‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 36 sur 102 · LES LÉPIDOPTÈRES AUX AILES DÉPOURVUES DE FREIN · texte numérisé non relu

LES LÉPIDOPTÈRES AUX AILES DÉPOURVUES DE FREIN

lAchalinoptéres).

C'est ici que l'élégance des formes, que toutes les splendeurs du coloris apparaissent comme dans une suprême manifestation. Les ailes des Papillons de jour, ordinairement d'une extrême ampleur, offrent tous les contours imaginables. Nous voyons des ailes dont les bords sont gracieusement arrondis, des ailes dont le bord postérieur porte un prolongement tantôt court et élargi, tantôt grêle et allongé, sorte de queue donnant à l'animal uu port vraiment majestueux.

Les Lépidoptères diurnes, toujours remarqués même des plus ignorants, ont reçu une infinité d'appellations vulgaires. N'y a-t-il pas les Porte-queue, ceux que Linné avait appelés les Chevaliers (Equités)^? Le naturaliste suédois, souvent animé d'un sentiment pot'tique, ne distinguait-il pas les Chevaliers troyens

et les Chevaliers grecs? N'y a-t-il pas les Parnassiens, les Ai'gus, les Sylvains, les Satyres, etc. ? Linné n'a-t-il pas nommé les Lépidoptères diurnes aux teintes sombres les Papillons plébéiens ruricoles et les Papillons plébéiens urbicoles ?

Les beaux Lépidoptères que les naturalistes ont longtemps

PORTION TKRMINALE DE 1,'aNTENNE DANS DIVERS GENRES. Papillon Machaon, — 2. Ari^ynne Grand-Nacré. — 3. Thécla W blanc. — 4. Hespério sylvaîj

appelé les Diurnes, et que tout le monde appelle les Papillons de jour, n'ayant point les ailes postérieures retenues aux ailes antérieures, ont un vol très-saccadé. Au repos, leurs ailes se redressent contre le corps, ne laissant plus voir que leur face inférieiu'e. Ces Insectes n'emploient leurs pattes grêles, insuffisantes pour la marche, qu'à se poser. Les tarses ont d'admirables

LES i,i::pii)<ii>ti:iiI':s. 173

IH'lilfs ,t;rill'('s pivs([iK' iiii|)oiTL'[ilil>k's à la viio sim[>l('. (les griflos ('laiit divorsi'iiiciil (•(iiistruiti's suivant les types, (in ne saurait lUiuler ([u'il 11 "y ait des yrifles disposées pour prendre adhérence sur eei'tains végétaux, d'autres conformées pour se iixer sur d'antres végétaux. De petites particularités dans les lial)itudes de nos Lépidoptères restent encore à oliscrver.

Toutes les espèces ont des antennes qui se terminent par une massue, tantôt grêle, tantôt très-grosse, arrondie ou aplatie. Les différences que présentent ces appendices servent souvent à caractériser certains groupes.

Ces Insectes semblent devoir être partagés en ([uatre grandes familles, les Papilionides , les Nijmphalides, les Erycinides, les IlespérUdes; auxquelles il convient peut-être d'eu ajouter une cini[uième, comprenant un fort petit nombre d'espèces de l'Américpie du Sud, des Mokupies et des îles de la Sonde, les Cydimonides.

Les Papilionides sont caractérisés par des pattes antérieures l)ieu développées, par des palpes entièrement garnis d'écaillés et si courts, qu'ils ne dépassent pas les yeux, par des antennes terminées en une massue allongée. Cette famille renferme plusieurs genres dont les espèces, abondamment répandues en Europe, attirent l'attention de tous ceux ([ui, pendant l'été, se promènent dans les campagnes. C'est le Flambé et le Machaon, nos représentants du genre Papillon proprement dit; ce sont les [\q>illons blancs ou les Piérides ; les Coliades, que vulgairement ou nomme le Souci, le Soufre, le Citron.

Les espèces du genre Papillon, disséminées par la terre entière, peuvent compter parmi les plus beaux ornements de la création animée. Passer la revue de ces espèces dans la collection de notre Muséum d'histoire naturelle, c'est se procurer le spectacle de toutes les élégances imaginables dans les formes, de toutes les merveilles du coloris. Nulle part, en effet, on ne trouvei'ait des ailes mieux découpées. Le prolongement que

17fi LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

portent les ailes postérieures, figurant parfois une lougue traîne, donne à tout l'animal un air de haute distinction. Sur les ailes de ces Insectes souvent ce sont d'éclatantes couleurs, plus souvent de ravissantes nuances, parfois de délicieux eifets de transparence. Les teintes sont-elles modestes, ces teintes sont si agréablement mélangées, qu'elles produisent toujours un charmant effet.

Trois espèces de Papillons porte-queue vivent en France : le Flambé (Papilio podalirim), répandu dans toute l'Europe tempérée et méridionale, le nord de l'Afrique et l'Asie Mineure; l'Alexanor (Papilio alexanor), qui habite nos départements des Hautes et Basses-Alpes, et enfin le Machaon (Papilio machaon), le plus commun, qui vit dans toute l'Eui-ope, dans le noi^d de l'Asie jusqu'aux montagnes de Cachemire et dans le nord de l'Afrique.

11 est le plus commun, nous le prenons pour type du genre. Inutile de le déci'ire, il n'est personne qui ne l'ait vu voler dans les champs, où il se pose sur les Ombellif ères, sur les Luzernes ou les Trèfles fleuris; personne qui n'ait remarqué sa grande taille, ses ailes jaunes rayées et tachetées de noir, ses ailes postérieures ornées d'une rangée de taches ocellées d'un bleu tendre. Le Machaon parait une première fois, dans l'année, au mois de juai, une seconde fois au mois de juillet.

Sur les Ombellifères, et particulièrement sur le Fenouil et la ('arotte, se montre, pendant les mois de juin et de septembre, une bien belle chenille, longue de 4 à 5 centimètres : c'est la chenille du Machaon. D'une couleur générale verte de la plus grande fraîcheur, elle a pour ornements des anneaux d'un noir (le velours et de gros points d'un rouge fauve.

La chenille est-elle au repos, rongeant sa plante hors de toute inquiétude , rien de remarquable ne la distingue des autres chenilles; mais vient-elle à être touchée, que, soudain, elle fait saillir entre la tête et le premier anneau un tentacule fourchu

î-jf^^jjte"

Page 1