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parfois bii'ii tlavaiitagc. Son allongement était iudisponsahlc an Papillon puisant sa nouiTiture dans le fond de la coi'ollc des fleurs. Mais la trompe varie hcaiiconp sous le rapporl de sa dimension, selon les espèces. De là un indice ccrtaiii de la nature des fleurs de prédilection pour l'espèce. Le Papillon butinant sur les fleurs à- corolle étalée n'a besoin que d'une petite trompe; il en faut une longue à l'espèce qui préfère les fleurs H corolle eu cornet. 11 est des Lépidoptères dont la trompe est rudinientaire ; ce sont ceux (jui ne prennent aucune uourritin-e. Tout le monde sait (pie le papillon du Ver à soie ne mange jamais. Des Insectes de divers groupes n'arrivent à l'état adulte que pour se reproduire. Le but étant rempli, ils meurent.
Cette trompe, grande ou petite, si elle n'est pas absolument rudimentaire, est toujours roulée en spirale pendant le r(>pos. De la sorte elle occupe [>eu de place; elle ne peut eu rien gêner les mouvements de l'animal. L'Insecte est-il pris de la tentation de humer le nectar d'une fleur, soudain, par un ellort des muscles maxillaires, la tronqie se déroule.
Les palpes des mâchoires, si développées chez les Insectes broyeurs, sont ici tout à fait rudimentaires ; organes réduits à l'état de vestiges, ils existent comme simples témoins d'organes ayant un rôle important chez une foule de représentants du monde des Insectes. Les palpes de la lèvre inférieure conservent presque toujours, au contraire, des proportions notables; suivant toute probabilité, ils agissent comme organes de tact.
Les Lépidoptères, parmi lesquels nous comptons les Insectes les plus magnifiques entre tous les Insectes, offrent peu de faits remarquables dans leurs habitudes. A l'état de larves ou de chenilles, ils ont encore parfois des instincts curieux; mais à l'état de papillons, ils vivent quelques jours, paraissant n'avoir d'autre rôle à remplir que d'embellir la nature. Ils satisfont à lu loi de la reproduction; les femelles pondent leurs oeufs dans r(Midroit convenable, prenant les soins nécessaires à leur })ro-
tectiou avec un iustiiict qui n'est jamais en défaut, puis tous
les individus adultes disparaissent.
On ne saurait, dans l'état actuel, expliquer comment se produit la coloration chez les Lépidoptères des différents groupes. A ce sujet, des faits seulement peuvent être notés. Toutes les espèces de certains genres se trouvent avoir les mêmes nuances. Les espèces les plus brillantes appartieiment aux régions les plus chaudes et les plus humides : l'Amérique du Sud, les îles de la Sonde et les Moluques et certaines parties de l'Inde. La plupart des groupes du Règne animal offrent des exemples analogues (|ui ont été partout signalés.
Dans le grand genre pour lequel on a réservé le nom de Papillon (Papilio), on voit des groupes entiers composés d'espèces dont le système de coloration est uniforme. Des espèces de ce genre, répandues aux Moluques, aux îles de la Sonde, dans l'Inde, dans la Chine méridionale, ont des ailes d'un noir de veloiu'S, sablées de bleu ou de vert métallique et ornées de taches ou de bandes de la même nuance. D'autres espèces du geni'e, propres à l'Amérique du Sud, aux Antilles, au Mexique, se distinguent par des ailes postérieures pax'ées d'une grande tache ou d'une bande d'un rouge écarlate à reflets d'opale sur un fond noir. D'autres encore, et en très-grand nombre, ont les ailes bigarrées de jaune et de noir.
Les Piérides, le grand Papillon du Chou en est le type, ont généralement les ailes blanches; les Coliades, les ailes jaunes; les Argus, de couleur bleu de ciel chez les mâles, brune chez les femelles. Les Danaides ont la tête et la poitrine ponctuées de blanc; les splendides Morphos de l'Amérique méridionale ont la plupart les ailes d'un bleu métallique chatoyant.
Il existe ainsi très-souvent une sorte d'uniformité dans le système de coloration d'espèces appartenant à des groupes naturels plus ou moins étendus. Ceci s'applique aux représentants de beaucoup de divisions du Règne animal, mais on en
i.KS Li:i'ii)(ti>Ti';iu-:s. los
L'st surtout frappé îi l'égard des Lépidoptères (^t des Oiseaux.
Cherchous-nous les causes de la coloration des Lépidoptères, le but de la nature eu attribuant certaines nnances à des espèces, nous demeurons dans l'ignorance. Les causes déterminantes de la coloration d'un animal nous échappent encore d'une manière à peu près complète; c'est l'action seule de la lumière plus ou moins intense dont nous apercevons parfois les elFets. I^e but de la nature au contraire nous apparaît clairement dans diverses circonstances.
Tel animal vit sur les branches ou sm- le feuillage il'uu arbre, il aura les teintes sombres du bois ou les nuances vertes des i'euilles; c'est une livrée qui dissimule sa présence et le fait échapper à des ennemis. Une infinité de Chenilles en olfrenf 1 exemple. Pour les Lépidoptères diurnes qui recherchent la lumière, paraissant destinés à être l'ornement des campagnes, les couleurs ne sont pas des moyens de dissimulation.
Le docteui" Boisduval a cité de nombreux exemples remarquables de Lépi(lo[)tères pareillement colorés appartenant à différentes familles. Dans nos campagnes, volent au bord des sentiei's les Zygènes et l'Euchélie du Séneçon, ayant également des ailes d'un vert bronzé, ornées de taches rouges comme le plus beau carmin. Dans nos bois, se mêlent les Mélitées ouïes Damiers avec la Lucine, espèces de genres très-dissemblables, si pareilles par leur coloration, que de loin- on ne les distingue pas enti'e elles. Dans les mêmes lieux, c'est une Phalène toute blanche {Geometra deaîbala) qui semble vouloir se confondre avec un Papillon de jour, une Piéride [PierisNapi). A la Chine, le voyageur, trompé par la couleur, peut prendre pour des frères, une Phalène (Phalœna papilionaris) et des Danaïdes aux ailes tachetées de vert. Dans l'Amérique du Sud, les faits du même genre sont nombreux. A Surinam, une Phalène {Phalœna osiris) et un Papillon {Papilio ammon) vivent ensemble, portant la même livrée. 7\^u Brésil comme à la
Guyane, ce sont d'élégants diurnes, des Héliconies et des Castnies appartenant à cette division que les anciens naturalistes appelaient les Crépusculaires, d'un aspect tellement semblable, que les yeux les confondent en les voyant voler dans les sombres forêts du nouveau monde.
Les Piérides ont la plupart les ailes blanches, mais quelquesunes sont parées des couleurs jaunes, rouges, noires des Lépidoptères d'une autre famille, les Héliconies. Et ces Lépidoptères, Piérides par tous leurs caractères de chenille, de chrysalide, de papillon, Héliconies par leurs couleurs, voltigent aux mêmes lieux. Un voyageur anglais, habile entomologiste, M. H. Baies, qui a recueilli d'intéressantes observations sur les Lépidoptères de la vallée de l'Amazone, a vu, parmi les Héliconies vivant en immenses troupes, les Piérides qui leur ont emprunté leurs nuances, des espèces de plusieurs autres genres de Diurnes et même des Phalènes toutes si pareilles aux Héliconies par leur coloration, par leurs habitudes, par leur vol, qu'il devient impossible dans cette foule de distinguer les mies des autres. L'auteur anglais pense que la nature, en donnant à la Piéride ou à la Phalène l'aspect des Héliconies, lui a fourni un moyen d'échapper aux animaux insectivores. L'explication ne semble pas heureuse. L'oiseau chasseur aurait-il donc une préférence pour la Piéride sur l'Héliconie?
Parmi les Lépidoptères, les individus des deux sexes sont souvent tout pareils, mais très-fréquemment aussi ils présentent dans leur coloration des dissemblances extrêmes et parfois de très-grandes inégalités dans leur développement. 11 est des femelles privées d'ailes; il en est de si imparfaites, qu'on les prendrait aisément pour des larves.
11 n'est pas d'ordre, dans la classe des Insectes, dont les métamorphoses aient été autant observées que celles des Lépidoptères.
Les larves, les chenilles, comme on les appelle habituellement, de la plupart de nos espèces européeimes, ont été décrites
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l't liguives. Los (■licnillos d'iiii nsscz f^i'and iioiuhro dCspùccs (les mitres parties du moiido ont également été l'objet de représentations 'plus ou moins fidèles. 11 y a mie séduction pour l'artiste, pour le peintre, à taire le tableau de l'Insecte aux couleurs ou aux formes étranges, et de la plante qui le nourrit. (Test l'animal et le végétal unis par la puissance créatrice, un pni'uu^ de la nature ([ui attire volontiers im esprit observateur.
Les chenilles, à bien peu d'exceplions près, se nourrissant de végétaux, il est facile et amusant de les élever en captivité, de les voir grossir, puis se métamorphoser. Cette éducation est pleine d'atti'ait pour les amateurs de Papillons. Ils épient le moment de l'éclosion, et se trouvent posséder des individus qui n'ont pas secoué leurs ailes, qui n'ont pas perdu une écaille, <|ni enlin sont d'une ravissante fraîcheur.
C'est un but plus sérieux cependant qui a conduit beaucoup de naturalistes à s'occuper des chenilles. Sous leur première forme, les Lépidoptères offrent plus d'intérêt à certains égards que pendant la dernière période de leur existence, où ils se montrent dans tout leur éclat. Les chenilles, du reste, ont aussi leur beauté, et parfois une beauté singulière. 11 est impossible de comprendi'e le sot préjugé, répandu parmi les personnes ignorantes, qui leur fait regarder ces Insectes comme dangex'eux ou répugnants. En" comptant bien, nous ne trouverons guère, en Europe, plus de trois ou quatre espèces dont on doive se méfier, et encore n'y en a-t-il qu'une seule vraiment redoutable. Celles-ci ont des poils aigus qui se détachent avec facilité, pénètrent l'épiderme et causent une démangeaison. Mais toutes les autres chenilles sont des animaux que l'on peut toucher sans le moindre inconvénient, des- animaux qui se nourrissent exclusivement des plantes sur lesquelles on les rencontre, et qui ne justifient le dégoût sous aucun rapport.
Dès le moment où l'on commença à observer les larves des
Lépidoptères, l'intérêt s'attacha à leur étude. Tous les Papillons semblent vivre à peu près de la même manière; les chenilles offrent de nombreuses différences dans leurs conditions d'existence. Des espèces de Lépidoptères, assez dissemblables à l'état de papillons, se ressemblent à l'état de chenilles. Des espèces si voisines à l'état de papillons, que leur caractérisation était des plus difficiles, ont des chenilles faciles à distinguer par leur coloration, par la nature de leur régime, par leur séjour de prédilection.
Des rapports manifestes entre les espèces d'un même type pendant leur premier âge s'obscurcissent chez les adultes, comme on en a des exemples frappants aujourd'hui dans toutes les grandes divisions du Règne animal. Le sentiment de cette vérité avait déjà conduit, en 1775, deux amateurs de Vienne, Denis et Schiffermiiller, à classer les Lépidoptères d'après les caractères des chenilles.
Les ouvrages spécialement destinés à faire coimaître les Lépidoptères sous leurs formes de chenilles et de chrysalides sont nombreux. Même en ne s'occupant pas des anciens livres, dont les figures étaient grossières, on peut énumérer une série de belles pubhcations sur ce sujet. Dans le siècle dernier, un observateur américain, John Abbot, avait décrit et représenté avec une remarquable perfection les chenilles, les chrysahdes, les cocons d'un gi'and nombre d'espèces des Etats-Unis. Son ouvrage a été publié avec luxe à Londres, en 1797, par Smith. Pour les métamorphoses des Lépidoptères d'Europe, on consulte toujours les planches d'un peinti'e d'Augsbourg, Jacob Htibner, qui ont paru de 1806 à 1818. En 1832, le continuateur de l'ouvrage bien connu de Godart sur les Papillons de France, Duponchel, commença une publication sur les chenilles des espèces européeimes. Dans le même temps, trois entomologistes, MM. Boisduval, Rambur et Grasliu, s'associèrent pour un travail du même genre. Ces ouvi^ages, recommandables à
plus iVnu titiv, iioiit pas (Hé achevés. Certaines chonillos se trouvent partout, mais d'autres sont difficiles à rencontrer, et les recherches infructueuses découragent les investigateurs.
Les métamorphoses des phis petits Lépidoptères occupent aujom-d'hui plusieiu-s observateurs. L'ouvrage le plus considérable et le phis complet qui ait paru sui' ce sujet, est celui d'un auteur anglais, M. Stainton.
Depuis quek[ues années, un entomologiste de Lyon, M. MiUière, fait connaître les premiers états encore inobservés de ])eaucoup d'espèces rares, accompagnant ses descriptions de cliarmantes figures, dont le naturaliste ne Uiisse à personne le soin de l'exé- <iitiou.
Les Lépidoptères ('tiuit si bien coiuuis dans leurs métamor- |)lioses. n'aurous-nous doMc à présenter à buir sujet que les observations des auteurs spéciaux? Non, certes. Dans ce champ si exploré, mille petites découvertes restent à faire. On a décrit les formes générales et les couleurs des chenilles, les conditions de leur existence, les caractères des chrysalides, les particularités que présentent les cocons. C'est déjà beaucoup, mais il y a davantage à considérer.
Toutes les chenilles ont une tête bien distincte, un corps plus ou moins allongé, composé de douze anneaux, une bouche pourvue de pièces propres à la mastication, avec une fdière pratiquée dans la lèvre inférieure, trois paires de petites pattes attachées aux trois premiers anneaux, et que l'on nomme habituellement les pattes écailleuses, en outre des pattes membraneuses, le plus ordinairement au nombre de cinq paires. Les premières sont les î;raîes/)a</es,- elles deviendront les pattes du papillon. Les autres sont les fausses pattes; constituées par de simples prolongements de la peau garnis de crochets à l'extrémité, elles sont absolument transitoires : l'Insecte adulte n'en conserve aucune trace.
Les pattes et les pièces de la bouche ayant presque la même
configuration chez toutes les espèces, aucun observateur n'a songé à les regarder de bien près. Or, l'examen de ces parties nous conduira à des aperçus d'im réel intérêt. Une vue nouvelle nous montrera l'existence des Lépidoptères dans leur pi-emier âge, sous un aspect qui n'a même pas encore été entrevu. Nous verrons alors combien sont admirables, chez ces êtres, les adaptations des appendices aux conditions d'existence de chaque espèce. L'examen d'une patte suffira à nous apprendre si cette patte appartient à une chenille qui grimpe après les tiges ou qui se tient sur les feuilles, ou qui vit à l'intérieur du bois, ou qui séjourne dans la terre, à la racine des végétaux, ou qui demeure cachée dans l'intérieur des feuilles. L'observation du labre ou lèvre supérieure, cette petite pièce avancée au-dessus des mandibules, nous dira comment l'Insecte prend sa nourriture. En poussant notre investigation à l'intérieur de l'animal, la considération des glandes qui produisent la soie nous permettra de décider sans autre information si nous avons affaire à une chenille devant subir à découvert sa transformation en chrysalide, ou à une espèce qui s'enferme dans un cocon faible ou solide.
Les chenilles, arrivées au terme de la croissance, cessent de prendre de la nourriture ; les unes choisissent un endroit convenable pour se fixer par une partie de leur corps ou pour s'enfermer dans une coque soyeuse, les autres s'enfoncent dans la terre. En cet état, la chenille se raccourcit, sa peau se fend, et alors se montre la chrysalide, un être emmaillotté, presque immobile, où se dessinent déjà à l'extérieur les formes générales du papillon.
Les formes des chrysalides sont souvent très-caractéristiques ; aussi les classificateurs y ont douné la plus grande attention. Affectant presque toujours des formes anguleuses chez les
(1) Voyez page lU.
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es[)("'c'i's tliiiriit's, elles sdnt oblongues. iiiToiiilies et de couleur brunâtre chez les espèces nocturnes.
11 est prcscpie toujours assez facile de disliiiyuer les unes des autres les espèces de Lépidoptères. Les contours des ailes, les détails de leur coloration surtout, fournissent des signes qui Il ecliajtpent pas à des yeux attentifs. Mais vient-on à s'efforcer d'établir de grandes divisions, des familles, des genres, dans cette uiultitude si attrayante, la difficulté se trouve plus gi-ande que dans la plupart des autres ordres. La raison en est simple : l'organisation générale des Lépidoptères varie dans les limites les plus étroites entre les espèces de l'aspect le plus différent. Aussi les classificateurs se sont donné, sinon beaucoup de peine, au moins beaucoup de tracas, pour grouper ces Insectes de la manière la plus naturelle.
Les appendices ne subissent que des modifications assez minimes. Le régime étant partout le même, les organes de la digestion conservent un grand caractère d'uniformité. Le système nerveux n'offre pas cette diversité de degrés de centralisation, si remarquables dans plusieurs des autres ordres. Tous les Lépidoptères ont, à peu de chose près, le même degré de perfection organique. Les Nocturnes, et surtout les Bombyx, ont, sous ce rapport, un léger avantage sur les Diurnes et les Phalènes, mais l'avantage est faible.
Linné n'avait distingué que trois grands genres dans l'ordre entier des Lépidoptères : les Papillons, les Sphinx et les Phalènes. Les trois genres constituèrent, dans la classification de Latreille , les familles des Diurnes, des Crépusculaires, des Nocturnes. Quand le nombi'e des subdivisions admises commença à être considérable, les trois familles devinrent des sections ou des divisions supérieures aux familles. Puis on s'aperçut que les noms de Diurnes, de Crépusculaires et de Nocturnes ne répondaient pas dans tous les cas à l'idée que l'on devait s'en former et que les trois sections n'étaient pas différenciées par des caractères précis. Tout le
monde reconnut qu'il n'y avait que deux grands types dans l'ordre, l'un représenté par les Diurnes, l'autre par l'ensemble des Crépusculaires et des Nocturnes. Les premiers ont tous des antennes terminées en massue; pour eux le nom de Rhopalocères fut inventé par Duméril. Pour les autres, le docteur Boisduval imagina le nom d'Hétérocères, appellation assez peu satisfaisante.