‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 37 sur 102 · MÉTAMORPHOSES DU PAPILLON MACHAON · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES DU PAPILLON MACHAON

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ligurant deux cornes. C'est nu moyen sans douti' d'elirayer renncmi; le moyen est faible pourtant, car aucune liqueur n'est projetée, une odeur désagréable, seule, se trouve répandue. Toutes les chenilles du genre Papillon et celles de quelques genres voisins sont munies du même appareil rétractile.

La elienille du Machaon a une tète assez petite, dont le tégument n'est pas beaucoup plus ferme que celui des autres parties du corps. L'Insecte se nourrit d'un feuillage de peu de résistance ; ses mandibules sont assez faibles et leur bord tranchant n'a pas de denlehu'cs. Sa lèvre supérieure est échancrée, mais elle n'est pas fendue, et ceci indique <jue l'animal ronge des feuilles ou très-petites ou très-découpées, qu'il n'est nul besoin de retenir

l'AÏTF.S .MEMBBANEUSES DE QUELQUES CHENILLES. I. Papillon Machaon. — 2. Vanossc Petile-Tortlic. — 3. Cliaraxès Jasiiis. — i. Tliécla W blanc.

avec force. Les pattes membraneuses de la chenille du Machaon sont celles d'une larve qui grimpe après des tiges herbacées faciles à saisir. Ces pattes se terminent })ar quelques rangées d'épines au bord interne; le bord externe n'est garni que de petits poils, de cils propres à rendre le toucher fort sensible.

Dans les appendices de la chenille, nous reconnaissons leur usage tout à fait spécial; la comparaison donne à notre appréciation le caractère d'une entière certitude. Dans la Caroline,

la Virginie, la Louisiane, il existe un Papillon porte -(juoue (Papilio aslerias), dont la chenille, comme celle du Machaon, vit sur les Ombellifères; les parties de la bouche, les pattes, sont semblables à celles de notre espèce indigène. Dans les mêmes contrées^ la chenille d'une espèce voisine {Papilio troilus) se trouve sur des Lauriers. Elle a un labre plus fendu que celui des autres espèces pour maintenir la feuille qu'elle ronge: elle a les épines des pattes membraneuses sensiblement plus fortes, car le végétal sur lequel elle marche est moins facile à entamer que des Ombellifères. Nous pouvons comparer à ces espèces la chenille d'un beau Papillon porte-queue du Bengale (Papilio heclor), aux ailes noires, veloutées et tachetées de blanc et de rouge. Celle-ci a une tète revêtue d'une enveloppe très-résistante, un labre profondément échancré, des mandibules fortes, dentelées à la manière d'une scie, des pattes membi'aneuses pourvues d'épines plus fortes, plus nombreuses que chez les espèces dont il vient d'être question. Evidemment, l'espèce du Bengale grimpe après des tiges difficiles à saisir; elle ronge de grandes feuilles dures. On nous assure qu'elle vit sur des Aristoloches. Cette chenille nous présente ainsi des particularités de conformation dont la signification ne saurait être douteuse, mais elle porte sur le dos deux rangées de tubercules, tandis que la chenille du Machaon est parfaitement lisse. La raison de cette différence nous échappe encore. Dans le petit groupe auquel appartient le genre Papillon, on distingue quelques genres voisins, fort remarquables à différents égards : les Ornithoptères, les Thaïs, les Parnassiens. Les Ornithoptères, bien reconnaissables à leur grande taille, à leur tête assez forte, à leurs ailes antérieures très-longues, à leurs ailes postérieures dentelées, mais sans aucim «vestige de prolongement, sont de magnifiques Insectes qui habitent particulièrement les lies de la Sonde, les Moluques, les Philippines. Le voyageur qui aborde à l'île d'Amboine, ravi du spectacle de

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1.1 iiatiirc, si riclic en cfttf rontirc. s'éiiicrveille encore à la vue de rOrnithoptère Prlani {Orntthoptera Priamus). Ce Papillon, au port majestueux, a une envergure de lii à 20 centimètres. Sur les ailes du raàle, le noir de velours et le vert brillant et soyeux produisent de charmants contrastes. La femelle, plus grande que le mâle, est modestement parée; ses ailes sont d'un brun foncé avec des taches blanches.

Les habitants de la Provence, de tout le midi de l'Europe, de 1 Asie Mineure, du nord de l'Afrique, voient voltiger, dès le commencement du printemps, de ravissants Papillons de moyenne taille, dont les ailes délicates, gracieusement festonnées, tachetées ou ([uadrillées de rouge et de noir sur un fond jaunâtre, et bordées dune ligne noire en feston, ofTrent un dessin étrange et tout à fait caractéristique. Ce sont les Thaïs. Les chenilles de ces Lépidoptères ont le coi'ps garni de grêles tentacules surmontés de petits poils roides, et des pattes membraneuses armées de solides crochets. lilles vivent sur des Aristoloches, Une espèce de Thaïs, remarquable d'élégance, ayant les ailes postérieures terminées par une longue queue, a été découverte au nord de la Chine. C'est le Sericinus telamon.

Dans la plupart des régions du monde où s'élèvent de hautes montagnes, on obsei've les Parnassiens au corps robuste, aux antennes courtes, aux ailes rigides comme une lame de parchemin, presque dénudées d'écaillés au sommet et à la face inférieure. Sur les Alpes, le Jura, le Puy-de-Dôme, les Pyrénées, le Caucase, la Sierra-Nevada, se montre communément en été le l'arnassien At^oWou (Parnassius Apollo), au(j[uol ses grandes ailes blanches, semi-transparentes, tachetées et saupoudrées de noir, et ornées de taches rouge-vermillon cerclées de noir et pupillées de blanc, donnent un aspect gracieux et un peu extraoi'dinaire,qui ne manque guère d'attirer l'attention des touristes.

La chenille du Parnassien Apollon, noire, veloutée, portant des mamelons bleuâtres et des points orangés, se nourrit des

Saxifrages et des Ci'assulées qui abondent dans les endroits rocailleux des montagnes. Au moment de se transformer en chrysalide, elle s'enveloppe d'un léger réseau de fils soyeux. C'est seulement après s'être construit cet abri, qu'elle s'attache à la fois, comme les autres Papilionides, par l'extrémité du corps et au moyen d'une ceinture.

La plupart des chrysalides des Lépidoptères diurnes demeurent à nu. Quelques-unes au contraire sont enveloppées d'un réseau. Suivant toute probabilité, dans les lieux où elles vivent, elles seraient exposées, sans ce vêtement protecteur, à des dangers dont les autres espèces ne sont pas menacées. La faculté de produii^e un peu plus de soie qu'il n'est ordinaire pour les représentants du même groupe a été ainsi donnée à certaines chenilles qui, transformées en chrysalides, peuvent avoir des ennemis nombreux.

Sur l'Himalaya, dans les montagnes du iNépaul, de la Daourie, de la Sibérie, au Kamtchatka, sur les montagnes Rocheuses dans l'Amérique du Nord, habitent des Parnassiens qui ne se distinguent les uns des autres que par de légères diiTérences. Ces Lépidoptères, disséminés par le monde et dans chaque région, cantonnés sur un espace circonscrit, semblent bien fournir une preuve que la création actuelle est postérieure aux grands phénomènes géologiques qui ont déterminé la configuration de la terre.

Les Oruithoptères, les Thaïs, les Parnassiens, ont des chenilles pourvues, comme celles des Papillons, d'un tentacule fourchu, rétractile. Ces divers genres forment une division naturelle de la famille des Papilionides. Les espèces de l'autre groupe de cette famille n'ont, sous leur première forme, aucune trace d'organe rétractile. Le grand genre de ce groupe est celui des Piérides, les blanches Danaïdes de Linné.

Les Piérides, tout le monde en Europe les connaît, et chacun les appelle les Papillons du Chou. En effet, leurs chenilles se

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iiouiTissent [uirticulièrcmeiil de Crucifères, fie Résédas, de ("apiicincs. Elles se font remarquer par leur pubescence et par leur forme atténuée aux deux extrémités. Leurs chrysalides, anj;uleuses, portent une pointe en avant. Les adultes ont toujours des ailes peu découpées et sans prolongement, des palpes assez longs, hérissés de poils.

Les Piérides, Insectes de moyenne taille, constituent un genre très-nombreiix en espèces. Nous eu avons quelques-unes en Europe; il y en a en quantité dans les régions intertropicales de l'Afrique et de l'Asie, en Australie.

Le type du genre est le grand Papillon de Chou, de Geoffroy et d Engramelle [Pieris hrassicœ), ([ue l'on voit voler pendant la belle saison dans tous les jardins, dans toutes les prairies de I Europe entière. La Piéride du Chou est répandue également dans l'Asie Mineure, en Egypte, dans tout le nord de l'Afrique, eu Sibérie, dans les montagnes de Cachemire et du Népaul, et même au Japon. Sa chenille fait le désespoir de ceux qui jouissent du bonheur de cultiver leurs choux. Qui n'a vu, dans les potagers, cette chenille verdàtre, parée de trois longues lignes jaunes interrompues par de petits tubercules noirs sui-montés de poils? Qui n'a vu cette même chenille, arrivée au terme de sa croissance, traversant les chemins, et grimpant api'ès les murailles pour gagner une corniche, une saiUie sous laquelle elle va se transformer en chrysalide ? Elle marche habituellement sur des feuilles larges, épaisses, impossibles à saisir comme une tige, aussi ses pattes membraneuses ont-elles un cercle de crochets beaucoup plus étendu que celui des espèces du genre Papillon. Les chenilles de la Piéride du Chou vivent par petits groupes, de sorte que le plus beau Chou peut souvent être fort endommagé dans un temps rapide, si rien ne vient les troubler. Ces Insectes sont bien communs, et cependant il y a un petit Ilyméuoptère (le Microgaster glomerator) qui en détruit d'immenses quantitési Sans ce précieux auxiliaire des

cultivateurs, les potagers seraient bientôt mis en fâcheuse condition.

Les autres Piérides de notre pays sont le petit Papillon du Chou {P. rapœ); la Piéride du Navet, ou le Papillon blanc veiné de vert, de Geoffroy {P. napi); la Piéride daplidice, ou le Papillon blanc marbré de verl, que l'on ne voit jamais dans les jardins : sa chenille ronge les Résédas et les Crucifères qui croissent dans les champs. Dans les Alpes et les Pyrénées, apparaît une espèce voisine de cette dernière, la Piéride callidice (Pieris callidice). Voici deux Piérides qui se ressemblent sous beaucoup de rapports, l'une est l'espèce de la plaine, l'autre l'espèce de la montagne.

Il est encore une autre Piéride fort commune en Eui'ope, c'est le Gazé [Pieris cralœgï). Pour certains auteurs, le Gazé est le type d'un genre particulier. Sa chenille dévore les Aubépines des haies. Après l'avoir signalée, Linné la traite de peslis horlorum. 11 n'en faut pas plus pour se convaincre que le célèbre naturaliste devait posséder un jardin.

Certaines Piérides d'assez petite taille, dont les ailes délicates ont le plus ordinairement leur face variée de vert, composent aujourd'hui le genre Anthocharis. Ce nom exprime l'idée que ces Lépidoptères ont la grâce des fleurs, et en effet l'Aurore (Anthocharis cardamines), le Papillon si commun au printemps dans les aveimes des bois, légitime parfaitement une si belle appellation : le mâle a les ailes antérieures ornées d'une trèsgrande tache aurore. Dans le midi de la France et dans une grande partie de l'Europe méridionale, il y a VÂurore de Provence (Anthocharis eupheno), dont le mâle se distingue par ses ailes entièrement jaunes. Mais, sous le rapport de la coloration, il existe quelque chose de plus curieux chez certains Anthocharis aux ailes blanches en dessus dans les deux sexes. U Anthocharis belia se trouve dans le midi de la France et accidentellement jusqu'aux envix'ons de Paris, dans presque toute l'Europe méri-

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dionale, dans le nord do rAlViciiio. Il a deux générations par an. Les Papillons éclosent au mois de mars et d'avril de chrysalides qui ont passé l'hiver; leurs ailes postérieures, en dessous d'un vert tendre un peu jaunâtre, sont parées de taches du hlanc nacré le plus pur. Ces Pa[»illons donnent luiissance à une nouvelle génération; les individus adultes paraissent de la fin de juin au connnenoement d'août. Ceux-ci, un peu plus grands que ceux du printem[ts, ont leurs ailes postérieures marquées des mêmes taches, seulement ces taches sont d'un hlanc mal. i^a variété. dont les taches blanches ont perdu leur apparence de nacre a été longtemps i^egardée comme une espèce particulière (Anthocharis ausonia). Le docteur Boisduval, le pi'eraier, a reconnu la vérité. Une espèce voisine est répandue, au printemps, dans une grande partie de la péninsule ibérique et sur les côtes méditerranéennes de l'Afrique. C'est Y Anthocharis helemia. Comme VA. helia, elle a des taches nacrées à la face inférieure des ailes de la seconde paire. Aux mèmeslieux, en été, Aolent des Anthocharis bien semblables à ceux du printem})S, mais les mêmes taches sont mates. C'était V Anthocharis glaiice. Or, l'analogie ne saurait laisser aucun doute. Les Anthocharis helemia et glauce sont de la même espèce, et toujoiu's l'un est la souche de l'autre. Ce fait présente un véritable intérêt, en nous montrant une coloration modifiée par des circonstances extérieures. Nous aurons à en citer un autre exemple plus remarquable encore.

Un Anthocharis aux formes plus robustes que les espèces précédentes avait été observé en Crimée et dans le district d'Orenboiu'g ; à l'état adulte, il semblait n'offrir rien de particulier : mais le docteur Rambur, l'ayant rencontré au pays d'Andalousie, aux environs de Malaga et de Grenade, l'étudia dans ses transformations. La chenille de ce Lépidoptère vit dans les champs, sur des Crucifères. Pour se transformer, elle file, comme les Parnassiens, une légère coque. La chrysalide, assez courte, sans pointes latérales, étranglée au milieu, a une forme très-différente

de celle des autres Papilionides. Il n'en fallait pas davantage pour déterminer un entomologiste à voir dans cette espèce le type d'un genre. M. Rambur prit pour le nom générique un souvenir de l'histoire d'Andalousie, et le Lépidoptère de Grenade et de Malaga, qui, par sa coloration, ressemble à Y Aurore, s'appelle aujourd'hui le Zegris eupheme.

D'autres Papilionides bien connus ont des habitudes et des transformations tout à fait analogues à celles des Piérides et des Anthocharis. Des ailes jaunes, des antennes courtes d'une joMe teinte rosée, font aisément reconnaître ces Lépidoptères, le Souci, le Soufre de nos campagnes [Colias edusa et C. hyale), le Solitaire et le Candide (C. palœno et C. phicomone) des Alpes. Ils composent le genre Colias. Leurs chenilles vivent sur les Trèfles et diverses autres Légumineuses. Le Citron, si remarquable par ses ailes antéiùeures terminées en pointe aiguë, n'échappe à l'attention de personne. Dans l'hiver même, si par hasard la température vient à s'adoucir et le soleil à se montrer, le Citron se met à voler dans les champs, dans les jardins. Dans nos départements méridionaux, les ailes du mâle se couvrent d'une belle teinte aurore.

Les Papillons de cette espèce hivernent en se réfugiant dans des trous de murailles et des cavités des arbres. Après un séjour de plusieurs mois dans ces sombres retraites, ils en sortent les ailes toutes déflorées et souvent fort déchirées. La chenille de ce Lépidoptère vit sur le Nerprun.

Le Citron [Rhodocera rhamni) est devenu le type d'un genre, le genre Rhodocère, dont le nom rappelle une particularité commune aux espèces du groupe des Coliades, les antennes coiUeur de rose.

Dans les régions intertropicales des deux continents, et surtout en Amérique, il existe des Coliades aux antennes plus effilées que chez les autres (genre Callidryas), qui en certaines contrées se montrent par myriades. Un voyageur anglais, Schomburgk,

rapporte qu'un jour, en remontant la rivière Essoquibo, il vit, de huit heures du matin à cinq heures du soir, sans interruption, de ces Insectes traversant la rivière en nombre incroyal)le. Les Indiens de quelques localités recueillent leurs chenilles pour s'en nourrir. Après les avoir fait griller, ils les mélangent avec la farine de Manioc, qu'ils tirent de la l'acine du Cassave (Jalropha).

Après les Papilionides viennent les NyMPiiALinES. C'est une belle et nombreuse famille (pie celle des Nymphalides. On y voit des formes extrêmement diversifiées, des couleurs variées à l'inGni, des parures splcndides et d'humbles ornements ; on y l'emarcpic des habitudes assez dissemblables entre les représentants des divers groupes.

Les Nymphalides sont toujours faciles à distinguer des Papilionides. Elles ne se posent que sur quatre pattes. Chez ces Lépidoptères, les pattes antérieures sont en partie atrophiées et impropres à la marche ; leurs tarses, dont les derniers articles sont très-petits, manquent de crochets. Ces pattes, très-velues, demeurent immobiles, appliquées sur la poitrine, figurant une sorte de palatine. Les Nymphalides se reconnaissent encore à leurs palpes longs, bien garnis d'écaillés jusqu'à l'extrémité.

11 y a de ces Lépidoptères dans toutes les régions du monde, les contrées brûlantes et les pays glacés. Ces Insectes forment néanmoins un ensemble parfaitement naturel, où l'on distingue une multitude de petits groupes particuliers, ou, si l'on aime mieux, de grands genres.

Les Nymphalides présentent entre elles des différences notables, sous leur premier état. Dans certains genres, les chenilles, de forme cylindrique, portent des prolongements charnus; dans d'autres genres, elles sont épineuses; elles ont des épines simples ou des épines rameuses; ailleurs elles sont lisses, amincies en arrière, ici avec une large tête munie de longs tubercules, là avec une tête petite et inerme. Mais si les chenilles offrent entre elles des différences frappantes, les chrysalides se ressemblent

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toutes par la manière dont elles sont attachées. Les chrysalides des Nymphalides n'ont point, comme celles des Papilionides, un lien, une ceinture propre à les maintenir par le milieu. Fixées seulement par l'extrémité de leur corps, elles demeurent suspendues la tète en bas.

La plupart des chrysalides de cette famille se font remarquer par des taches d'argent et surtout des taches d'or. C'est dans ce fait curieux que se trouve l'origine du nom de chrysalide, dérivé du mot grec [ipuioz), qui signifie or. Des amis des biens matériels s'étaient volontiers persuadé qu'il y avait de l'or véritable dans ces petits corps condamnés à l'immobilité. Comme il arrive souvent en toutes choses, l'apparence était pi'ise pour la réalité. Un pigment de couleur blanche, un peu d'air emprisonné sous un tégument jaunâtre et semi-transparent, suffisent pour produire l'effet du précieux métal.

Réaumur a tracé en un long discours les manœuvres de la chenille qui se suspend pour se transformer en chrysalide. Avant lui, bien des observateurs avaient été témoins de ce spectacle de la chenille qui, sous les yeux, devient chrysalide dans l'espace de quelques minutes. Le spectacle est à la portée de tout le monde, mais personne n'avait compris ce qui se passait. La chenille, avec la petite quantité de soie dont elle dispose, s'attache par l'extrémité de son corps. Une fois ce petit travail exécuté, elle se laisse suspendre; alors elle se raccourcit presque à vue d'oeil, sa peau se flétrit, elle se fend sur le dos : la chrysalide apparaît, se contournant pour se débarrasser de sa dépouille de chenille. Bientôt toute la partie antérieure du corps est dégagée, la peau de la chenille est refoulée en arrière. Encore quelques efforts, et cette peau se détache en totalité. Au moment où elle va tomber, la chrysalide, qui est armée à son extrémité postérieure d'hameçons, s'accroche au petit amas de soie déposé par la chenille pour se fixer elle-même.

Dans la famille des Nymphalides, les Danaïdes composent une

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