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(leiitées, l'ont lours nids dans des litres sèclios. Le (léiuonc irisle {Cemonus liigitbn's) constrnit des cellules régulières dans des tiges de ronce, comme l'attestent les exemples qui nous ont été fournis par M. Fabre. Les Mellines n'ont pas les antennes coudées des Crabrons ou des Cémoncs ; le type du genre , le
LE CEMONE TRISTE ET SON NI (CemoHiis hiiixhris).
Melline des champs {Mellinus arvensis), insecte noir, varié de jaune, creuse sou nid dans les endroits sablonneux, et approvisionne chaque cellule avec huit ou dix mouches.
Les Odynêrides se rapprochent des Guêpes, au plus haut degré ; elles en ont l'aspect général, la coloration ordinaire, et ce (pii est plus notable, la faculté exceptionnelle de plier en deux leurs ailes dans le sens longitudinal pendant le repos. C'étaient les
Guêpes solitaires de Réaumur et de divers auteurs. Cependant plusieui^s caractères extérieurs dénotent entre les Odynérides et les Guêpes ou Vespides des différences profondes dans les habitudes.
En effet, les Odynéindes ne peuvent jamais être confondues avec les Guêpes, si l'on considère leurs mandibules fort longues, leurs antennes simplement arquées et non coudées, leurs jambes postérieures garnies d'épines dans toute la longueur. Ces Insectes, au contraire de la plupart des autres Fouisseurs, ont des mâchoires et une lèvre inférieure très-allongées, celle-ci divisée en trois ou quatre fdets ; conformation indiquant une parfaite aptitude à pomper le miel dans les fleurs. Les Odynérides se composent de deux grands genres, les Odynères et les Eumcnes. Les premiers ont l'abdomen attaché au thorax par un court pédicule; les seconds ont l'abdomen campanule à la base.
Elles sont charmantes ces fausses petites Guêpes noires ceinturées de jaune. Ils sont charmants ces Odynères, par leur agileté, par leurs mouvements gracieux, on dirait volontiers par leur physionomie intelligente ; ils sont charmants par leur habileté à construire. Réaumur a été leur premier historien, et l'historien enthousiasmé de leurs mœurs. Audouin et Léon Dufour, en France, Shuckard, en Angleterre, ont ajouté des pages intéressantes à leur histoire.
L'Odynère des murailles (Odynerus parielum), ayant un point entre les antennes, le bord du thorax, deux taches sur l'écusson et le bord de tous les anneaux de l'abdomen d'un jaune vif, est très-abondamment répandu dans certaines localités. C'est l'espèce étudiée par Réaumur que bien d'autres ont étudiée après lui et que l'on étudie toujours avec bonheur.
Dans les premiers jours du mois de juin, nous trouvant dans le département du Nord, à peu de distance de Denain, en compagnie de deux amis, notre attention se trouva appelée par im rnvissfint spectacle. La route était bordée par un talus d'en-
LKS IIYMKNOPTERES.
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MliTAMORPHOSES DE I.'ODYNLnE DES MURAILLES {Oïlynents panelum).
posé en plein midi; des milliers, des centaines de milliers d'Odynères des murailles volaient au bord du champ de luzerne , chassant avec une incroyable ardeur sur les plantes, apportant
/,0() LES METAMORPHOSES DES INSEC'l'ES.
entre leurs mandibules de petites larves vertes, creusant des trous dans le terrain, bâtissant des cheminées, murant des galeries, chaque individu poursuivant sa besogne avec une activité inimaginable, sans s'inquiéter le moins du monde des milliers de travailleurs qui l'environnent. Nulle description ne parviendrait à donner une idée complète d'un tableau aussi animé, aussi saisissant. C'est la vie sous une foule d'aspects qui se présente aux yeux de l'observateur attentif. Tous ces petits êtres si actifs semblent avoir conscience et, dans tous les cas, agissent comme s'ils avaient conscience qu'ils ont une importante mission à remplir en ce monde. N'est-ce pas là, au sein de la création, dans toutes les sociétés possibles, le sentiment qui excite chacun ; même dans la situation la plus humble, on se croit utile, on se croit important.
Voyons la scène qui se passait au i)icd du talus, où s'agitait la foule des Odynères. Les travaux se trouvaient à tous les degrés d'avancement, les Odynères n'étant pas tous nés en même temps. Divers individus étaient occupés à creuser le terrain; ceux-là commençaient. Ailleurs, d'autres construisaient des cheminées. Sur beaucoup de points, les cheminées étaient totalement achevées, et les Odynères travaillaient à l'approvisionnement de leurs cellules. C'est une chose singulière que les cheminées ou les vestibules que nos Hyménoptères édifient audevant du trou ou, si l'on aime mieux, de la galerie qu'ils ont creusée. L'appareil, d'une longueur d'environ 3 centimètres, quelquefois un peu plus, légèrement courbé du côté du sol, de façon que la pluie ne pénètre pas à l'intérieur du tube , ressemble à une dentelle façonnée avec une matière terreuse. On voit que la terre a été pétrie par petits rubans ou par petits cyhndres placés circulairement les uns sur les autres, plus ou moins contournés, et laissant sur divers points des intervalles vides donnant aux parois l'aspect d'une dentelle ou d'une guipure. Ces vestibules sont ainsi d une extrême fragilité, ils se
LES HYMÉNOPTÈRKS. /,01
l)risi'iil. ils s<' désagrègent quand on vient à les toucher^ mais l)Oui' rinsocte ils présentent une solidité suffisante. Tous les observateurs ont signalé ces sortes de cheminées (jne construisent les Odynères et d'autres Fouisseurs, sans que l'utilité de ces constructions ait pu être bien comprise. Dès que nos Hyménoptères ont approvisionné leur cellule et déposé leur œuf, ils détruisent en entier le vestibule extÔTieur, et, comme tous les autres Fouisseurs, ils murent l'entrée de leur trou avec un soin, avec une perfection qui ne laissent rien à désirer.
l'^n quelques endroits nous entamons la terre formant le talus, et plusieurs loges situées à une faible profondeur apparaissent en diverses conditions. Ici, une galerie a servi d'entrée pour deux, trois ou quatre cellules; là, pour une seule. Toutes les loges sont approvisionnées avec la même espèce d'Insecte, la larve verte d'un Charancjon du genre Pliytonome (P/iytonomusvariabilis). H y a quinze ou seize de ces larves dans chaque loge. Dans la plupart des cellules, les provisions sont intactes, on trouve l'œuf de l'Odynère, la larve n'est pas encore éclose ; dans plusieurs, les provisions sont en grande partie consommées, et la larve de l'Odynère est déjà grosse ; sa forme est oblongue, elle a beaucoup de ressemblance avec les larves des Pélopées, mais son corps est proportionnellement moins allongé.
Avant la fin du mois de juin, tous les Odynères ont achevé leur besogne, ils sont morts. Sur la longueur entière du talus, aucune trace extérieure des travaux de tant d'Insectes n'a persisté ; personne ne pourrait se douter que cette terre a été creusée, labourée sur tous les points. Les larves des Odynères maH" gent, vivent, grandissent, se développent dans l'ombre, à l'abri des dangers. Leurs provisions consommées, elles ont acquis leur entière croissance; alors elles s'enferment dans une coque soyeuse et les voilà endormies jusqu'au printemps suivant, où elles se transforment en nymphes. Deux à trois semaines plus tard éclosent les Insectes adultes.
Beaucoup d'Odynères se comportent dans leurs travaux à peu près de la même manière c|ue l'Odynère des murailles, mais il en est d'autres qui établissent leur nid dans des tiges desséchées, les tiges des ronces, du sureau, par exemple. On peut reconnaître aisément ces espèces à leurs jambes postérieures dépourvues d'épines, l'instrument propre à fouiller la terre manque. Partout existe une relation entre la conformation de l'espèce et ses conditions d'existence.
L'Odynère de la Ronce (Odynertis lœvipes ou ruhicola) a été étudié dans ses habitudes par Léon Dufour. L'industrieux Hyménoptère fait choix de tiges de ronces sèches, ayant une direction horizontale ou un peu inclinée vers la terre. 11 se met à évider une tige sur une certaine longueur en enlevant la moelle; cette première opération exécutée, il va chercher de la terre , du gravier, pétrit ces matériaux , construit une loge , l'approvisionne, en construit une seconde, puis une li-oisième, une quatrième. 11 y en a souvent de six à dix à la file les unes des autres. Par un de ces miracles de la nature dont l'explication ne serait pas facile à donner, c'est l'Insecte occupant la loge la plus rapprochée de l'issue, c'est-à-dire la dernière construite, qui éclôt le premier, frayant le passage à l'individu de la seconde loge. C'est parfait, en vérité, car si les individus occupant les cellules du fond de la galerie étaient nés les premiers, pour sortir de leur prison, ils eussent fort maltraité les nymphes reposant dans les loges voisines; mais il n'en reste pas moins difficile de comprendre comment l'individu provenant de l'œuf pondu le dernier, comment l'individu le plus jeune, en un mot, arrive le premier à l'état adulte, puis le second, puis le troisième, en finissant par les aînés.
Les Eumènes, Insectes aux formes sveltes et pleines d'élégance, habitant des régions chaudes du globe, construisent d'une manière particulière. Quelques espèces se rencontrent communément dans le midi de la France. L'Eumène pomiforme, noire.
Vciriéc (le jaiiiiL' avec les bandes de l'abdomen très-larges, bâtit snr les murailles. Avec une terre ai'gileuse, il fabrique de petites capsules arrondies, contenant chacune une seule loge; nous représentons ces petits nids, dont il n'a jamais été question
LES EUMJi.NES POMIFORMES ET I.EUBS NIDS [Eiimcncs pomifonnis ) .
jusqu'ici, d'après des échantillons j'ecueillis aux environs de Cannes, et que le docteur Sichel a mis à notre disposition. Sur notre image plusieurs capsules sont ouvertes, les Insectes adultes viennent de les quitter. Une autre espèce répandue dans la France méridionale, en Algérie, etc., l'Eumène d'Amédée {Eumenes Amedœi), d'après un renseignement qui nous est transmis par M. Fabre, construit de petits nids en forme de dôme avec une cheminée qu'il détruit après sa ponte.