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MÉTAMORPHOSES DE LA CUCULLIE DU DOUILLON-BLANC

(CuailliH Vcrba-ci).

LES LÉPinOPTÈRKS. 277

C'est riiistoiro entière de la Cucullie du Boiiilloii-blnnc [CucuUia Verbasci). Il existe un assez grand nombre d'espèces de ce genre, et plusieurs d'entre elles se ressemblent tellemeut à l'état de Papillon, qu'il est parfois fort difficile de les distinguer avec certitude. Observées dans totites les phases de leur existence et dans leurs habitudes, les distinctions spécifiques deviennent manifestes. C'est ce ([ue le docteur Rambur s'est attaché à montrer il y a plus de trente ans.

La Cucullie du Bouillon-blanc {CucuUia Verbasci), h l'état de chenille, ronge les feuilles. La Cucullie de la Scrophulaire (CttculliaScrophulariœ), prescpie pareille à cette dernière à l'état de Pîipillou, eu dilfère notablement sous sa forme de chenille par la coloration; elle en diffère aussi par ses habitudes, car elle s'attaque surtout aux fleurs et aux fruits. D'autres espèces de Cucullies présentent des difterences du même ordre, ou vivent exclusivement sur certaines plantes. Tout devient précis, quand l'étude est complète.

D'autres Noctuélides ont aussi des antennes simples, un corselet pourvu d'une crête, mais on les reconnaît bien aisément à leur parure. Elles ont seules, parmi les Noctuélides, des ailes ornées de taches d'or, d'argent, d'espaces cuivreux ou sablés d'une couleur métallique. Elles forment le petit groupe des Plusiites, dont le genre principal est celui des Plusies, nom qui signifie richesse. Quelques espèces de ce genre, particulières aux régions alpines, offrent un si heureux mélange de dessins métalliques et de couleurs tendres d'une incomparable déhcatesse, que les amateurs les montrent comme les joyaux de leurs collections. Les Plusiites sont remarquables, sous leur forme de chenilles, par le petit nombre de leurs pattes membraneuses; elles n'en ont que deux paires, où toutes les autres larves de Lépidoptères dont nous nous sommes occupés jusqu'à présent en ont quatre. Aussi ces chenilles ont une démarche singulière ; elles progressent en repliant leur corps d'une façon qui ressemble aux

mouvements des chenilles de Plialénides, ce qui leur n valu répithète de Semi-arpenteitses.

La pins commune des Plusies dans notre pays, la Plusie gamma (Pliisia gamma), est très-modestement parée, si on la compare à ses congénères. Ses ailes de la première paire, grises et noirâtres avec des reflets bronzés, portent pour tout ornement une tache d'aspect argenté, ayant à peu près exactement la forme du gamma grec (7). Sa chenille, couverte de poils épars, comme les feuilles des Orties, est verte, avec six raies blanches et deux raies latérales jaunes. Pour se transformer en chrysalide, elle file une petite coque de soie pure ; mais la soie étant peu abondante, la coque est faible. L'instinct de l'animal supplée à ce défaut; à l'aide de quelques fils, la Plusie retient des feuilles qui masquent sa coque et lui font une protection.

La chenille de la Plusie gamma est une bête nuisible dans les années et dans les localités où elle est très-abondante. Assez indifTérente sur le choix de sa nourriture, elle s'attaque à une foule de plantes herbacées, et parfois elle exerce d'assez grands ravages dans les potagers. Réaumur lui a consacré un de ses mémoires, sous ce titre : Des Arpenleuses à douze jambes, ou des chenilles qui onl fait de grands désordres, en 1705, dans les légumes du lioyaume. « 11 n'est pas aisé, dit Réaumur, de se représenter » la quantité de ces chenilles, qui a paru cette année aux envi- » rons de Paris et dans une grande étendue du Royaume, )) comme depuis Paris jusqu'à Tours, en Auvergne, en Bour- » gogne, etc. Elles ont commencé par attaquer les légumes; elles » ont ravagé presque tous les jardins potagers des environs de » Paris, appelés marais, à un tel point, qu'on n'y voyait au plus » que des fragments de feuilles; les plantes n'avaient plus que » des tiges et des côtes de feuilles. »

Les dégâts qu'exerce la Plusie gamma ont rarement une pareille gravité, néanmoins les cultivateurs doivent toujours se méfier de cet Insecte. Si les conditions atmosphériques lui sont

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fiivoralilos pendant quolquos nnurcs, il peut dans un tcnijts se montrer en ti'ès-grande abondanrc, cl cela d anlant mieux, (pie ses générations se succèdent avec une étnnnaiilc ra|>i<lil(' diii'aiit toute la belle saison.

Si l'on se promène sur les rives plantées de Saules et de Peupliers, par une matinée on une soirée de la lin d été, ou par un temps couvert et pluvieux, on voit voler, puis se poser sur les troncs, des Noctuelles d'une taille bien supérieure à celle des autres Noctuélides et d'un aspect très-saisissant par la couleur vive de leui-s ailes postérieures. Ce sont les Lielienées (Calocala). Les Papillons ont les antennes longues et grêles, le thorax arrondi ; les premières ailes grises, nuancées, et les ailes postérieures bleues, rouges ou jaunes. Au repos, les ailes de la première paire étant seules visibles, les Licbenées, fixées, immobiles sur des troncs ou des murailles, sont difficiles à apercevoir. Lorsqu'on les approche de trop près, elles s'envolent et étalent leur beauté, mais c'est toujours pour aller se poser de nouveau flans le voisinage.

Les chenilles de ces Lépidoptères ont des formes très-caractéristiques : très-allongées, arrondies en dessus, aplaties ou concaves en dessous, garnies de poils disposés de chaque côté comme une frange, leur aspectfrappe les observateurs les plus superficiels. Habituellement d'une couleur grise, avec des marbrures plus claires, plus foncées, brunes ou verdâtres, souvent blotties dans des crevasses du tronc ou des branches, ces chenilles offrent si bien les teintes de l'écorce et des Lichens, que leur présence est parfaitement dissimulée. Pour leur métamorphose, les Lichenées se coutruisent entre les feuilles une coque à réseau lâche. Les chrysalides sont couvertes d'une sorte d'efflorescence qui rappelle celle de certains fruits : des prunes, par exemple.

La Licheuée bleue [Calocala Fraxini), la plus grande de nos espèces indigènes, la seule dont les ailes postérieures soient de couleur bleue, n'est pas rare surl<;s Peupliers. La Lichenée rouge

{Calocala nitpla) est la plus commune sur les bords des rivières et des canaux.

Nous citerons enfin comme type remarquable de la famille des Noctuélides, les Erèbes (groupe des Erébites), non pas pour leurs métamorphoses, qui sont à peine connues, mais à raison de la taille exceptionnelle de plusieurs d'entre eux. Les Erèbes, pour la plupart, sont des Lépidoptères d'Amérique ayant des couleurs sombres. L'Érèbe chouette [Erehus strix), espèce fort commune au Brésil et à la Guyane, et que l'on apporte journellement eu Europe, a des ailes d'une envergure de 20 centimètres, d'un gris pâle, avec une multitude de raies ondulées ou dentelées grises ou noirâtres.

On distingue, sous le nom de Phalénides, les représentants d'une grande famille assez bien caractérisée. Les Phalénides ont presque toutes un corps assez frêle, comparativement à celui des Bombycides et des Noctuélides ; des ailes très-amples, relativement au volume du corps, oi'dinairement horizontales pendant le repos ; des antennes eu forme de soies, très-souvent pcctinécs ou même flabellées chez les mâles; une trompe rudimentaire, membraneuse, sans usage pour l'animal, et des palpes assez petits. Mais c'est particulièrement sous leur première forme que ces Lépidoptères sont remarquables. Les chenilles des Phalénides, longues, cylindriques comme les tiges d'une plante, n'ont en général que deux paires de pattes membraneuses; il y en a trois dans un petit nombre d'espèces; elles manquent aux anneaux qui, dans toutes les autres chenilles, supportent les trois premières paires de pattes membraneuses. Par suite de ce fait, le mode de progression est fort différent de celui des autres larves de Lépidoptères.

Les chenilles des Phalénides voulant avancer commencent par prendre un appui avec leurs pattes écailleuses; détachant alors la partie postérieure de leur corps et la portant en avant, elles fixent leurs pattes membraneuses; détachant ensuite les pattes

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tk'aillonsos, elles étendent eoniplétement le corps \Ht\\r reeominencer les mêmes manœnvres.

Dans ce sinf^uliei" mode de progi-ession, ces elieniiles semblent mesurer, arpenttn- le sol, ee qui leur a valu les noms de Géomètres et de Chenilles arpeitîeuses. Ce n'est ]V'is toutefois l'unique sinf^ularité de ees insectes. Doués d'une iiiconiparable puissance

:henii.les d'une phalénide dans leubs diverses attitudes

(Ennomos illustraria) .

musculaire, on les voit, le corps dressé, rigide, demeurer fixés pendant des heures entières par leurs pattes postérieures seules. Dans cette attitude, leur immobilité est complète, et leurs couleurs, ordinairement vertes ou brunes, étant précisément celles des végétaux et du bois, il est difficile, sans un examen fort attentif, de ne pas les prendre pour de petites tiges ou pour des

morceaux de bois. Il est peu d'Insectes mieux conformés pour dissimuler leur présence. C'est un moyen donné par la nature à des êtres sans défense, d'échappei' à leurs ennemis. Lorsque ces chenilles se trouvent inquiétées, elles se dérobent aussitôt en se laissant choir suspendues à un fil, de façon à ne pas se blesser et à pouvoir remonter sans grande difficulté.

La famille des Phalénides est très-nombreuse en espèces, toutes de taille médiocre et vivant à peu près dans les mêmes conditions. On les a réparties dans une longue suite de genres, mais tous ces genres sont séparés les uns des autres par des caractères trop faibles pour qu'on ait avantage à eu constituer des groupes d'un ordre plus élevé.

Ces Lépidoptèi'es ne sont pas sans analogie avec les Bombycides: de même que parmi ces derniers, il en est dont les femelles sont privées d'ailes ou n'en ont que des rudiments; il est aussi une infinité de mâles dont les antennes pectinées ou plumeuses ont l'aspect de véritables panaches.

Les Phalénides mâles étant comme les Bombyx attirées de fort loin par leurs femelles, il y a une double coïncidence nous donnant à penser que le grand développement des antennes a réellement un rapport avec l'aptitude singulière de beancouj) (le Bombycides et de Phalénides.

Examinons maintenant les formes principales de la famille (les Phalénides ou des Géomètres. Une espèce assez répandue en lùirope, remarquable par ses ailes antérieures anguleuses et ses ailes postérieures prolongées en une sorte de queue, comme chez divers Papilionides, est devenue le type du genre Urapteryx, rUraptei'yx du Sureau (Urapteryx sambucaria) , dont les ailes jaune-soufi-e sont traversées par des raies brunâtres. Sa chenille, qui est ridée et tuberculeuse, file une coque soyeuse pour y subir sa transformation. Cette; coque ayant des parois peu résistantes, l'Insecte la protège au moyen de quelques feuilles et la suspend aux branches par de longs fils.

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Les Ijinouios. (Idiil la taille est trrs-iiilV'ricm't' à celle des lJrai>toryx, ont aussi des ailes dentelées, mais sans prolongenienl caudifoi'ine. l'allés ont des teintes jaunes roussàtres, avec des bandes et une multitude de [X'tits trails d'une luiance ]>liis intense (Ennomos illustraria).

Ou il l'éservé le nom de Géomètres pour des Phalénides ayant des antennes pectinées, des palpes terminés par un long' article dégarni d'écaillés, par des ailes larges faiblement deiilch'es cl Irès-généralement d'un beau vert. La |)lus grande espèce de nos contrées est la Géomètre papillonaire (Geomelra papilionaria) , qui liabite les forets. Sa chenille, entièrement verte, otfrant des gibbosités sur jtlusieurs anneaux, vit sur les arbres de haute futaie.

il est de charmantes Phalénides, dont les ailes larges sont presque toujours élégamment pointes, dont les antennes, chez les mâles, ressemblent à des plumes^; on les nomme les Fidonies. Elles volent en plein jour, et au repos l'edressent les ailes comme de véritables Diurnes.

La Fidonie à plumets [Fidonia pluimslaria), l'une des plus jolies espèces du genre, habite la Provence. Ses ailes fauves, couvertes d'atomes noirs agglomérés en certains ench'oits, de façon à figurer des taches et des handes, ont un aspect charmant. La chenille de cette espèce, qui a été observée par M. Millière, vit sur les Légumineuses du midi de l'Europe que l'on appelle les Dorychium. La Fidonie du Pin (F. piniaria), fort abondante en Allemagne, et quelquefois aussi en France, dans les plantations d'arbres verts, a été signalée en certaines contrées comme nuisible aux Pins.

Une de nos plus remarquables Phalénides est le type du genre Zérène, caractérisé par des antennes simples, des ailes amples et arrondies. Cette Phalénide est la Zérène des Groseilliers ou la Mouchetée de Geoffroy [Zerene grossularia). A la fin du mois de

H) Voyez page 210.

mai et dans les premiers jours du mois de juin, les Groseilliers épineux, souvent les Groseilliers rouges ou noirs, et quelquefois les Pêchers et les Abricotiers, ont leurs bourgeons et leurs jeunes feuilles attaqués par les chenilles de cette espèce. Ce sont des Géomètres d'un aspect très-particulier, faciles à apercevoir sur les feuilles et les tiges. Par une singularité presque exceptionnelle, leurs couleurs ressemblent à celles des Papillons et ne servent guère à dissimuler leur présence. Une teinte générale d'un blanc mat un peu jaune, et des séries de taches oranges et noij-es, leur font un uniforme très-voyant. Des poils noirs, assez roides, très-disséminés, leur donnent un tact très-sensible. Averties d'un danger, ces chenilles se laissent choir au plus vite, suspendues par un fd. Ayant peu de soie, elles étabUssent leur coque sous des feuilles. Les Papillons éclosent au mois de juillet; près des haies, des champs de Groseilliers, etc., ils se montrent en plein jour. Ne sont-ils pas parés comme des Diurnes? Les écailles de leurs ailes, il est vrai, sont mates, mais leurs nuances sont vives. Le corps de ces Papillons est fauve et tacheté de noir. Leurs ailes sont d'un blanc un peu roux et chargées de gros points noirs; sur celles de la première paire, il y a en outre deux raies fauves

Les Phalénides qui volent en plein jour sont assez nombreuses. Ainsi on voit continuellement, au printemps et à la fin de l'été, dans tous les endroits un peu humides, une espèce assez voisine de la Zérène des Groseilliers, et que sans doute on devrait placer dans le même genre. Ses ailes, d'un beau jaune, sont tachetées de noir : c'est la Phalène panthère de Geoffroy (Mêlanippe macularià). On remarciue également pendanttout l'été, sur les champs de Luzerne, la Phalène aux barreaux (Acidalia clathrala), petit Papillon aux ailes d'un jaune pâle, ornées de raies et de taches noires figurant une sorte de grillage.

Nous avons réservé le nom générique de Phalène pour des espèces qui diffèrent beaucoup de toutes les précédentes par leur

l.i:S r.l';iMD(»I>TKUi:S. 28:1

oorps l'olnisti'. Writabk-s Jx'|ti<lopti'ros de nuit, oiles ont des ailes

UÉTAMORPnOSES DE LA ZtRÈNE DES^GROSEILLIERS {}!crene grossularia).

étroites, avec des teintes grises; un tliora.x très-velu, comme lai-

lieux ; lies aiiieimes pectinées (Uins les mâles ; une apparcuce enfin qui rappelle beaucoup celle des Bombyx. Plusieurs de ces Phalènes ont aussi, comme certains Bombyx, des femelles dont les ailes sont à l'état rudimentaire. Le type de ce genre Phalène, restreint à des limites étroites, est la Phalène du Bouleau [Phalœna betularia). La chenille, une des plus grosses arpenleuses. de couleur verte ou brunâtre et couverte de petites verrues, vil sur les grands arbres des forêts, et particulièrement sur les Jiouleaux, les Trembles, les Peupliers. Au mois de septembre, quand elle a acquis toute sa taille, elle descend dans la terre, s'y forme une loge ovalaire, et se transfoi*me en chrysaUdc. Le Papillon éclôt au mois de mai ou de juin de l'année suivante ; son corps, ses ailes d'une teinte grise, presque blanche, sont parsemés d'une multitude de petites taches et d'atomes confus d'un gris sombre. Les plus grands individus de cette espèce ont une envergure do plus de 5 centimètres.

Sous le nom de Nyssies (Nyssia), on distingue des vraies Phalènes des espèces à antennes plumeuses chez les mâles, à thorax épais, revêtu de longs poils soyeux, dont les femelles ne portent que de petits moignous d'ailes tout fripés. Les Hibernies, ainsi nommées à cause de leur apparition pendant les mois d'hiver, ont le corps moins robuste, les antennes finement pectinées, lesailes larges ; les femelles n'ont que des rudiments d'ailes, et quelques-unes même sont complètement aptères. L'IIibeniic effeuillante [Hibernia defoliaria), aux ailes d'un jaune terne, avec de petites lignes et deux raies brunes, est commune dans les jardins comme dans les bois. Sa chenille vit indifteremment sur les arbres fruitiers et sur les arbres des forêts.

La dernière grande division de l'ordre des Léjjidoptères que nous ayons à signaler est la famille des Pyralides. C'est la foule des petits Lépidoptères; aussi n'est-ce pas autrement que les désignent souvent les entomologistes : les Microlépidoplères. Les Pyralides, répandues en nombre immense [tar le monde entier,

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ont très -vivement excité l'intérêt dos nutnralistes modernes. Extrêmement variés sous le ra|»[)ort tles l'ormes typicpies, ces Lépidoittères sont aussi des |»lus reinar([ual)Ies piir la divci'silr de leurs habitudes. .Malj^ré rexi.^ii'ilé de leur taille, ils iieuvcul compter parmi les mieux |iai'lai^t''s snus le rap[K(rl des ornements, et ils comptent i>armi les plus curieux sous le rapi)orL des habitudes, des mœurs, des transformations, t-ependaut, malgré des dillérences notables entre les principaux types, il ne semblerait pas heureux de séparer nos l'yralides en [)lusieurs Familles ; des types intermédiaires rapiirochcnt ceux ([ue l'on peut regarder comme les plus éloignés, connue les Pyralines ou Tordeuses, d'une part, et les Teignes ou Tinéines, d'autre part.

Dans leur ensemble, les l'yralides sont caractérisées par un corps assez frêle, des ailes amibes, une trompe généndement bien développée, des palpes labiaux, toujours longs et souvent dune très-grande dimension. Dans la première phase de leur existence, ces Insectes sont pourvus, comme la plupart des chenilles, de cinq paires de pattes membraneuses. Les chenilles des Pyralides n'ont jamais que des poils épars. D'une agilité sans égale parmi les chenilles, à cause de la grande flexibilité de leurs téguments, elles avancent ou reculent sans plus de difficulté. Fuyant la lumière, demeurant cachées, ayant à redouter des chutes qui les blesseraient, la nature leur a donné le moyen de se soustraire au danger. Pourvues de glandes soyeuses assez développées, ces chenilles laissent continuellement échapper des fds, et si un choc vient à les faire tomber, elles se trouvent suspendues, de façon à pouvoir remonter au moyen de la corde qu'elles ont fixée à l'instant même de leur chute.

Toutes les Pyralides sont d'ime taille fort exiguë, c'est à peine

si quelques-unes de leurs espèces atteignent l'envergure des

petites Noctuelles. On sait combien tous ces petits Lépidoptères

. sont attirés par les lumières : le nom de Pyrale est tii^é du mot

grec ([ui signifie le feu.

288 LKS MÉTAMÛRI'HOSES DES INSECTES.

11 y a deux types principaux parmi les Pyralidcs : les Pyrales ou Tordeuses, et les Teignes. Pendant longtemps les ])etites espèces, qui ont fourni à notre Réaumur le sujet de quelques-uns de ses plus intéressants mémoires, furent étudiées d'une manière assez superficielle : il y avait tant de difficultés à les recueillir sans les endommager, tant de difficultés à lespréparer pour mettre en évidence tous leurs caractères ; il fallait une telle patience ])our les suivre dans leui-s habitudes et dans leurs métamorphoses, qu'on les délaissait. Mais dès le moment où l'attention s'est portée de leur côté, un intérêt nouveau a saisi les amis de la nature ; on ne s'imaginerait pas combien alors ces Insectes ont été recherchés. Le jour où l'on s'est mis à recueillir les Pyrales, et surtout les Teignes, à en faire des collections, à les décrire, à les représenter par le dessin, à observer leurs mœurs, l'engouement pour ces mignonnes créatures a gagné beaucoup d'entomologistes en Allemagne, en France, eu Angleterre.

Dans cette nondireuse famille, nous distinguons d'abord une première tribu (Bolynœ), dans laquelle les naturalistes placent des types qui peut-être ne sont pas tous unis par des affinités bien étroites. Chez tous ces Lépidoptères, néanmoins, les antennes, longues et minces, sont ciliées et quelquefois pectinées dans les mâles ; les palpes, de formes très-diversifiées, dépassent la tête; les ailes, plus ou moins larges, sont presque horizontales pendant le repos.

Des espèces de cette division présentent un peu l'aspect de certaines NoctuéUdes (groupe des llerminites). Les Hypènes ont les ailes de la première paire aiguës, les ailes de la seconde paire larges, la trompe courte, les palpes droits. Leurs chenilles, ayant une extrême vivacité, sont remarquables par l'absence de la première paire de pattes membraneuses. Les deux espèces les plus communes du genre [Hypetm prohoscidalis et //. roslralis) vivent sur les Orties et le Houblon. Les Herminies ont des palpes recourbés au-dessus de la tête. Leurs chenilles sont

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oourtt's et t'iiaisscs; l'ilcs (iloiit uiu' viu[\\r dans des l'eiiillcs l'opliôcs. L'Ik'nniiiic Iiarlmc {Hcrminia barhalis) ost coininuiie dans tons nos hois.

Do pelits L(''|)idoptùi'cs de la même tribn (Aglossites) sont trèscnrieux par le genre de vie do lenrs lai-vos. Les papillons ont do^ ailes luisantes, des palpes assez courts, une trompe toute rudimentaire;on en voit rré([uemmcnt dans nos maisons. Los clienilles, eoinmo vornisséos, à pattes mendjraneuscs fort courtes, se nourrissent de matières aninudes ou do matières végétales desséchées; elles se transforment dans de petites co(iues soyeuses. I/Asopie de la farine {Asopia farinalis), cpie chacun a remarquée j)arfois dans les appartements, est ce petit papillon aux ailes antérieures d'un brun vineux, avec toute la partie centrale teintée de fauve et de gris. Sa chenille, eiu-ore fort peu oltservée, parait vivre do débris do cuisine. L'Aglosse de la graisse {Aglossa pinguinalis), que l'on rencontre dans les mêmes lieux, aies premières ailes d'un fauve clair saupoudré do noir, traversées par des lignes ondulées noirâtres. Sa chenille, do couleur brune, avec la tète et des plaques écailleusessur les anneaux thoraciques plus obscures, se nourrit de matières grasses, ce qui semble bien étrange pour une larve de Lépidoptère. Cette chenille s'enfonce dans la graisse, sans inconvénient, sans danger pour ses organes respiratoires: les stigmates sont recouverts par des plis de la peau qui les garantissent de toute atteinte. 11 est toujours admirable de voir par quels moyens simples la luituro donne à certains êtres la possibilité de vivre dans des conditions spéciales.

Dans cette tribu de la famille dos Pyralides, les Botys constituent le grand genre, et avec diverses formes voisines un groupe particulier (Botytes). Ces Lépidoptères ont une trompe longue, des ailes un peu lancéolées, brillantes, agréablement nuancées. Leurs chenilles, de forme allongée, sont d'une extrême vivacité; elles contournent les feuilles au moyen de quelques fils, do façon à pouvoir se cacher; leurs pattes, membraneuses, sont

cojistniites pour marcher sur une surface unie, mais non pour grimper; elles ont une couronne d'épines entière. Sur les Orties, on remarque souvent des feuilles pliées ; ces feuilles logent une chenille verte, ([ui recule avec vivacité en se voyant inquiétée, et qui se laisse choir en se suspendant à un fd : c'est le Botys de l'Ortie (Bolys urticalis). L'Insecte adulte est un joli petit papillon bien commun presque partout oii il y a des Orties; ses ailes sont d'un blanc de nacre, avec deux rangées de taches noires; son abdomen est noir, avec l'extrémité jaune : de là le nom français attribué à l'espèce par Geoffroy, la Queue jaune. Une autre espèce fort connnune dans les jardins est le Botys du Sureau [B. sambucalis).

Mais, de tous les [lépidoptères du groupe dont il est ici (juestion, les plus extraordinaires par le genre de vie de leurs larves sont les Hydrocampes. Il est aisé de comprendre la signification de leur nom, sans être un helléniste consommé : les Hydrocampes, cela signifie les Chenilles d'eau. Au premier abord on peut être surpris. Y a-t-il des Insectes qui semblent plus terrestres, plus aériens que les Lépidoptères? Se figure-t-on leurs chenilles, toutes si peu différentes les unes des autres dans leur organisation^ vivant, respirant dans l'eau? La vérité pourtant est qu'il y a des chenilles aquatiques. Il est facile de les observer dans les mares et même dans les rivières où croissent les Nénuphars, les Potamogétons, les Lenticules, etc. Béaumur a fait les premières bonnes observations sur ces Insectes; de Geer, Lyonet, divers naturalistes modernes, en ont ajouté de nouvelles ; mais ce qui manque encore à leur sujet, c'est une étude complète de leui' respiration. Les Hydrocampes ont des stigmates comme les autres chenilles ; on ne s'est pas rendu compte delà manière dont s'effectue leur occlusion. Ce qui est certain, c'est qu'elles portent toujours quelques filaments, que l'on prendrait volontiers pour des poils, dans lesquels pénètrent des trachées. Ces filaments sont des organes de respiration

LKS LKI'II)(H>ÏKRI':S. 291

;i(|iiiiti(|ii(' imiildf^uos à ceux de ccrliiiiifs larves de iNévi'oplèivs, coniine les Plii'ygaiios. Il est une espèce tlu groupe eepeiidiuit (//. siraiiolalis), chez laquelle les iilaïuents charnus, éfaid IrèsdéAeldppés. ont été reconnus par tous les observateurs eoinnicdes branchies. L'IIydrocanipe du Polaïuot [Hydrocampe polamogalis) est la plus couimunc dans notre pays. A l'état de clienille, elle vil sur le Potaniot nageant, et s'enl'ernic dans un iourreau mobile diuie construction fort simple. Elle coupe deux morceaux de feuilles à peu près égaux et de forme ovalaire, les réunit par leurs hoi'ds. les cousant en (piel([ue sorte avec un peu de soie, et ne ménageant qu'une ouverture pour passer la tète et les [)renùers anneaux du corps. Assez fréquemment, cette chenille abandonne son habitation portative et va prendre une demeure fixe; taillant un morceau de feuille, elle le fixe contre la face inférieure.' d'une autre feuille, et se tient blottie pendant plusieurs jours dans ce petit réduit. Cette; chenille, se promenant parfois à la surface des Potamogétons, paraît i)rofiter de sa situation momentanée hors de l'eau pour faire entrer une provision d'air dans son fourreau. Quand est venu pour elle le moment de se transformer en chrysalide, elle attache son fourreau, en le fermant bien complètement, soit aux plantes, soit aux pierres du A'oisinage. l^e papillon éclôt : sa ressemblance avec les Botys est frappante ; il a des ailes d'un blanc nacré, avec des parties brunes qui circonscrivent comme des taches les espaces blancs.

L'espèce dont les fdaments respiratoires sont liieii développés (H. slratiotalis) ne construit pas de fourreau ; elle se noui'rit de diiférentes plantes aquatiques, la Stratiote, les Etoiles d'eau {Callitriche), etc. L'Hydrocampc de la Lenticule (H. Icmnalis) mange les Lentilles d'eau, et se forme un foiuTeau avec de la soie et de petites feuilles.

Les Pyralines .sont tous les Lépidoptères auxquels les anciens naturalistes ont donné le nom de Tordeuses, qui exprime l'habitude de la plupart des chenilles de cette tribu, de plier, de con-

292 LES MÉTAMORPHOSES DES INSIîCTES.

tourner ou de tordre les feuilles pour se constituer un abri. Quelques espèces, il est vrai, ne plient pas les feuilles, mais les réunissent en paquets au moyen de leurs fds soyeux ; d'autres vivent dans l'intérieur des fruits. Toutes ces chenilles, malgré des différences dans leur genre de vie, ont la même conformation; leur peau est lisse, luisante, comme il est ordinaire chez les larves qui, vivant cachées, se frottent continuellement à des parois. Elles portent seulement des poils épars de nature à les rendre fort sensibles à tous les contacts. Les Tordeuses en général se transforment en chrysalides dans les coi'nets, les tuyaux ou les pacjuets qu'elles ont construits, après avoir barré les orifices avec des fils soyeux. Celles qui rongent ou des fruits, ou des Conifères, filent une coque. Les papillons ont des antennes simples dans les deux sexes, des palpes obtus à l'extrémité, une trompe rudimentaire ; des ailes assez larges , en toit pendant le repos, figurant, d'après le sentiment des anciens auteurs, une sorte de chape.

Les représentants de la tribu des Pyralines qui atteignent les plus grandes dimensions appartiennent au genre Halias. Les papillons ont une trompe plus développée que les autres espèces du groupe et des ailes antérieures coupées obliquement à leur extrémité ; ils se distinguent aussi par leur coloration d'un vert clair. L'Hahas du Chêne, ou la Chape verle à bande de Geoffroy (Halias quercana), est la plus grande du genre. La chenille, d'un vert gris, roule les feuilles de Chêne, et se transforme en chi'ysalide dans une coque de la forme d'un petit bateau renversé . Le papillon a sur ses ailes, d'un joli vei't clair, deux raies blanches. Une autre espèce beaucoup plus petite, l'Ilalias verte (H. viridana), vit également sur le Chêne, dont elle roule les feuilles de façon à former des tuyaux assez régvdiers, dans lesquels s'effectue sa métamorphose. Cette Tordeuse est si abondante en certaines années dans les bois et les forêts, que les Chênes ont parfois presque tout leur feuillage détruit.

LES IJiPlDdPTKUK

Les Tordeuses proprement dites [Torlrix] forment un trèsgrand genre (jui a élé Tort siilMlivisé p.ir les auteurs modernes.

lIETAMOnPHOSES DR L UALIAS DU CHENE lllalias q:icrcana).

La plupart des végétaux sont attaqués par des espèces de ce groupe. Dans nos jardins, les Rosiers se trouvent fréquemment maltraités par diverses Tordeuses.

Le nom de Pyrales est réservé aujourd'hui à des espèces qui, dans l'état adulte, se distinguent aisément des Tordeuses par leurs palpes très-longs et arqués. Le type du genre est la Pyrale de la Vigne [Pyralis vilana ou P. pilleriana), Insecte dont tout le monde a entendu parler; Insecte qui, à différentes époques, a causé des ravages presque indescriptibles et a porté la désolation dans les pays de vignobles. Le papillon, de la taille de la plupart des Tordeuses, a les ailes jaunes, avec des reflets verdâtres et dorés et des bandes brunes plus ou moins marquées. Il se montre au mois de juillet; la ponte a lieu bientôt après à la face supérieure des feuilles, sous la forme do petites plaques très-faciles à apercevoir. Au mois d'août, éclosent les petites chenilles. Celles-ci, malgré la température élevée, ne prennent aucune nourriture; chacune se suspend à un fil, attendant que l'agitation de l'air lui fasse atteindre le cep ou l'échalas. Ces chenilles pénètrent alors entre les fissures du bois ou de l'écorce, et commencent leur hivernage, qui doit durer jusqu'au printemps. Au retour de la belle saison, elles grimpent sur les pousses de la Vigne, et enlacent feuilles et grappes naissantes de fils soyeux, ([ui les l'éunisseut en paquets. Elles rongent, elles dévorent ainsi, parfaitement à l'abri des dangers extérieurs ; dans l'espace de quelques semaines les Vignes attaquées par un grand nombre d'individus sont mises dans la condition la plus pitoyable, toute récolte est perdue. A la fin du siècle dernier, des naturalistes, Bosc, l'abbé Roberjot, etc., furent amenés à s'occuper de la destruction de cet Insecte, sans l'avoir assez étudié dans ses habitudes pour obtenir un vrai résultat. De 1835 à 1840, les ravages exercés par la Pyrale de la Vigne devinrent si eff'royables dans plusieurs départements, et surtout dans Saône-et- Loire, que le gouvernement s'émut de toutes les plaintes qui lui parvenaient à ce sujet. M. Victor Audouin fut chai^gé d'étudier l'Insecte et de chercher le moyen de conjurer le mal. L'étude du savant professeur fut comj>lète, comme l'atteste son l)el ou-

LES LÉIMDOl'TKRES. 295

vrage sur les Insectes uuisibles à laV'igiie. L'al)l)é Roberjot avait indiqué l'usage des feux pour prendre les papillons, moyen iusignifuiut. On avait parlé (Véclienillage, opération altsolumeiif impraticable. M. Audouin montra qu'il était facile d'anéantir les œufs en enlevant les feuilles chargées de platines bien visibles puni' tout le monde; il avait reconnu en juèuie temps les stations d'hiver des jeunes chenilles, et cette observation ne devait pas tarder à être mise à profit. L'enlèvement des œufs exigeait en effet une main-d'œuvre assez considérable. On eut l'idée de procéder pendant l'hiver à un échaudage des ceps et des échalas ; c'était la certitude d'atteindre toutes les chenilles sans exception. Le succès fut complet, et aujourd'hui jamais les Vignes n'ont à souffrir de la présence de la Pyrale, si cette simple [>récaution n'est pas négligée.

Les Pyralines qui rongent les fruits ont été distinguées des Tordeuses sous le nom de Carpocapsa. Les poires et les pommes sont fréquemment rongées à l'intérieur par une petite chenille que chacun a eu l'occasion d'observer : c'est la Carpocapsa des pommes (Carpocapsa pomonana). Quand elle a acquis toute sa croissance, elle perce le fruit, qu'elle abandonne complètement, et fde une petite coque soyeuse pour subir sa transformation eu chrysalide. Le papillon est charmant; ses ailes, d'un gris de fer, sont ornées de raies et de taches d'une brillante teinte de bronze. Une espèce du même genre (C. splendana) vit dans les fruits du Châtaignier, les marrons que l'on fait rôtir pendant l'hiver. Certaines chenilles de Carpocapsa s'agitent parfois beaucoup dans l'intérieur des fruits ou des graines qu'elles habitent. ^L Lucas a possédé, il y a quelques années, de grosses graines d'Euphorbes pi'ovenaut du Mexique, qui sautaient jusqu'à une hauteur de o à 0 millimètres lorsque la température s'élevait. Le fait semblait difficile à comprendre; l'observation conduisit à reconnaître que ces mouvements des graines déjrà desséchées l'-taient dus à l'agitation d'une clienille de Carpocapsa.

Les Tinéiiies sont les plus petits parmi les petits Lépidoptères, mais ce sont les plus variés dans leurs habitudes. Elles ont des ailes étroites, bordées d'une longue fi^ange soyeuse, de longs palpes plus ou moins redressés au devant de la tête.

l.A TEIGNE DES TAPISSERIES

( Tinca tapeiella).

le couverture allaquoe pai- des Teignes. — Des fourreaux suspendus pour la transformation des chrysalides. — Le Papillon de grandeur nalurclle. — Une Clicnille à nu, grossie. — Clienilles dans leur fourreau, trè3-grofsie.=.

Les Teignes proprement dites (Tinea) ont les palpes beaucoup plus courts que les autres Tinéines et en même temps peu courbés. Plusieurs d'entre elles sont un véritable fléau dans nos habitations. Se nourrissant de substances animales, elles attaquent tous les tissus de laine, les fourrures, les plumes, les crins et les réduisent en poudre. Bien industrieuses sont les chenilles des Teignes ; faillies, ayant des téguments mous, elles savent s'ha-

LES LKI'inui'TKIlKS. 297

billor et s'habillent avec iiiriiiiinent J'arl. Hé.nimm' a payé un largo tribut (.l'acliniration à ces iiiscctos.

La Teigne des tapisseries {Tinea lapezella), ({uc; (Icoflroy appelait la Teigne hedeaude à lêle blanche, est l'une des plus redoutables. La petite clKnille ruugeaut les étoffes do laine seconstruit avoe do petits brins, ([u'ollc fiss(> d'une manière fort habile, un l'ouricau à peu près oyrm(lri(pi('. OldigVn", par suite de sa eroissanee, d'avoir une demeure plus spacieuse, elle l'allonge au moyen defds ajoutés àchaeundes bouts. N'oulanl élargir le fourreau. ell(^ le coupe dans toute sa longueur et y ada[)te uu(> pièee i\i^ la largeur convenable. Que l'on s'amuse à prendre d<' jeunes chenilles, et, à de courts intervalles, à les transporter s)ir des morceaux de drap de différentes couleurs, les Teignes aui'ont bientôt un véritable habit d'arlequin, ([ui permettra de suivre la façon dont s'exécute leur travail. Au moment de la transformation, elles attachent leur fourreau par une extrémité, et se retournent ensuite ])0ur que les papillons trouvent une issue par le bout demeuré libre. Ceux-ci ont les ailes brunes à la base, d'un blanc gris dans le reste de leur étendue.

La Teigne des pelleteries {Tinea pellionella) se fabrique un fourreau avec de la soie et de petits morceaux de poils coupés de la même taille. Cette espèce est un fléau pour les fourrures. Le papillon a les ailes grises avec trois points noirs.

La Teigne du crin {Tinea crinella) a les mêmes mœurs que les précédentes, mais elle attaque exclusivement les crins, les plumes, les peaux. Elle est fort à redouter pour les meubles. Le papillon a les ailes d'un fauve pâle uniforme.

On éloigne ces Insectes avec différentes odeurs : poivre , camphre, etc. ; mais le plus sûr est de remuer, d'agiter souvent et d'exposer à la bunière les objets que l'on tient à conserver.

La Teigne des grains {Tinea granella) est considérée à juste titre comme une véritable calamité. Elle vit aux dépens des céréales amassées dans les greniers, l'orge, le seigle, le blé plus

encore. Avec une fine soie Itl.incbe, elle réunit plusieurs grains, s'établit entre eux dans un petit tuyau de soie, et poursuit ainsi son œuvre de destruction.

Des Tinéides ayant de longs palpes garnis de grands poils et des ailes un peu en forme de faux, étant à l'état de clienilles, vivent sur diverses plantes, et se font remarquer par la perfec-

tion des (;oques qu'elles construisent pour se transformer en chrysalides : ce sont les Alucites. On trouve communément dans nos jardins l'Alucite de la Julienne (Àluctla poreclella); sa coque est un délicieux réseau ordinairement caché à la face inférieure des feuilles. Mais des espèces du Brésil de plus grande taille nous fournissent ce qu'on peut voir de plus ravissant, d'autant mieux

LKS IJ':PII)(M>TKHES. 299

ijne CCS irseaux si rcgulicrs, si [)îH'fails, sont (lune jolie ciuiU'iir violette, crune teinte rougcAti-e, etc.

Certaines espèces, par le genre de vie, par les habitndes de leurs larves, représentent, parmi les Tinéines, les Psychés de la t'ainillc des Honi])ycides. On les appelle des Coléophores, ce qui veut d'n-e porle-élui ou porle-ltiyau. Les papillons ont des palpes très-ascendants et des ailes longues, étroites, presque pointues, garnies d'une longue frange. Ces petits Lépidoptères se cachent sur les arbres pendant le jour ; avec des habitudes nocturnes, ils ont des couleurs éteintes.

Les papillons paraissent en juillet; leurs n-ufs pondus, les chenilles éclosent, et, à peine nées, s'introduisent dans une feuille ou dans une graine, et commencent à miner. Abandonnant leur vie complètement sédentaire dès qu'elles ont acquis une certaine grosseur, elles coupent les deux épidermes de la partie de la feuille qui a été rongée, et cousant avec un peu de soie les deux morceaux, se trouve façonné un fourreau portatif, ([ui leur permettra de se promener en restant protégées. Les Coléophores fabriquent leur demeure avec tant de facilité, qu'elles ne se donnent pas la peine de l'agrandir quand elle est devenue trop petite, ni de la raccommoder quand elle a subi des avaries; elles la délaisseut et en confectionnent une nouvelle, après avoir été ronger le parenchyme d'une feuille. D'autres, après avoir mangé tout l'intérieur d'une graine, trouvent dans l'enveloppe un fouri^eau parfaitement à leur convenance.

Dans son ouvrage spécial sur les Teignes, M. Staiuton énumère 126 espèces de Coléophores observées sur les végétaux de l'Europe centrale. Parmi les espèces les j)lus faciles à rencontrer, on peut citer celles de l'Orme {Coleophora fuscedinella) , du Rosier [C. gryphipenvella).

Pendant l'été et mieux encore en automme, si l'on porte le rt^gard sur les haies, sur les arbrisseaux des jardins, sur les arbres de la lisière des bois ou des avenues des foi-èts, et même

sur une foule de plantes herbacées, on aperçoit, à la surface des feuilles, des plaques sombres plus ou moins étendues, des raies diversement contoiu'uées, étranges comme des dessins hiéroglyphiques. Sur les feuilles vertes, ces raies et ces plaques se dessinent nettement ; elles ont pris une coloi'ation brunâtre , car l'espace est flétri et bientôt desséché. C'est l'œuvre de certaines chenilles de Teignes. Ces chenilles, à peine écloses, pénètrent dans l'épaisseur d'une feuille, rongent le parenchyme, respectant l'épiderme; elles demeurent ainsi à l'abri d'une foule de dangers extérieurs, si redoutal)les pour des êtres privés de tout moyen de défense. Réaumur, toujours préoccupé de l'idée d'appeler l'attention sur un trait de mœurs, les a nommées les Chenilles mineuses.

Les chenilles de ces Tinéines, trop faibles pour couper les feuilles, se contentent de ronger; leur lèvre supérieure n'a rien à maintenir, cette lèvre n'est point fendue. Dans les circonstances au milieu des(juelles s'écoule la vie de l'animal, les pattes membraneuses, n'ayant aucune tige, aucune feuille à saisir, sont réduites à de très-petits tubercules garnis d'une véritable couronne de crochets ténus, capables de se fixer sur une surface peu résistante.

Des Teignes mineuses d'un genre particulier semblent vivre exclusivement sur les Graminées et les Cypéracées. On en a fait le genre des Élachistes. A l'état adulte, ce sont dos papillons pleins d'activité à certaines heures, se rchmissant presque toujours comme des essaims, ayant des ailes parées de dessins élégants ou mai^quées de taches d'or et d'argent, des palpes minces, longs, i^ecourbés. Les chenilles des Elachistes, assez semblables à celles des autres mineuses, quittant leur retraite aux approches du froid, vont chercher un abi-i plus sûr pour passer l'hiver et se transformer au printemps.

D'autres Teignes mineuses se métamorphosent dans lui plus court espace de temps. Par exemple, les LithocoUetis, que l'on voit voler surtout au mois de juillet et au mois de septembre. Petits papillons à la tète poilue et aux palpes droits et pendants,

LES LKI>1D0PTÈHI-:S. 301

ils oui dos ;iuteiiiies, sorte de soies grêles, (iiii souvenl s'agitent avec rniiiditc- ; des ailes aux oouleiu's variées, très-fré- (|ueuinieHt ornées de taches égales en éclat à lor et à l'argent,

[LithocoUelis embcHxœpennella] .

En plusieurs cudioils, TcpUerme a été déchiré pour mettre des clienillos et clirysalidcs à ilccouve

a. Papillon do grandeur naturelle. — h. Tapillon grossi. — c. Une clienillo grossie.

avec des franges spleudides, et ces ailes, entièi'ement déployées, mesurent une envergure de quelques niilliniètres.

On n'a pas découvert en Europe beaucoup moins d'une centaine d'espèces de LithocoUetis. Chaque espèce affectionnant d'ordinaire un végétal particulier, sa détermination devient assez facile, si l'on connaît ses mœurs.

Entre ces divers LithocoUetis, nous eu citerons un plus parti-

culiôrement, le Lithocolletis aux ailes de Bruant [LilkocoUeiis emberizœpennella), à cause d'une vague analogie avec la coloration du plumage de l'oiseau qui porte ce nom.

Au printemps et à la fin de l'été, c'est-à-dire deux fois dans le cours d'une année, sur les liaies où croissent les Chèvrefeuilles sauvages, se montre bien souvent un tout petit papillon aux ailes d'un brun safrané, ornées de bandes et de taches blanches et bordées d'une fine et longue frange soyeuse.

La chenille de ce joli papillon vit sur le Chèvrefeuille des haies ; elle mine les feuilles par leur face inférioui'e, rongeant la partie charnue. La feuille attaquée se contourne irrégulièrement, et sous le moindre effort pour la tendre, l'épidei'me se déchire ; la petite chenille est mise à nu. Celle-ci, d'un blanc verdâtre, pâle, semi-transparente, étiolée, comme un animal dont la vie se passe dans l'ombre, avance ou recule avec agilité lorsqu'on l'inquiète. Ses pattes membraneuses sont très-petites, et celles de la quatrième paire font entièrement défaut. Au tei-mc de sa croissance, la chenille, sans quitter la feuille dont elle s'est nourrie, file une coque soyeuse assez épaisse, ordinairement d'un vert sombre et s'y transforme en chrysalide.

Examinons les feuilles des Ormes, des Peupliers, des Saules, des Cerisiers, des Aunes, de la plupart de nos arbres et de beaucoup de plantes herbacées, nous y rencontrerons des chenilles mineuses, des chenilles de Lithocolletis, ayant chacune sa manière propre de miner ; les papillons ayant chacun ses caractères distinctifs dans la coloration de ses ailes et dans les détails de ses formes extérieures.

Ces Lithocolletis, si petits parmi les Lépidoptères, ne sont pas encore cependant les plus petits ; il y a les Teignes que les entomologistes appellent les Nepticules. Chez ces dernières, l'envergure des ailes ne dépasse pas 5 à 6 millimètres. Dans les jardins, on voit souvent voltiger des Nepticules, papillons aux teintes sombres, aux ailes couvertes de grandes écailles. Leurs chenilles

LES Li:i'ii)(tP'ii:iu;s. 303

sont (les luiiiciisos oommo les Lilluifolliiis , sciiIcMiicnl elles minent d'une façon particulière. Dans l'épaisseur d'une feuille, elles creusent une vérital)le {j,aleric tortueuse, parfois pleine de détours. Tout le monde remar»iue sur les Rosiers des feuilles ([ui montrent à leur surface une larj^e ligne brune ondulée, serpentante : c'est la galerie de la chenille de la i\epticule du Rosier (Nepticula anomalella). Les Ronces, les Osiers, les Ormes, les Pruniers, les Gei'isiers, les Clièncs, et tant d'autres ]ilantes, (jnt aussi leur Nepticule spéciale.

Deux genres encore de cette grande trihu des Teignes méritent d'être considérés à raison d'un singulier caractère de leurs ailes : les Ptérophores et les Oruéodes. Nous y remarquons une singulière dégradation des organes du vol, qui devient, pour ces petits Insectes, une beauté délicate et étrange. Leurs ailes sont coupées dans le sens de la longueur en plusieurs branches, et ces branches, garnies d'une longue fj-ange de la plus incroyable délicatesse, ont toute l'apparence de jolies plumes réduites aux plus mignonnes proportions.

Chez les Ptérophores, les ailes de la première paire sont divisées efx deux parties, les ailes do la seconde paire en trois parties. Ces Lépidoptères ont une longue trompe et de grandes pattes postérieures munies d'ergots. Ils voltigent pendant le jour, ne parcourant jamais qu'un bien petit trajet à la fois. Des ailes découpées ne permettent point un vol soutenu. Le Ptérophore pentadactyle, ou le Ptérophore blanc, comme l'appelait Geotfroy, est dans notre pays le plus commun et aussi le plus joli entre tous les Ptérophores. Tout entier d'un blanc pur, il se fait admirer sur les liaies et les charmilles, où la blancheur de son corps et de ses ailes se dessine sur la teinte des feuilles. La chenille de cette espèce, rayée de vert, de blanc, et de jaiuie, vit sur les Liserons, Liserons des haies. Liserons des champs. Arrivée à son entier accroissement, elle abandonne la plante qui la nourrissait, afin de s'établir sous un abri, tel qu'une encoignure de

muraille, où elle se transforme en une chrysalide, attachée comme

une Piéride par une ceinture et un lien à l'extrémité du corps.

Les Ornéodes ont leurs ailes bien autrement découpées que

ORNliODE HEXADACTYI.E [Orneod.es hexadaclyhis) .

PTEBOPUORE A CINQ PLUMES.

{Ptcroiihorus itcnlailaclyhis).

sis cl de granJfur naliirellc.

les Ptérophores, Chaque aile offre l'image de six petites idumes bien frangées. C'est douze pliuncs de chaque coté, vingt-quatre plumes que porte le papillon. Au repos, elles se superposent comme les branches d'un éventail. Les Ornéodes n'ont qu'un vestige de trompe; ils déposent leurs œufs isolément sur les fleurs des Chèvrefeuilles des haies. La petite cheniih' s'introduit dans le calice et en ronge l'intérieur. Ouand tout est dévoré, elle va s'attaquer à une autre Heur; }>uis elle cherche un abri pour subir sa transformation, et se fde une petite coque.

Eu écrivant l'iiistoire si curieuse des Insectes qui peuplent le monde, on s'arrête avec une indicible satisfaction au chapitre l'elatif aux Hyménoptères. 11 ne s'agit plus ici de formes élégantes, de couleurs magnifiques, d'ornements splendidcs; les Hyménoptères, pour la plupart, sont de taille assez minime: en général, ils ont les panures les plus modestes. Ouelques-uns d'entre eux brillent beaucoup, il est vrai, mais ils constituent l'exception, et encore sont-ils très-petits.

En observant les Hyménoptères, on jie songe })lus à rencontrer la beauté; un intérêt d'un ordre plus élevé saisit l'esprit. A'oici un Lépidoptère admiré pour la richesse de ses couleurs, pour les formes de ses ailes majestueusement déployées; un Coléoptère qui éblouit par l'éclat de ses élytres plus étincelantes que les métaux ou les pierres fines; mais ce Lépidoptère ou ce Coléoptère ([ui étale une orgueilleuse opulence est l'être' dont

l'existenco désœuvrée est presque sans atti'ait. Un Hyméuoptèrc ])utine sur les fleiu's. Il a des teintes grises, des nuances sombres; son extérieur est la simplicité même. L'Insecte qui n'attire l'attention par aucune parure devient bientôt, pour l'observateur attentif, l'objet d'une sorte de surprise, puis d'une séduction extrême, puis d'une admiration à peu près sans limites. Des mouvements agiles, une ardeur infatigable, des allures fières, dénotent cbez riTyménoptère une véritable supérioi'ité.

Contraste merveilleux dans la nature que celui du splcndide Papillon ou du magnifique Bupreste avec l'Abeille solitaire. D'un côté, tout l'éclat extérieur imaginal)le dans une existence vide. De l'autre côté, une charmante simplicité extérieure dans une existence occupée par le travail, par les soins maternels, où se déploient toutes les admirables ressources de l'instinct poussé au degré suprême, les qualités brillantes de l'intelligence.

Au milieu de la création, les contrastes de ce genre abondent, et, comme les moyens infinis de la nature conservent partout leur grandiose caractère d'unité, des contrastes analogues se reproduisent entre les espèces d'une même classe, enti-e les espèces d'une même famille, et nous pourrions ajouter avec la même vérité, s'il nous était permis de sortir de notre sujet, entre les individus d'une même espèce, d'une même société.

Chez les Lépidoptères, on observe presqne en tout l'uniformité; l'uniformité dans les formes extérieures, dans les caractères organiques, dans les phases du développement, dans les conditions d'existence, dans la nature des instincts. Il y a des nuances infinies, aucune différence considérable.

Chez les Hyménoptères, les différences entre les principaux types sont saisissantes. A l'état adulte, ces Insectes se nourrissent généralement de substances végétales; mais pendant leur période de larves, les uns vivent sur les plantes, les autres demeurent renfermés dans des excroissances qu'ils produisent sur les tiges, sur les feuilles, sur les racines; les autres, absolument

LES IIYMÉNOPTÈUES. 307

carnassiers, habitent le corps (U; toutes les espèces d'Insectes; les autres, êti'es voués à l'immobilité, sont approvisionnés par leurs liarcnts, ou de proie vivante, ou d'une pâtée composée avec le miel et le pollen des fleurs. C'est la plus grande variété, aussi grande (ju'on peut l'imaginer, sous le rapport du régime, sous le rappoi't des conditions d'existence.

Entre ces larves d'Hyménoptères, les dissemblances sont grandes aussi dans la conformation et dans l'état de développement. Celles d'une famille entière éclosent étant assez bien oi'ganisées pour se suffire à elles-mêmes; elles vivent à découvert, elles marchent, elles sont comparables à des chenilles. Il en est dont l'existence est cachée, qui se passent de tout secours étranger, parce ([u'elles doivent vivre dans l'endroit où ont été déposés les œufs d'où elles sont sorties, sans jamais éprouver le besoin de se déplacer. Il en est qui naissent privées de tout moyen de locomotion, et si faibles, qu'elles sont absolument incapables de prendre leur nourriture. A celles-là il faut des mères ou des nourrices prévoyantes et industrieuses pour leur fournir des abris et des subsistances.

Beaucoup d'Hyménoptères ne peuvent, comme presque tous les autres Insectes , abandonner leurs œufs. La nécessité de prendre des soins pai'ticuliers de leur progéniture leur a été imposée par la nature. Une semblable obligation ne saurait exister sans le travail, sans une industrie, sans l'amour maternel, souvent sans le goût de la famille, sans des instincts variés, parfois sans une certaine intelligence., L'intelligence, ou seul l'instinct très-développé ne se rencontre qu'avec une organisation très-parfaite. Pour accomplir un travail, pour exercer une industrie, des instruments sont indispensables, et des instruments d'une grande perfection ne sont attribués qu'aux êtres assez intelligents pour les utiliser. Il y a des coïncidences inévitables, bien faites pour appeler les méditations du philosophe. Les Hyménoptères sont les mieux organisés de tous les

308 LliS MÉTAMOHPHOSliS DliS INSECTES.

Insectes, et ils naissent dans la plus misérable condition. iN'en est-il pas de même dans les antres classes du Règne anijnal. Les Oiseaux les mieux doués, lorsqu'ils viennent à la lumière, ne peuvent vivre sans les soins de leurs parents; les Oiseaux les plus ineptes, comme les Gallinacés, les Palmipèdes, en sortant de leur coquille, savent courir après leur nourriture.

Malgré les différences considérables qui existent entre les principaux types de l'ordre des Hyménoptères; différences dans les caractères extérieurs des larves et des adultes; différences dans l'organisation interne; différences dans la marche du développement, dans le genre de vie, dans le régime, dans les conditions d'existence des espèces, tous les Insectes de cette grande division zoologique ont des traits communs faciles à constater.

Les Hyménoptères ont quatre ailes membraneuses (iip.v/7, membrane; nTspx, ailes) nues, parcourues par des nervui^es plus ou moins nombreuses, mais toujours sans réticulation. Ces ailes, d'une dimension médiocre relativement au volume du corps, sont très-ordinairement d'une parfaite diapbanéité ; fré([uemment aussi elles ont une teinte enfumée , quelquefois une couleur violacée. Les ailes caractérisent parfaitement les Hyménoptères, tous les Insectes que les anciens auteurs appelaiejit, et (pie le vulgaire appelle aujourd'hui encore les Mouches à quatre ailes.

Les Hyménoptères ont une tête assez forte, avec des yeux très-gros occupant les côtés de la tète. En outre, il existe d'ordinaire sur le front trois ocelles ou yeux lisses. Les antennes otfrent do nombreuses modifications, non-seulement d'une famille à l"' autre, mais encore entre les espèces d'une même famille. La bouche de ces Insectes est conformée pour broyer ou triturer, et en même temps, chez la plupart des espèces, pour humer ou lécher. Toutes les pièces sont libres et bien développées : les mandibules sont toujours puissantes, mais diversement cou-

LES IIVMPlNdPTKlU-.S. 309

struites, suivant les usages aux(iiu>ls cUi's sont |)arti( ulièromcnl (lostinécs; les niuchoircs et la lèvre inlV-i-ieure, assez courtes dans la plupart des cas, s'allongent cliez les espèces qui pompent le miel; les mâchoires et la lèvre se raj)procliant, constituent une sorte de trompe pouvant se replier sous la tète et U' thorax, mais non pas se rouler comme celle di^s Lépidoptères.

Les Hyménoptères ont ini thorax homhé et solidement cuirassé, les muscles (pii dounent aux ailes leurs mouvements énergiques étant très-volumineux. I^es pattes sont d'une force médiocre : les Hyménoptères, hien autrement capahles de marcher que les Lépidoptères, ne sont cependant, en général, ni des Insectes marcheurs, ni des Insectes coureurs, ils possèdent dans leurs ailes les meilleurs instruments de locomotion, et, dans les circonstances où ils ont un faible espace à franchir, s'ils courent, s'ils marchent, ils accélèrent leur mouvement en se soutenant avec leurs ailes. Les seuls Hyménoptères vraiment marcheurs sont ceux qui demeurent privés d'ailes, comme les Fourmis neuires; chacun connaît la mesure de leur agilité. Ce que les pattes de beaucoup d'espèces présentent de plus remarquable, ce sont les dispositions particulières les rendant propres à l'exécution de certains travaux ; mais ici rien ne se prête à la généralisation, et c'est dans l'histoire des familles que doivent être consignés les faits de ce genre les plus notables.

Dans la plupart des types, l'abdomen a une extrême mobilité, étant attaché au thorax par une portion fort rétrécie, constituant un véritable pédicule : la taille de Guêpe est quelquefois prise comme terme de comparaison. Dans les femelles, l'abdomen porte toujours' à son extrémité un instrument qui joue un rôle très-considérable dans la vie de ces animaux : la tarière ou l'aiguillon. Cette armure, formée invariablement des mêmes parties dans tous les Insectes, ainsi que l'a démontré, il y a ime quinzaine d'années, un habile zoologiste, M. Lacaze- Duthiers, à l'état rudimeutaire parmi les représentants de

certains ordres, les Lépidoptères, par exemple, conserve une grande importance chez toutes les espèces d'Hyménoptères, en subissant des modifications fort curieuses et assez multipliées.

Les Hyménoptères ont des métamorphoses complètes. Les larves de la plupart d'entre eux, molles, entièrement blanches, absolument privées de pattes, ont l'apparence de vers; les larves des autres portent de petites pattes écailleuses et des pattes membraneuses analogues à celles des chenilles, et presque toutes, arrivées au terme de leur croissance, s'emprisonnent dans une coque au moyen de la matière soyeuse qu'elles peuvent sécréter, et se transforment ensuite en une nymphe emmaillottée.

Les principaux types de l'ordre des Hyménoptères étant parfaitement caractérisés, la classification de ces Insectes est assez simple; ces types sont autant de familles. Diverses particularités de conformation ou de mœurs nous permettent de rapprocher plusieurs d'entre elles d'une façon avantageuse pour notre exposition.

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