‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 46 sur 102 · I.KS LKl'll)01»Tl';UKS · texte numérisé non relu

I.KS LKl'll)01»Tl';UKS

les yomrs di'S Xyliucs v[ des Cucullios. I^cs iiilos tlu l;i [»liipai't de (OS L(''[>idopl»"n'es sont veiiiéos comme ces bois recherchés pour 1.1 ooiileetioii des meubles édégauts. Aussi est-ce le mot qui, chez les lîrecs, désigne le bois, ([ui a éfé choisi pour le nom du genre principal du groupe : Xylina.

Les .Xylines ont le thorax garni de [loils et d'écuilles l'ormanl une sorte de crête, des ailes longues et étroites, des anteinies absolument iilirornies chez les deux sexes. Dans leur premier âge, elles otTrent diil'érentes colorations. Pour se transformer en chrysalides, les chenilles se cachent en terre et hlent une coque mélangée de soie et de débris de toute nature. Sur les élégantes Scabieuses, sur les Linaires qui poussent au bord des chemins ou à l'abri des murailles, vivent des chenilles de Xylines (genre Cleophana) qui ne craignent pas trop de se montrer à la lumière : elles sont jolies ; leur corps, lisse, d'un vert tendre chez quelques espèces, est oi-né de lignes blanches; chez d'autres espèces, il est paré de longues bandes alternativement jaunes et blanches et parsemé de points noirs (la Xyline de la Linaire, Xylina Linariœ).

Mais parmi les Xylines, l'esiièce la [)lus charmante est celle que l'on peut observer le plus aisément. Vers la fin de mai, et pendant le mois de juin, voltige souvent, au voisinage des plates-bandes de Pieds-d'alouette, un petit Papillon dont les i'raîches nuances s'aperçoivent même au ci'épuscule. Son corps et ses ailes postérieures sont d'un gris de perle, ses ailes antérieures d'un rose violacé tendre avec des raies plus foncées. C'est la Xyline du Pied-d'alouette [Xylina Delphinii, genre Chariclea). Bientôt les fleurs et surtout les fruits des Piedsd'alouctte sont rongés par les chenilles de cet Insecte. Ces chenilles, luisantes, d un blanc rosé ou violacé, ont sur les côtés deux raies jaunes, sur le dos une suite de traits noirs, et sur chaque anneau de gros points également noirs. Elles se transforment dans la terre, où elles fabriquent une coque

avec des grains de terre agglutinés au moyen d'un peu de soie.

La Xyliue du Pied-d'alouette ne se rencontre jamais, dans notre pays, hors des jardins. Le Pied-d'alouette nous a été apporté de la Perse; l'Insecte est venu avec la plante, il ne l'a jamais quittée. Toiites nos plantes indigènes lui sont indifférentes, même le Pied-d'alouette des champs. A la Louisiane, dans la Géorgie, une espèce de Xyline est particulièrement nuisible aux Cotonniers.

Les CucuUies se rapprochent beaucoup des Xylines, mais on les reconnaît sans difficulté à quelques particularités trèsfrappantes. Les écailles de leur thorax forment, en avant, une sorte de capuchon (cucuUus); de là le nom expressif de CucuUie. Sur l'abdomen règne également luie crête bien prononcée.'tle sont aussi de belles chenilles que celles des CucuUies. Observons plutôt.

Comme on a voulu le montrer sur la planche voisine, il fait un beau soir d'été; les belles plantes de la famille des Scrophulariées, les Molènes ou Bouillons-blancs, sont en fleur. Des chenilles qui demeuraient cachées et comme engourdies pendant la chaleiu* du jour, se mettent à grimper et à ronger les feuilles. Leur peau lisse, d'un blanc jaunâtre, a la plus grande fraîcheur; sur la teinte pâle se détachent de gros points noirs. Des chenilles parvenues à leur entier accroissement avant les autres sont descendues au pied de la plante. Elles se sont plus ou moins enfoncées en terre, et pour se transformer en chrysalides, chacune, avec un peu de soie et quelques grains de terre, s'est constitué une coque de chétive apparence. Des Papillons sont déjà éclos; ils voltigent près de la plante qui les a nourris pendant leur premier âge, venant encore parfois humer un peu du miel de ses fleurs. Ce sont d'élégants Nocturnes, dont les ailes antérieures, semblables à ces bois dont on admire les veines, ont une couleur d'un brun roussâtre passant insensiblement à un ton roux d'une certaine vivacité.

Page 1