s MÉTAMdUPHdSKS DES INSKCTES.
Comparons les ganglions thoraciques dn Bombyx du Mûrier à l'état de Ver à soie et à l'état de papillon, nous aurons im exemple frappant des modifications qui peuvent se produire quand se perfectionne beaucoup l'organisation d'un Insecte.
Le ganglion prothoraciquc est, dans tous les cas, uni au ganglion sous-œsophagien par des cordons ou connectifs plus ou moins longs, comme sont unis entre eux les centres nerveux de toute la chaîne ganglionnaire. Dans le Ver à soie, les trois centres nerveux thoraciques sont petits et espacés de toute la longueur des anneaux. Dans le papillon, ces mêmes centres nerveux, dont le volume a considérablement augmenté, se sont intimement unis, et se trouveut de la sorte ramassés au centre du • thorax, c'est-à-dire dans le mésothorax. 11 n'y a plus cpiunc masse médullaire allongée ; mais, à des étranglements assez prononcés, comme à l'origine des nerfs, on reconnaît aisément les limites de chacun des trois centres nerveux.
Chez d'autres Insectes, le ganglion prothoracicpie reste toujours très-distinct du ganglion raésothoracique. Il en est ainsi chez tous les Coléoptères, les Orthoptères, les Hyménoptères; le ganglion du mésothorax et celui du métalhorax se confondent seuls chez les espèces (pii atteignent le plus haut degré de perfection.
Dans la larve de l'Abeille, les trois centres nerveux thoraciques sont disposés presque exactement comme chez la chenille du Bombyx du Mûrier; disposition ordinaire, du reste, dans la plupart des larves. Chez l'Abeille adulte, l'accroissement de volume des parties est énorme ; mais le ganglion du prothorax a conservé sa place primitive, tandis que les ganglions mésothoracique et métathoracique se sont confondus en une seule masse. La centralisation qui amène la réunion des centres nerveux thoraciques ne se produit, au reste, que dans les types les plus parfaits. Dans le très-grand nombre des Insectes, ces centres nerveux demeurent toujours isolés les uns des autres.
LE ^;ysti:me neuveux. oi
Lo -aiif^runi protlu.i'ariciuo l'oiii-uii les iioi'ls des pattes de la
pi-eiilière paire ; le yaugliou inésothoracuiue, les nerfs des i)altes
de la seconde paire et des ailes
thoraeitpie. les nerfs des p
antérienres ; le ganglion métatattes de la troisième paire et des
YSTEMi; NEUVEI'.N
ailes postérieures. Les origines de ces nerfs sont invariables, ([uel que soit le degré de diffusion ou de centralisation de la chaîne ganglionnaire.
Les ganglions de l'abdomen sont au nombre de neuf paires chez une infinité de larves. Ce nond^-e persiste parfois jusque
dans l'état adulte. Dans les larves où l'on compte dix anneaux à l'abdomen, on n'a jamais observé plus de neuf centres médullaires. La marche du perfectionnement organique d'avant eu arrière, que nous avons constatée dans l'étude du système téguraentaire, est bien manifeste aussi pour le système nerveux. Relativement aux centres médullaires du thorax, les ganglions de l'abdomen sont petits; les deux noyaux, presque toujours confondus dans les centres nerveux thoraciques, demeurent souvent distincts dans les ganglions abdominaux. Les ganglions du thorax étant ramassés sur le même point ou tout à fait réunis, les ganglions de l'abdomen, dans la plupart des cas, restent espacés. La centralisation ne se prononce pas au même degré dans la région postérieure du corps que dans la région moyenne, ni dans celle-ci au même degré que dans la région antérieure.
Dans une chenille, le Ver à soie \mr exemple, la chaîne ganglionnaire abdominale présente huit ganglions. Les sept premiers, reliés les uns aux autres par de longs connectifs, sont logés dans les sept premiers anneaux de l'abdomen.
Le huitième ganglion, notablement plus gros que les précédents, a déjà été refoulé vers la partie antérieure du septième anneau. Son volume indique qu'il est le résultat de la fusion d'au moins deux ganglions. Un mouvement vers la centralisation s'est donc prononcé dans la partie postérieure de la chaîne abdominale. En effet, dans d'autres Insectes moins avancés dans leur développement, le huitième et le neuvième ganglion de l'abdomen occupent le huitième et le neuvième anneau.
A peine la chenille est-elle transformée en chrysalide, que la chaîne ganglionnaire offre un changement manifeste : les cordons qui unissent les centres nerveux ont subi une ondulation ; bientôt ils se sont l'accourcis ; les centres nerveux se sont ainsi rapprochés les uns des auti^es. Chaque jour, les premiers ganglions de l'abdomen se sont portés davantage vers les cen-