‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 23 sur 102 · LE SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

LE SYSTÈME NERVEUX

tri's médullaires thoraciques, et les derniers se sont rassemblés. C'est la })ortion moyenne de la chaîne qui éprouve le moins de changements ou qui éprouve les changements les plus tardifs. Le papillon est éclos : la chaîne abdominale semble formée de quatre ganglions seulement ; les ganglions des deux premiers anneaux de l'abdomen de la chenille ont entièrement disparu, en se confondant avec le centre médullaire du métathorax ; ceux des quatre derniers anneaux se sont réunis en une seule masse. Ce sont là des faits faciles à observer, en étudiant jour par jour le système nerveux sur des chrysalides transformées dans le même temps.

Un autre Insecte, l'Abeille, peut nous fournir l'exemple d'un changement plus considérable q\ie celui qui nous est offert par le Bombyx du Mûrier. La larve de l'Abeille est un être plus imparfait ou moins avancé dans son développement que la chenille ; l'Abeille est »ui être plus parfait que le Papillon. Dans cet Insecte, trois des ganglions abdominaux sont venus se confondre avec le centre nerveux métathoracique.

Il est un groupe de l'ordre des Coléoptères, la famille des Scarabéides, dont toutes les espèces ont les ganglions abdominaux remarquablement centralisés. Dans la larve du Hanneton, le Ver blanc, ces ganglions sont rassemblés vers la partie antérieure du corps et accolés les uns aux autres. Chez le Hanneton adulte, tous ces ganglions ne forment plus qu'une masse allongée, unie au centre nerveux métathoracique.

Chez tous les l'eprésentants de la classe des Insectes, les progrès du développement amènent des changements analogues dans le système nerveux. Le développement s'arrête plus tôt ou plus tard, suivant les types ; la centralisation est poussée ainsi plus ou moins loin, portant tantôt davantage sur une portion de l'appareil, tantôt sur une autre portion. Le degré de centralisation donne donc le degré de perfection relative auquel pai'viennent les diflerents types.

La centralisation la plus grande étant reconnne dans l'économie animale, on a le signe de l'organisation la plus parfaite. Il y a dans cette connaissance acquise tout un enseignement qui ouvre la carrière à bien des applications.

Les parties qui viennent d'être décrites appartiennent an système nerveux de la vie animale. Le cerveau foiuMiit principalement les nerfs des organes des sens; la chaîne ganglioiinaire, les nerfs des mouvements et de la sensibilité.

Nous avons encore à porter une attention spéciale aux parties du système nerveux affectées aux appareils organiques.

C'est -le système nerveux de la vie végétative ou de la vie organique. Autour des ganglions cérébroides se ti^ouvent groupés de très-petits noyaux médullaires, signalés depuis longtemps par les anatomistes, mais dont les attributions particulières ont été reconnues il y a seulement une vingtaine d'années.

Cet ensemble de petits ganglions, avec les nerfs qui en dérivent, se partage naturellement en trois portions distinctes : les ganglions et les nerfs intestinaux: les ganglions et les nerfs du vaisseau dorsal ou de l'appareil circulatoire ; les ganglions et les nerfs des trachées ou de l'appareil respiratoire.

Les noyaux médullaires de ce système, extrêmement petits chez les larves, augmentent notablement de volume chez les adultes, comme on peut le voir sur les figures où ils sont représentés chez le Dytique sous son premier et son dernier état.

Le système nerveux intestinal règne sur la ligne moyenne du tube digestif. Simple ou impair chez le plus grand nombre des Insectes, il est double dans sa partie postérieure chez plusieurs types, notamment dans les Sauterelles. Au devant du cerveau on distingue un petit ganglion ordinairement de forme triangulaire. A raison de sa situation, Lyonet a appelé ce noyau médullaire, le ganglion frontal. Le nom imposé par Lyonet ;) prévalu. Le ganglion frontal offre de chaque coté nn cordon nui, en se recourbant, vient s'unir à la ïncv inféi'icuir des

LE SYSTKMI': NKHVKUX. Qâ

lobes céi't'broïdes. Eu arrièro, il (Miict nu soûl uerf qui, eu se <lii'igenut sur l'œsopliaf^e, passe sous les ganglions cérébroules et s'unit aussitôt à un très-petit noyau médullaii'e. De ce point descend un nerf envoyant sur son trajet des rameaux trèsdéliés, et atteignant un troisième ganglion placé à l'extrémité du jabot. De ce dernier centre nerveux partent deux ou trois nerfs fort grêles qui s'étendent sur le gésier et l'estomac, où leur ténuité devient telle, qu'il est fort diflicile de les suivre davantage. Les ganglions de l'appareil circulatoire situés d<' iliaque côté de l'œsopliage, adhérents à la face postérieure du cerveau, reliés l'un à l'autre par luie étroite commissure, sont appliqués contre le vaisseau dorsal. Ils fournissent chacun un uerf qui descend s\u' le côté de cet oi'gane. Chez les Hémiptères, les deux noyaux médullaires passent sous l'aorte et .se conlondent en une seule masse. Les ganglions de l'appareil respiratoire sont unis aux précédents par un cordon assez court, et, s'appuyant sur les trachées qui pénètrent dans la tète, ils envoient à ces tubes des fdets que l'on a réussi à suivre assez loin.

Les anatomistes ont beaucoup cherché à quelle partie du système nerveux des animaux supérieurs il convenait d'assimiler le système nerveux de la vie végétative des Insectes. l'2n considération de ses fonctions, Newport a estimé qu'il répondait aux nerfs pneumogastriques de l'Homme et des Animaux supérieurs. L'appréciation de l'ingénieux anatomiste anglais est évidemment l'expression de la réalité.

Ce n'est pas tout encore. Au-dessus de la chaîne ganglionnaire, on découvre aisément, chez les larves, un nerf tirant son origine du ganglion sous-œsophagien, présentant de distance en distance de petits renflements médullaires, desquels dérivent des lilets qui vont s'unir aux nerfs naissant de la chaîne ganglionnaire. 11 y a un de ces petits noyaux dans chaque zoonite, mais souvent on cesse de les distinguer nettement vers la partie postérieure du corps. Ces noyaux se sont

confondus avec les centres médullaires de l'abdomen. Cependant il arrive que le gi'and sympathique demeure distinct dans toute sa longueur, même chez des adultes : le Bombyx du Mûrier en offre un exemple. C'est de cette portion du système nerveux principalement qu'émanent les fdets qui vont animer les orifices

PORTION ANTERIEURE Dr GRAND SYMPATHIQUE Régnant au-dessus de la chaîne ganglionnaire, chez le Ver à soie {Bombyx lloii}.

respiratoires, l'extrémité du tube digestif, les organes do la génération.

Le grand sympathique des Insectes a été vu et signalé pour la première fois par Lyonet dans la Chenille du Saule. Cet anatomiste, n'en ayant nullement apprécié la nature, appela les petits noyaux et les filets qu'il observa au-dessus de la chaîne

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